Lespoetes.net

La poésie sur internet

Il faut être inscrit et connecté pour répondre à un topic.

LE CHEMIN (en route pour St Jacques de Compostelle...)

Par : Joshua Dubernet

Avatar

Joshua Dubernet

Posts: 153

Membre



LE CHEMIN


En route pour saint Jacques de compostelle
ou comment je suis devenu un ninja



une histoire d'internet :

L'histoire que je vais vous conter commence à andernos-les-bains en gironde dans un pare feu en direction d'un coin à cepes avec Ben et Nico. Ben me lance : "Eh man j'ai trouvé une pépite sur le net c'est sur l'alchimie, tu connais Patrick Burensteinas ?" Et là il se met à parler la langue des oiseaux, à me degoter des exemples . Ceux dont il se souvient. Persever : percez et vous verrez ahah. La matière : l'ame à tiers ; un tiers d'ame et deux tiers d'autre chose eheh. Precieux : près des cieux ! ohoho. Qu'est-ce qu'on rigole. En fait la langue francaise serait truffée de codes rapport à l'alchimie et detentrice d'un savoir plutot secret. Y parait que ça marche aussi en latin. Mais y a pas que ça. Ca part dans tous les sens. Alors le st graal les templiers et tout le bazard. Je suis fasciné. Je trouve ça drole et interressant à la fois. Mon ami me confie que lui c'est pareil. Il me dit d'aller voir sur internet donc et je m'execute sitot rentré. Je me regale. Ce type est un sacré coquin moi je vous le dis.
Alors d'après ce franc coquin d'alchimiste de Patrick Burensteinas pour bien tricoter ses cailloux, pour aligner ses pierres quoi enfin pour pratiquer l'alchimie opérative il faut se taper la route à pied pour s'aligner soi, se purifier soi meme de sa maison jusqu'à st Jacques de Compostelle de là il faut trouver la plage de Hermedesuxo (le jugement du sage) pour ramener la matière premiere de l'alchimiste à savoir de l'antimoine. Ah bé putain quelle affaire. Et donc d'après lui si j'ai bien compris le chemin des pélerins de st Jacques est anterieur à la chretienté et donc au depart c'etait juste pour aller chercher le métal. Enfin peu importe. voilà qui est fascinant.

Une histoire d'alchimie

Putain mais c'est une mission pour moi ça. Des mois que je fout rien à regarder des videos sur internet et à aller me baigner. A peine j'en parle que mon pote me lance : "je savais que tu étais un grand alchimiste" . Youpla oula bon bé ok. Vendu. Je voulais voir les pyrénées ça tombe bien. Je mens pas j'y avait pensé dejà à faire un truc comme ça. Mais voyager pour voyager l'idée me déprime en général. Là c'est différent y a une quete c'est trop bien. Mon papy est de galice en plus.

Les preparatifs

Ma mère m'achete un poncho de pluie, mon pote Ben m'assure une lampe frontale et quelques bui bui pour tout bon mecenat. Trois jours à faire chier tout le monde avec mon idée fixe et pas très rationelle : il me faut une epée. ou au moins une dague. en fait personne pour me trouver ça donc tampis depart precipité on dira le 18 septembre je crois ou le 19 avec un enorme sac pas fait exprès et une bonne bouteille de bourru dans la main histoire de faire comme frodon, de quitter la comté le coeur leger. Ma mission est simple : ramener de l'antimoine.

le depart.

Nous voilà parti putain. je dis nous parce quand on fait un truc qu'on juge nous meme incroyable on a cette voix qui vous sussure "putain tu fais ça mec t'es débiiiiiile!" on l'emporte avec nous, de là le plaisir du truc. alors c'est nous. moi et monsieur prudent pour le meilleur et pour le pire direction St Jacques de Compostelle la gorge serrée et le coeur leger cette confusion de l'etre qui vous donne de l'allant, une energie toute visible.
Depart à 20h c'est impecable je me roule dans un fossé dès que j'en ai marre on verra. Ca part bien medieval le bordel moi je vous le dis pas de montre, pas de carte, pas assez d'argent, pas de tente et pas de foutu téléphone portable. Il faut se grouiller avant l'hiver il faut etre de retour. Alors bé je me sens meme pas forcer le pas. C'est le beton qui m'aspire. Il y a les etoiles et puis j'ai quatre jours d'herbe devant moi. En deux coups de cuillères à pot je passe l'autoroute bordeaux bayonne je crois enfin je sort du bassin d'arcachon quoi ce qui representerait , si on était dans le seigneur des anneaux, la comté. Le village.
Chose dite chose faite je me roule dans un fossé avec ma bache.
T'es un fou pourquoi tu fais ça?

