La poésie sur internet
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Par : Pierre
Dans ses yeux j'ai vu l'ombre du silence immobile
Elle va péniblement du fauteuil à la table
Poussant devant elle
L'échafaudage rigide de son déambulateur
Les pas sont si petits qu'on les devine à peine
La voilà devant la chaise
Il va encore falloir s'asseoir
D'abord tourner sur elle même
Faire glisser l'étaiement
Prendre appui sur l'assise des deux mains
Et se laisser aller
Enfin
Un soupir si long qu'on pense au dernier
J'ai vu le silence immobile et ses yeux ouverts sur l'ombre envahissante
Il y a des choses qu'on ne tait pas.
Posté à 12h40 le 16 nov. 18
Le "naufrage de la vieillesse" c'est terrible surtout chez une personne qui nous est chère et que nous avons connu plus vaillante; C'est aussi notre propre destinée que nous voyons et qui nous interroge sur le sens de la vie sans doute.Oui "il y a des choses qu'on ne tait pas" quand elles nous assaillent.
Posté à 13h26 le 16 nov. 18
A petits pas elle se déplace
Prête , elle est , à céder sa place
Et lutte pour que cela ne se sache...
Posté à 16h17 le 16 nov. 18
Un regard profond et pertinent sur le grand âge et la dépendance.
Une réalité qui me terrifie, je l'avoue, après des années de bénévolat au sein d'une maison de retraite (bref, un EHPAD).
Je ne m'y suis jamais faite …
Posté à 22h41 le 16 nov. 18
TRES joli ressenti du grand âge
A petits pas ils vont doucement
quelques heures encore à franchir
Avant que les aiguilles s'arrêtent
Immobiles le tic tac de la pendule
qui dit oui qui dit non
et puis je vous attend
et prenez votre temps
encore quelques moments
à partager ce temps
où tout s'arrête pourtant
Le jour où simplement
ils savent que c'est l'heure
ils nous disent au revoir
dans un dernier regard
sourire apaisé
continuez votre route
je serai là pour vous
veillant coute que coute
là-haut dans les étoiles
Protecteurs de nos cœurs
Accompagnant nos pas
comme un ange gardien
bienveillant et serein
Mâcha
17/11/2018
Posté à 00h33 le 17 nov. 18
Pierre , tes mots sont simplement magnifiques, meme s'ils me font revivre de bien pénibles souvenirs.
Posté à 00h49 le 17 nov. 18
J'aime beaucoup !
Donnons un nom à chaque rien
Posté à 08h38 le 18 nov. 18
oui ce poème est l'empreinte du temps passé , quand s'attend un peu de gentillesse du temps présent.
Merci pour ce très beau poème!
Posté à 08h50 le 18 nov. 18
Poignant, Pierre
"Un soupir si long qu'on pense au dernier
J'ai vu le silence immobile et ses yeux ouverts sur l'ombre envahissante"
Posté à 11h20 le 18 nov. 18
Pierre tu utilises beaucoup de "qu'on" dans ton truc.
T'en avais trop en stock? Tu les brades?
Ce message a été édité - le 21-11-2018 à 18:17 par Pierre
Posté à 18h06 le 21 nov. 18
Ah ça non que je me réponds aussi sec!! Le "qu'on" ça peut toujours servir. La preuve…
C'est d'un usage sans façon, il se case facilement, à la bonne franquette, il suffit d'un peu de place, il ne demande pas une grande réflexion, tu l'as en réserve, tu le poses là et hop ni vu ni connu j'tembrouille…
Ah sûr que Vuillard dans "Conquistadors" il emploie moins de "qu'on"... je viens de le finir. Lisez-le, c'est pas un ordre mais presque.
Posté à 18h17 le 21 nov. 18
Est ce que je peux savoir ce que tu penses de ma "tirade ? Merci Pierre
Posté à 02h17 le 22 nov. 18
cette vérité, palpable, terriblement touchante, Pierre, vous l'avez exprimée ici, ces images de vie, vous les faites vivre, merci pour ces lignes tremblantes d'émotion.
Posté à 06h52 le 25 nov. 18
Pierre le sensible
C'est profondément touchant !
Posté à 15h51 le 25 nov. 18
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