épitre à mon zyeutologue :
(Laser de rien mais c’est efficace !)
J’avais devant un œil, un voile opacifiant
Ne voyant plus très net, je devins méfiant
Et j’allais visiter mon ophtalmologiste
Afin de ramener mon acuité en piste.
L’homme est plein de talent, déjà il intervint
Pour "décataracter" mes pauvres cristallins.
J’avais pris rendez vous et d’un coup de collyre
On m’ouvrit la pupille afin d’y pouvoir lire
Puis ayant constaté l’étendue des dégâts
Le médecin s’arma et me "laserisa".
Alors la lumière fut et renonçant au voile
Ma vue remit le monde en relief sur sa toile.
Certes quelques copeaux flottaient dans mon soleil
Le laser c’est connu est un bel appareil
Qui calcine l’intrus qui agace ou irrite
Puis dit à la nature de nettoyer le site
Et pour que l’organisme ose faire le ménage
Il faut laisser du temps pour achever l’ouvrage.
Bref me voila muni d’une paire d’optiques
Avec quelques collyres remèdes sympathiques
Qui me font larmoyer six fois dans la journée
Ma paupière s’irritant de la goutte enfournée
Mais il faut prévenir et soigner à la fois
Tout ce qui gène l’œil est de mauvais aloi.
Une semaine à me traiter puis dans un mois
De l’œil il conviendra de juger les exploits
C’est comme l’automobile et le contrôle technique
Un œil non mesuré ne suit plus la logique !
Il faut donc à l’expert juger sa qualité
Pour que mon regard d'aigle ait sa belle acuité.
En attendant Monsieur ma rétine s’amuse
À regarder autour, en taquinant la muse,
Et grâce à ces carreaux que vous me prescrivîtes
Je perçois tous dangers que savamment j’évite.
Vous me rendîtes le jour et je vois à nouveau
Le monde tel qu’il est, tantôt laid, tantôt beau !