jour 1 /
Bah je vois pas pourquoi on dit tant de mal des communes de Mios et de Salles enfin oui y a ce filet de brume mais c'est paisible et on dirait qu'il y a des cepes par ici. Bon j'ai dejà les pieds qui cloquent y faut tout defaire puisque bien sur les pensements sont tout au fond du sac. Excellent pretexte pour s'en rouler un petit. Reprenons la route. Putain j'arrive à la chapelle de Mons. Onzieme siecle le bordel. Deja je sais pas comment j'ai trouvé ce bazar c'est au milieu des bois impossible à trouver. En plus c'est la bonne route y a là une fontaine des pelerins pour se rafraichir les pieds et y a des tombes musulmanes autour de la chapelle ce qui est foutuement medieval comme delire je dirais. Je jette un oeil sur ma jambe et je constate avec effroi que la gauche est toute gonflée. On voit plus les maléoles de ma cheville ! "A navait trop forcé comme un magalien "me dit la voix. Effectivement c'est le cas. L'idée est pas là de battre un reccord mais voilà j'aime bien marcher vite.J'aime ça. Je me deroule tout pour un dodo. mais bien sur je suis derangé par des gens qui viennent mettre du pchit netoyant sur les tombes. je fais mon paquetage et je file. la nuit tombe. je suis à saugnac-et-muret. chapelle incroyablement vieille, champignons en ronds de sorcières autour, petit bois derièrre. parfait. je me fait un micro feu et fais cuire les cepes que je viens de trouver.


JOUR 2 /
Pas sympa ce matin, gros détour de six kilometres pour trouver Moustey et de l'eau. Une boite de sardines aussi. Pause d'une heure environ puis redecolage. Il fait chaud, j'ai enlevé mes chaussures car trop d'ampoules. Je boite, ma jambe gauche est gonflée c'est moche.
je m'assois par terre. j'abandonne. Et pis non. Je rencontre un autre pelerin qui me depasse et lui montre ma jambe. et oui je sais c'est moche. bon attends je me lève. là dessus enjoué par cette rencontre je fais dix-sept kilometres de plus et on se dit aurevoir à Labouheyre.
Labouheyre en 48 heures papa ! je boite mais je suis content. Ca finira par passer le corps va trouver son equilibre. j'en suis sur. Les tendons vont s'habituer.

Une sorcière à labouheyre

Nous voilà le soir, j'ai trouvé de l'eau. je cherche mon chemin.
En face de la route, dans une clio une femme m'appelle, y a d'autres gens plus près mais voilà là c'est moi. Bon bon, je traverse et voilà ce que la dame me dit. "Monsieur, achetez moi des cigarettes et vous serez recompensé." Elle me tend l'argent.
Je trouve ça louche vu qu'elle est devant le tabac : il lui reste quatre pas à faire. Mais bon je m'execute. Evidemment il manque des centimes. Le gars du tabac me dit simplement "Fais attention elle est connue ici" Arf bon. Je ressors.
"Y manque 50 centimes." Je lui dis. La voilà qui farfouille partout dans sa voiture. Je remarque qu'elle a de longs ongles comme des griffes sur ses pieds nus. Bon comme elle s'agite un peu je lui montre mon tabac à rouler. Elle me dis qu'elle ne sait pas les rouler.
Elle me dit "roulez moi six cigarettes monsieur. et vous serez recompensé!"
Je commence à faire ce qu'elle veut sur le toit de sa caisse et la voilà qui m'explique son affaire "moi la nuit je combat les démons monsieur. Je me mets dans mon lit et je parle à la maman du seigneur, oui, la maman du seigneur et je lui dis, je vais parler à ton fils.....Et je combat les démons. Je l'ai lue dix fois la bible monsieur (elle dit "monsieur" à chaque fin de phrase) ceux qui me font des ennuis le payent très cher. Je lui tends la premiere clope pour enchainer sur les autres et je ne sais pas pourquoi je lui dis "seul les braves"
Elle me fixe et me repond "seuls les justes. Heureux sont ceux qui ont faim et soif...(elle reprend)...Heureux sont ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront bientot assis à la table du seigneur. je prierai pour vous cette nuit pour que vous soyez protegé. Croyez moi c'est vrai ce que je vous dis. c'est bien ce que vous faites monsieur. il faut faire le chemin de st Jacques. Elles sont bonnes vos cigarettes......"
Je me sens la gorge toute serrée. Elle m'embrasse sur les joues et recommence son truc "Oui je combat les démons la nuit, et la nuit, la nuit, je parle à la maman du seigneur." Je pars les larmes aux yeux. C'est à cause de la fatigue.
Je sais ce que vous vous dites. que je suis impressionable et qu'elle voulait juste des clopes. moi j'ai choisis de croire ce qui me plaisait à savoir que c'était là une de mes premieres epreuves un peu comme dans les livres dont tu es le heros. l'epreuve à ne pas manquer pour avoir la benediction à la fin de cette histoire. Je me repète dans ma tete "seuls les braves, seuls les justes."Ca me parle carrément. Bon j'ai la vache qui rit, j'ai les sardines
ET une benediction. Je vais me trouver une grange pour le dodo.
le probleme c'est que je me fait degager manu militari par des gros landais enervés.
donc je decale sous les chenes et je mets ma bache car la pluie menace.
je fume mon herbe et ça me regale.

