Standchen (Nietzsche)

Par : Jim
Il faut être inscrit et connecté pour répondre à un topic.
Avatar

Jim

Posts: 5237

Membre



et comme je n'entends rien à la langue allemande, si quelqu'un peut fournir le poème avec sa traduction française, je suis preneur, merci !
Avatar

Kerdrel

Posts: 1992

Membre

Stänchen/Sénénade

À travers la nuit s'élève tout bas
vers toi la supplique de mes chants ;
ô ma mie, descends donc me rejoindre
dans la paix du bosquet !

En un murmure bruissent les frêles cimes
sous la clarté de la lune ;
ne crains point, mon aimée,
que de traîtres yeux nous épient.

Entends-tu les rossignols ?
Hélas ! Voici qu'ils t'implorent,
qu'ils t'adressent en mon nom
la douce plainte de leur mélodie.

Ils savent ce qu'est l'ardeur,
connaissent le mal d'amour,
et de leur timbre argentin
touchent chaque tendre cœur.

Que ton cœur s'émeuve de même,
ô ma mie, écoute-moi !
Je t'attends avec fièvre !
Viens, comble-moi !
Avatar

Oxalys

Posts: 3556

Membre

Kerdrel : je ne sais pas où tu as trouvé cette traduction, en tout cas, ce n’est pas celle du texte chanté ici, dont voici les paroles, in extenso :


Herab läßt sich der Wolke Saum,
Herbstregen tropft auf Strauch und Baum,
Der Baum siecht hin im Blätterfall --
Und dennoch singt die Nachtigall!

Es ist bereits spät an der Zeit,
Und schlummerst du schon, braune Maid?
Hörst du den Nachtigallenschall,
Das trübe Lied der Nachtigall?

Es gießt der Regen stark im Ort,
Die Nachtigall singt trotzdem fort,
Und wer da hört ihr trübes Lied,
Dem wird das Herz so schwer und müd'!

Ei, schläfst du, braunes Kind, noch nicht!
Horch, was das Vöglein singt so schlicht:
Denn meine Liebe ist's, die singt,
Ist meine Seele, die verklingt!



Ce qui donne, une fois traduit du mot à mot brut de coffre (par Oxalys) :

L’ourlet du nuage s’abaisse,
La pluie d’automne s‘égoutte sur arbuste et arbre
L’arbre se répand en chute de feuilles
Et pourtant le rossignol chante

Il est déjà tard dans le temps
Et sommeilles-tu déjà, brune fille ?
Entends-tu l’onde du rossignol
Le chant trouble du rossignol ?

La pluie arrose fortement l’endroit,
Le rossignol poursuit malgré tout son chant
Qui, alors, entend son chant trouble,
En a le cœur si lourd et las !

Hé, brune enfant, ne dors pas encore !
Ecoute ce que l’oiselet chante bien simplement :
Car c’est mon amour qui chante,
C’est mon âme qui résonne !




J’ai eu beau chercher dans la liste des poèmes de Nietzsche, aucune trace de celui-ci.

Par contre en googelisant un peu
(https://www.lieder.net/lieder/get_text.html?TextId=19265)
on trouve sous le titre « Ständchen » (sérénade) que c’est en fait un poème écrit en hongrois par le poète Sandor Petöfi - traduit en allemand par Karl-Maria Kertbeny (1824-1882)
Nietzsche n’aurait que « supervisé » la traduction.

Merci Jim pour ce topic
Au début je pensais : quel boulot ! Qui va se le coltiner ?
Après avoir écouté le morceau puis comparé avec la -traduction ?- de Kerdrel…
je ne regrette pas de m’y être arrêtée…

J’ai découvert deux personnages dont les biographies méritent le détour :

Petöfi : (l’auteur) poète hongrois, protagoniste de l’indépendance de la Hongrie vis-à-vis des Habsbourg d’Autriche
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A1ndor_Pet%C5%91fi

et
Kertbeny (le traducteur) – écrivain et traducteur austro-hongrois – inventeur du mot « homosexuel » - il fallait oser, en cette époque ultra-puritaine de fin XIXème)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl-Maria_Kertbeny)


