On en parlait dernièrement avec Ann en visio, au sujet du
haiku, made in Japan, fort prisé chez nous.
Ann m’a mise au défi d’adapter ce poème aussi bref qu’harmonieux - à l’image du japonais-
en allemand aussi tortueux que guttural.
Top-là !
Voici le résultat en trois versions moki, kigo et senryū, en respectant le rythme 5/7/5
Moki (animaux)
Laut pfeift die Amsel
Und gurgelt die Ringtaube
Die Schwalbe kommt bald
Le merle siffle fort
Et la tourterelle roucoule
L’hirondelle arrive bientôt
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Teich mit Seerose
Des Frosches liebsten Sitzplatz
Wenn die Liebe juckt
Etang avec nénuphar
Le poste préféré de la grenouille
Quand l’amour démange
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Kigo (Saisons)
Kirschblüten fallen
Weiße Pracht liegt am Boden
Des Frühlingslaune
Fleurs de cerisier tombent
Blanche élégance au sol
Humeur de printemps
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Schweiß nässt die Stirne
Doch fließen keine Tränen
Nur Sommers Freuden
La sueur mouille les fronts
Mais aucune larme ne coule
Seules les joies de l’été
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Senryū (humain, si possible comique)
Mit der Ausrüstung
Schießt der Jäger nur Bilder
Er mag kein Wild mehr
Avec son équipement
Le chasseur ne tire que des photos
Il n’aime plus le gibier
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Kluger Pilzsammler
Verrät seine Fundorte
Nur wenn nicht essbar
Malin cueilleur de champignons
Ne révèle ses lieux de trouvailles
Que si non-comestibles
Ecrits directement en allemand, cela sonnait pas trop mal à l’oreille
Ensuite seulement traduction en français – Cela prend une allure bizarre…
J’imagine que nos haikus français sont tout aussi étranges, voire cacophoniques, à l’oreille nipponne, une fois traduits en japonais.