JOUR 3
Le jour 3 c'est une épouvantable suite de passages d'autoroute, à gauche à droite on sait pas trop. Je me retrouve dans un champ de mais avec un cepe dans la main. Puis dans les bois. Par terre il y a des traces de pieds nus, au moins du 44. ça me fait flipper completement parce que je sais bien qu'il n'y a rien sur 20km à la ronde. j'entends enfin le bruit de l'autoroute et decide d'y retourner fissa ce sera tout compte fait mieux que le sasquatch. Arrivée douloureuse à onesse-et-laharie. Quel con je suis tellement affamé que j'ai pas tourné la tete pour voir le petit magasin spar sur la gauche, je suis parti sur une pizza aux anchois à huit euros fait cher mais bon tampis je mange chaud sur une table et dodo dans les roseaux. evidemment c'est le repère des araignées rouges ce coin dodo.
Obligé de taper de toutes mes forces sur la gueule d'un truc qui bouge sur ma bache, contre mon duvet. un serpent putain. non mais j'y crois pas. je bascule à demi en arriere pendant que lui se tord sur lui meme. je mets mes chaussures et pose le pied comme y faut dessus.
avec mon couteau qui est toujours dans ma poche, je lui coupe la tete en faisant un trou dans la bache tampis. enfin couper. je lui dechire la tete serait un meilleur terme.
j'enrage un peu.

JOUR 4
Je viens de trouver un refuge à lesperon un petit village bien mignon. Pour six euros je vais laver mes fringues et me reposer à fond. Derniere bouffarde de ganja et dodo. Ah putain j'ai perdu mes sardines en fuyant un nid de frelon dans l'aprem. j'avais posé mon sac dessus.

JOUR 5
Petit feu pour le barbecue de midi cepe géant et faisan encore tout chaud tapé par une caisse dans la brume du matin. Je suis après Taller. Un village landais avec des cloches qui sonnent. Direction STPaul-les-dax. je me cale à la sortie du merdier. Cookie géant clope et dodo....
nuit de merde reveil trempé. limaces. moustiques.

JOUR 6
Peut etre le meilleur depuis le départ, les emotions qui usent le coeur s'en vont, la tendinite aussi. C'est une douleur normale que j'ai à present. Le meilleur coin dodo aussi surement. Je suis à sorde l'abbaye du douzieme siecle et gallo-romain aussi un peu. Je me suis fabriqué une claymore en bambou. Les gens hallucinent completement avec ma serviette quetchua à capuche on dirait certainement prince Lancelot.
Là ça vallone un peu. Je suis au pied des pyrénées ma parole !
Demain st jean pied-de port j'espère.
Toutes les eglises sont fermées ou partent en desuetude.
j'ai pu neanmoins retranscrire un vitrail qui pue l'alchimie à cagnotte après st pandelon.
Aujourd'hui je me couche tot.
Faire son bivoic trop tard dans la nuit implique de la merde.
Dodo coeur d'alchimiste

JOUR 7
UN BUON CAMINO

Antonio. veo que tu eres un cavaliero
Vilage : Escos. portail à gauche après l'eglise
cuando volveran? Et puis muchas gracias
Et puis st palais dans la douleur.
Demain le vrai depart. St Jean Pied de Port cavaliero
Un demi acide et une quille de rouge, baignade dans le gavé froid gave.