On en apprend tous les jours sur notre site (le meilleur que je connaisse, justement pour ceci !)
Re-merci Jim

Avatar

Kerdrel

Posts: 1992

Membre

ce sont les paroles de la sérénade de Schubert désolé je ne connais que celle-là

👋





Ce message a été édité - le 24-04-2021 à 19:08 par Kerdrel
Avatar

Jim

Posts: 5237

Membre

Merci Oxalys de ton... investissement (sourire) ! ça vaut le détour une telle recherche. Sandor Petofi, j'ai déjà fréquenté voici belle lurette, soit par Aragon, soit par Eluard, qui devaient en parler quelque part, mais dans quoi, mystère et boule de gomme.
Quand je dispose d'un texte en langue que je ne parle pas, soit toute langue autre que ma maternelle à moi, je traduis par Google, je prends avec des pincettes, c'est mieux que rien. Je ne possède aucun critère pour mesurer l'écart entre cet automatisme et une traduction digne d'un humain. Mais ça donne cependant une idée.

Notre ami Kerdrel s'est montré étourdi, rien de grave au contraire puisqu'il élargit sans le vouloir notre champ de prospection. Sa traduction est celle de la Sérénade de Schubert:

Leise flehen meine Lieder
Durch die Nacht zu dir;
In den stillen Hain hernieder,
Liebchen, komm zu mir!

Flüsternd schlanke Wipfel rauschen
In des Mondes Licht;
Des Verräters feindlich Lauschen
Fürchte, Holde, nicht.

Hörst die Nachtigallen schlagen?
Ach! sie flehen dich,
Mit der Töne süßen Klagen
Flehen sie für mich.

Sie verstehn des Busens Sehnen,
Kennen Liebesschmerz,
Rühren mit den Silbertönen
Jedes weiche Herz.

Laß auch dir die Brust bewegen,
Liebchen, höre mich!
Bebend harr' ich dir entgegen!
Komm, beglücke mich!

Par un ténor majeur, et non par The Platters:



ça se laise entendre aussi.



Ce message a été édité - le 24-04-2021 à 19:49 par Jim
Avatar

Oxalys

Posts: 3556

Membre

Aucun mal, Kerdrel - Cela nous donne l'occasion d'écouter Schubert, pour une fois !

Et pis tiens, pendant qu'on y est, ci-après un poème vraiment écrit par Nietzsche. Mais alors un court et pas trop compliqué, parce que comprendre ce que disait le bonhomme ce n'est pas du gâteau, quant à le traduire, ce n'est pas de la tarte !
Extrait de son dernier ouvrage 1888 avant de tomber dans la démence :


Ecce homo

Ja! Ich weiß, woher ich stamme!
Ungesättigt gleich der Flamme
Glühe und verzehr’ ich mich.
Licht wird alles, was ich fasse,
Kohle alles, was ich lasse:
Flamme bin ich sicherlich.


Ecce homo (voici l’homme)

Oui ! Je sais d’où je descends !
Insatiable tel la flamme
Je luis et me consume.
Tout ce que je touche devient lumière
Tout ce que je laisse, charbon.
Je suis sûrement flamme.

👋



Ce message a été édité - le 26-04-2021 à 18:19 par Oxalys
Avatar

Kerdrel

Posts: 1992

Membre

😊 😊 :07

Longtemps Gaya scienza fut mon livre de chevet l'avantage c'est qu'il peut se lire dans n'importe quel sens, dans l’œuvre de Nietzsche tout est poésie, avec aussi une pointe d'humour car contrairement à une idée reçue, il sait être drôle

👋



Ce message a été édité - le 26-04-2021 à 20:19 par Kerdrel
Avatar

Jim

Posts: 5237

Membre

En effet, son savoir n'est-il pas gai ? avec un clin d'œil à Rabelais...



Ce message a été édité - le 27-04-2021 à 18:56 par Jim