Lettre à Antonio.
antonio. tu sembles porter en ta gravité de ce monde. et tous les mytères aussi avec ton costard tu sera tour à tour pretre gangster, agent immobilier, criminel de guerre.
Tu parles lentement le visage clair. quelle est ta douleur antonio .?
galiego, je te laisse à ton mystère.
Je tiendrai ma promesse et j'irai à santiago prier pour toi.
Pour que tu trouves ton chemin comme je t'ai demandé le mien.
à ce propos et oui merci j'ai trouvé des figues

l'histoire d'antonio.
j'arrive en boitant derriere l'eglise je vois deux types qui se gueulent dessus un peu.
y en a un qui se tient torse nu et je sais pas il est de dos et on dirait qu'il se tire sur la nouille C'est très bizarre son froc est baissé.L'autre type est en costard. Comme il me regarde je lui demande mon chemin. Là il s'avance et me prie de le suivre vers un banc dans le jardin.
Le type torse nu est parti à l'interieur mais on l'entend gueuler en espagnol. Rouspeter disons. Le gars en costard me dis "Vous faites st jacques de compostelle.Bien. Alors vous devriez revenir sur vos pas sur cent metres, tourner à gauche, là vous avez une belle ballade il y a 20 km à peu près. C'est domage je crois qu'il n'y a plus de figues. (silence)
Quel est votre nom?
-Joshua
Bien joshua je crois que vous etes touché par la grace. Vous savez quand on a un desir dans la vie il faut le concretiser." Il fouille dans sa poche et me donne une croix en métal avec un petit jesus dessus vachement bien fait dans un style merovingien qui me botte, et dix euros. au debut je refuse mais au bout d'un moment je cède. "Prenez cette croix et enmenez la à St Jacques de Compostelle. Priez pour moi car j'ai perdu mon chemin. Je suis arrivé ici avec cette voiture .(il me montre une belle voiture) Hablas espagnol? -no
Galego? arf -no.
Je lui dis que mon grand pere est de galice.
Bien joshua là je dois partir (l'autre type est revenu et vient de demarrer sa caisse furieusement pour sortir du jardin) buon camino vous l'avez entendu dejà?
Oui une ou deux fois. Merci. En partant je lui crie :"cavalierooo"
Il me salue. Sur ces emotions, et après deux ou trois kilometres sur un chemin somptueux, je debale mon sac. Je chope des ciseaux. Je coupe mon buvard de LSD en deux et en prends la moitié. Une petite clope roulée et c'est parti. Là dessus je trouve sur la route une espèce de chenille enorme qui traverse, puis une deuxieme mais verte. L'autre etait marron. Mais ce sont de vraies chenilles donc je les aide à traverser. Ensuite je carresse les herbes sur le bord de la route je me sens botaniste un peu. Je dois me concentrer sinon je pourrait bien me mettre reluquer les blés. Il y a des vaches, elles sont plutot sexy.
Le soir je suis à St-Palais. Je bois un litre de vin rouge et je me baigne dans le gave.
complètement dans l'esprit du pelerin j'ai envie de dire. Le LSD était un peu eventé, un peu vieux dieux (au pluriel pour cette fois) merci sinon je serais encore dans les buissons avec les chenilles. (de vraies chenilles). Bien bourré je passe un rond point qui dit St-Jean Pied de Port 36 KM je crois. Je me roule boule dans les fourrées avec ma bache.

JOUR 8
Midi. Bon ce matin j'ai jeté ma grande bache. Elle ne faisait que pieger les limaces et autres araignées. Et l'humidité n'en parlons pas. J'ai dejà developé mes petites connaissances sur la maniere et l'endroit pour eviter la rosée matinale sur le duvet.
Je me debarrasse de mon jean et de ma ceinture aussi. Je monte ma première montagne !
Je suis en slip pieds nus dans la montagne ! Je prends donc la derniere moitié de mon buvard de LSD. Rassurez vous cher lecteur . J'arrive au village d'Ostabat. il fait chaud !
Paysage magnifique = clope savoureuse, plantes qui chuchottent, chat copain.
Paté bavard et sieste bronzante secheuse de fringues. Je me repose une heure. Je bois beaucoup d'eau. j'ai une sacrée peche. tout est si beau.Il suffit de pas se laisser distraire trop et d'avancer. C'est ça le jeu. Hop hop. On redecolle. et hop hop !! je suis tellement content que j'adopte une semi-course tel le guerrier afghan dans les rocailles qui s'en va poser sa mine. Plus mal nulle part envie de suer tant mieux pour les zigzag
c'est bien plus amusant aussi de sautiller pieds nus entre les chataignes.
ça fait des petits pieges hop hop. Parfois vous savez pendant que je marche je joue dans ma tete comme les enfants. alors selon l'humeur c'est le seigneur des anneaux, le moyen age ou alors je suis dans la SS et c'est opération barbarossa. je contemple la plaine là.
je fume la clope du soldat. je regarde le soleil merveilleux.
et à moi meme : "Ce beau pays vous plait il mein furher ? Yaaaaaa ! Et nous le garderons à jamais !"

LA NUIT
St jean-pied de port !
ah aaaaaaaah !
mais comme il fait nuit je trouve pas de pont en forme de porte magique je monte juste sur une citadelle bien glauque et je redescends par une rue pietonne avec des auberges partout. dix euros est le prix moyen mais ça me dis rien je dois economiser.
je suis fourbu. je boite. une fontaine, un banc. une clope allez et je vais me faire un dodo du moyen age apres le village on verra bien. putain tout est trempe dans les champs.
oupla merci la frontale ça serait-y pas une grange là bas?
et personne pour faire chier on dirait. 'tention les orties en short man'.
bon bé elle tient cette brique ou pas? et bien non en fait elle tient pas.
donc petite electrocution dans les orties et pour rehausser le plaisir un demi-litre
d'huile d'olive vient de se deverser dans mon sac. un champion je vous dis!
enfin rien de cassé un peu griffé c'est tout. je rale pas je suis dans une grange au sec.
dodo et puis demain grand nettoyage j'entends le bruit du ruisseau.
................bon en fait je dors pas je nage dans un cauchemard d'huile d'olive. bon mais mon coté devot y voit là une providence, demain je vais jeter mon grand sac qui chie les epaules. je pense pouvoir tout faire rentrer dans l'autre ce qui va m'aleger considerablement. je vais etre très rapide ! bon il faut retourner au village avant la grimpette des montagnes pour ajuster tout ça et s'ajuster soi avec un petit taboulé à un euros. clope. dodo huileux.

jour 9
matin.
st jean pied de port est un lieu de debauche capitaliste!
le mug du pelerin, le tee shirt du pellerin, le repas du pelerin, et ptet la mousse à raser aussi.le dieu argent est venu s'emparer du truc ducoup les locaux sont meprisants.
bon pis t'as jean louis aussi (vous savez cet enorme connard avec ses batons à ski à 60 euros la paire qui sent l'eau de cologne avec sa barbe grisonante son air suffisant et son accent parisien immonde et son chapeau de treck)
son copain "tu veux pas un autre petit perrier citron jean louis? "
ou cas ou pour le caminoooooooo (prononcez camino)
et ben c'est ça bon ca-mi-no jean -louis gros fils de pute .
pardon bon on decolle. largage de sac à l'office des pelerins ok. malgres cette horde de cyclistes. on peut etre pelerin à velo. ah bon . ok. bon taboulé ok. eau. on est paré !
y a ce petit cul qui trotte là ça annonce le depart je crois.
oh la petite connasse en short trop petit elle fait la maline.
néanmoins son petit cul ravissant me tiendra captivé pour au moins cinq bon kilometres et donc ça me fera mon "warm up" comme dit jean louis (ce connard de jean louis). je me tiens derriere cette petite femelle qui y va de la cuisse. on va voir si elle marche vraiment aussi vite que ça. pour l'instant je suis epaté.

midi.
pause douche au robinet d'un refuge.
les autres pelerins passent moi je les vois mais eux non parce qu'ils ne se sont pas aventurés sur la droite et donc ne voient pas qu'il y a un refuge avec un robinet.
ça y est j'ai laissé la petite connasse qui faisait la maline (j'en étais sur) loin derrierre completement epoumonée. flambeuse. je regarde mes jambe et je me dis dans ma tete
"regarde tes jambes jos ça au moins c'est du solide, tu es hors norme".
je repense à mes années de footing et de boxe et de surf qui m'ont amenées à etre aujourd'hui ce type hyper sportif et endurant qui adore fumer et qui laisse systematiquement tout pelerin derrierre lui, meme en prenant le temps de fureter .
je me sens bien la vie est belle. je sais bien que c'est pas une course mais il me semble que le maitre avait dit de suer un peu quand meme alors alchimiste ou pas...
boum en reprenant ma route je trouve des tongs! toutes neuves ! une premiere en fait que j'ai jeté par depit puis la seconde deux cent metres plus loin donc demi tout pour la reunification finale . parfait! pour passer le col de ronceveaux c'est cool c'est exactement ce qu'il me fallait ! et voilà que je coupe par les sommets, au jugé, au milieu des cheveaux sauvages et des moutons, avec mon fromage que j'ai gardé apres mon taboulé.
pieds nus car l'herbe ne pique pas là haut c'est dingue comme on y est bien. bon y a un peu de vent. hophop hop. Sur ma gauche je laisse un espèce de piton rocailleux avec plein de corbeaux on dirait le T2 de Conan le barbare.
Tiens une femelle à l'horizon. elle a l'air super mignonne.
je marche plus vite je vais forcement la doubler. c'est la panique cette fois. je me dis qu'elle va penser que je la suis à force ce qui est completement con puisqu'on est sur le chemin de st jacques et donc on va dans la meme direction. y a pas de lezard. alors là en plus d'avoir ce petit cul rebondi qui depasse d'un minimini short la meuf porte une queue de cheval avec des cheveux vraiment lisses. wow. bon elle s'arrette pour une pause, elle est hyper jolie pas exactement comme je l'avais predit mais bien plus encore. son sourrire eclate , elle secoue la main vers moi elle fait coucou. je savais pas quoi dire alors je lui ai dit simplement son nom. le nom que je venais de lui donner. "chevelure dans le vent" que je lui dis. en chantonant. elle a pouffé de rire. j'étais content de moi. autant filer devant comme on en a pris l'habitude. si je lui dis encore un mot un seul je vais etre catalogué ça va partir lourdingue. autant lui foutre la paix.
oula et bin loi des series. là elles sont deux. dites moi y a de la femelle sur ce camino c'est une blague ou quoi? et queue de cheval aussi. des espagnoles. je suis amoureux tout de suite. alors non loin de la tombe de ronceveaux lui meme j'explique en ces quelques mots en brandissant mon bambou de bois "soy............un CAVALIEROOOOOOOOO
ma petite preferé me dis "wow" meme pas pour se moquer.
je perore. je fais le beau. je fais le jack.
bon mais une fois mon effet reussi que faire?
bé on se casse direction devant et pis c'est tout.

au sujet de la mort sur le camino

La mort est omnipresente sur le camino. Deja y a le petit jesus crucifié ça pèse mais franchement y a beaucoup de tombes sur le camino. De tous les ages et de toutes les parties du globe ils sont venus nous faire des crises cardiaques et des roulés boulets dans les cailloux. Par grapes desfois. La descente pour arriver à ronceveaux et acceder en espagne attention c'est un peu chiant les pierres qui roulent faut quand meme faire un peu attention. C'est pas la mission incroyable mais quand meme faut pas faire le foufou ça peut degringoler. Bon mais je me promène moi la dedans. je fais appel a un ancienne methode de marche ninja.

RONCEVEAUX
Roncevailles pour les intimes. Prononcez Roncebailles.Et oui on est en espagne là, vous me suivez bande d'autruches? Ce bled te filera la chair de poule si tu empreinte le très etrange chemin de St Jacques. Un enorme donjon est la, collé à la chappelle.
pourquoi la chair de poule? Bé putain t'aura jamais vu debouler autant de boches et de coreens de ta vie. Non je deconne. Le donjon c'est une auberge geante pour les pelerins.
J'y vais pour douze euros. Je lave mes fringues. Le soir je vais dans l'eglise pendant que tout le monde est au pub pour la fete de Munich. On est trois dans l'eglise. Deux pretres et moi.
Ils recitent à voix aute un truc en espingouin et y en a un tenez vous bien et bé il chialle.
Une sacrée ambiance. J'hallucine. J'espère qu'il remet pas ça le week end prochain le gars.
En bas pour le depart c'est indiqué la foret des sorcieres . Et cette photo acrochée au mur de l'hotel avec des types crucifiés. Un chouette coin je vous dis. Je pense qu'ils vont tourner le project blair witch 3 dedans c'est pour l'année prochaine.

JOUR 10 :
J'ai depassé PAMPLONA la superbe.
J'ai bien chialé dans la grande basilique. C'est trop d'effort physique qui fait ça. des larmes de marathonien, de pélerin en fait et ouais. Pamplona.Pamplona......difficille de trouver les mots. Des gamins avec des tee-shirt mickey deguelasses, papa qui fait peter des petards, des mecs deglingos qui fument des brades, une fanfarre, et exeptionnellement y parait une mega grillade avec fete foraine et tout le merdier. Le grand merdier. Mais gentil.
Le tout sur des contreforts medievaux. Pamplona ça me plait.
J'ai de l'eau, des sardines, je file dans la pampa à nouveau et je laisse les lumieres de
cette ville derrierre moi alors que le soir tombe. Je me retourne parfois pour regarder
"t'es venu là à pied man"
Je me cherche un coin bivoic au bord du camino.
Aujourd'hui on deplorera tout de meme les 60 millions de coreens en vtt
obsédés du bon caminooooooooooooooo en secouant la tete
Bon caminooooooooooooo" ouais c'est ça gros fils de pute no more bon camino please! Je vais faire des étapes de nuit il y a trop de monde. Au debut c'était sympa ce bon camino mais là à force c'est usant parce qu'il faut repondre et quand on est dans ses pensées c'est chiant ça gache tout et puis c'est trop de toute façon. Vous imaginez vous dire bon camino à chaque truc qui bouge ? C'est fou ça. La lune grossit.

notes
notes sur les connaissances requises pour aborder la suite de ce recit sans encombres.
ces notes seront composées d'une liste de mots apartenants au vocabulaire espagnol qu'il faudra aprendre par coeur (et oui on a rien sans rien en ce bas monde)

la fuente / la fontaine
la iglesia / l'eglise
la calle / la rue
el supermercado / le supermarché, l'epicerie
chorizo / chorizo (invariable)
a dondé es / c'est où
el fuego / le feu
balle balle / c'est bon c'est bon. balle balle peut signifier n'importe quoi. on te rend la monnaie? c'est balle balle.un bon balle balle (trois fois si t'es un vif) se dit avec le coeur et la gorge plus que par un flux guidé par l'intellect. balle balle pourra signifier tour à tour casse toi connard, ou je t'adore, c'est trop cool. on se rappelle, ou meme j'ai bien recu le message, entendu.
entiendo? bravo vous pouvez continuer ce recit sans risquer de ne plus rien comprendre.
balle

JOUR 11:
Juste avant lisara je distingue dans le noir une eglise. mais pas de pueblo autour. bizarre
la porte est ouverte mais l'eglise est vide. elle est abandonnée.pas de bancs ni rien.
y a juste sur l'autel en pierre une branche d'olivier, et au mur l'archange st michel qui terrasse le dragon et mon signe de maternelle. vous avez bien lu. mon signe à la maternelle c'etait un genre serpent qui s'enroule. tout simple. on le retrouvera tout au long de ce fabuleux recit. je vous dis ça tranquillement depuis chez moi mais à la lumiere pale de ma lampe frontale tout cela prenait vraiment un tour effrayant. avec chiens qui hurlent et tout. un vrai film d'epouvante. mais bon apres une bonne clope j''ai fini par chauffer le duvet et à y etre bien. à m'y sentir bon pelerin. dans le vrai quoi.
reveil dans la nuit envie de faire peter un bon feu avant de tracer.
donc enorme fuego à coté de l'eglise abandonnée sur une coline pleine d'oliviers à 4H du mat? carrement! merci mr jorodowski pour les effets esoteriques baba-cool. merci la prod.
les flammes et l'eglise (la iglesia n'est-ce pas) derriere. envie de saisir ce souvenir et le garder toujours. en route.
au petit jour je vais me faire peter un café con leche grande y un napolitana. et oui pour 2,2 euros tu dejeune à la bien en espagne

JOUR 12 la fontaine à vin.
le genre de truc qui fait chapitre.
sur le camino tu verras à un moment donné y a une fontaine c'est du vin qui sort" m'avait dit mon père avant le depart. j'avais ri pensant à une blague. bon en fait je vous le dis c'est vrai y a une vraie fontaine à vin gratuit qui te bourre vraiment la gueule comme du vrai vin rouge. j'en ai rempli un litre cinq le contenant de ma gourde donc plus d'eau que du vin.
superbe. j'ai incité mon nouveau pote eric pelerin originaire des ardennes (vachement sympa ce eric mais marche lentement)à faire de meme et donc on s'est mis une bonne chistolle sur le camino. en demarrant à 11H avant la chaleur pardi. des coreens partout
on ricane grave. buon caminoooooooooooooooooo ahahah je me roule dans les fossés.eric est crevé. je le laisse à une auberge et je continue en regretant un peu d'etre autant bourré.
j'ai soif. soif d'eau. au pueblo suivant je craque cinq euros dans un enorme hamburger frites et una cerverza. tranquille. un mariage se tient. les espagnoles sont tellement belles. je reprends le camino.

le piege
aie aie aie ! quatre ou cinq heures à me depetrer d'un berger marocain qui voulait absolument me faire la totale couscous massage cours d'espagnol et tout et tout mais il a pas compris que deja je devait pas monter dans un bus pour aller à Viana avec lui et ensuite je voulait tracer. hyper gentil mais chiant quoi. tu te sens obligé parce qu'il t'as donné des figues et apres c'est chiant. j'aime pas. je veux pas faire copain je veux marcher seul. bon mais il était marrant quand meme. putain. marchons de nuit allez. lumieres magnifiques de la ciudad. et oui là c'est pas le pueblo c'est pus gros donc c'est la cuidad. (je sais j'en fais des caisses avec mon bagage en espagnol) je descendrai demain. dodo dans ces petites sapinettes là que j'aime bien. evidemment il menace de pleuvoir. mais il menace seulement depuis quatre jours et bien j'ai decidé de m'en battre les couilles et de prendre le risque. la metéo en espagne devrait avoir son propre chapitre dans ce livre.

Jour 13
Jour fameux. Du raisin à gogo des figues des noix des amendes par kilos. Et surtout pas de traces de nos chers amis les allemands hollandais anglais et coreens je parle bien sur de tous ces gens qui s'acharnent sur moi à coups de bon camino.
Je suis seul sur le camino et bien heureux de l'etre. c'est la plenitude.
le soir après un petit effort et un sacré soleil dans les yeux j'arrive à un petit bled plus que satisfaisant. super mignon meme. bon y a deux albergues en guise de pieges à cons mais derriere à peine quatre maisons pour couroner le bas d'une micro colline, une motte feodale en fait. naturellement il faut monter et delà tout s'enchaine comme y faut.
bah en haut t'as la iglesia et inmanquablement bé y a la fuente qui est là qui brille.
le soleil est bien rouge comme........bé comme le soleil quand il est bien rouge. mais en espagne c'est un poquito mas. c'est un petit peu plus. y a une vue superbe et je peux m'installer contre la iglesia (pas très loin de la fuente autant vous dire) j'ai l'aval d'un type du village sosie de Torremuchas. donc pas de feu ce soir il va faire un peu frais je vois deja la lune qui prend sa couleur argent. signe de. enfin selon moi.
je fume ma clope dans l'herbe douce les pieds dans le duvet à coté d'un petit cimetierre de trois ou quatres tombes avec son petit muret qui va bien. la journée a eté creme. j'ai meme trouvé un sandwich par terre et mes jambes sont comme neuves.
demain je fonce vers l'ouest.
dans chaque eglise il y a cette vierge en noir c'est bizarre c'est qui?.
dans la nuit j'entends des porcs se faire etriper. je vois que ça. ça vient de la colline en face.

l'espagne.

L'espagne c'est le pueblo. Et dans le pueblo à coups sur, t'as la fuente, en général à coté de la iglesia. ça sera forcement sur la calle de la fuente, ou de la iglesia. en gros te fatigue pas. c'est simple ...si c'est pas à coté c'est en face. l'espagne est surrement le seul pays d'europe, le premier disons, ou le socialisme ça pourrait marcher. l'espagne est un prototype, un cheval libre et fou, une terre de contrastes aussi. tant au niveau de la météo que des gens du pueblo. néanmoins, le pueblo c'est la force. c'est l'adesion parfaite de la chair et de la pierre , le pueblo c'est la brique, mais c'est aussi les gens qu'il contient, tout cela ne fait qu'un et au milieu de la poussière tu peux voir les générations se confondrent et se parler......on dirait le bon vieux temps sauf que c'est maintenant que ça se passe. voilà l'espagne glorieuse et miserable à la fois. de la poussiere, le pueblo avec ses composantes : trois vieux sur un banc, une fuente, une iglesia, un supermercado au pire, situé sur la calle de la iglesia. et voilà. comprendre ça c'est surtout le ressentir. je pense à la guerre civile espagnole..et donc à mon grand père.

la météo en espagne

un coup t'as trop chaud, un coup t'as trop froid. si tu t'embarques pour le camino
attends toi à deballer et remballer sans cesse ton sac. les nuages remontent le vent.
tantot un ptit noir va te suivre ou sstagner au loin sans rien donner, tantot un blanc vient te tremper en deux minutes juste le temps de mettre ton ciré et pouf il fait trop chaud.
climat contrasté. aussi je ne relate pas dans ce recit le nombre de fois ou je suis en train de tout tasser pour que ça rentre dans le sac. ou le nombre de fois à courir sous les arbres pour m'abriter, les mouches qui mordent, le soleil qui tourne la tete, le vent , ect ect.

chapitre / ey buon camino salope !
ok là frodon il en avait un peu marre des maquilleurs et des ingenieurs qui envahissent le plateaux. là on est dans un somptueux decor panoramique 3d avec senteurs de vent d'espagne et y a ces quatre pouffiasses qui me niquent mon trip medieval. ok. va pour la fuenté et la je me bouffe mes sardines pépouze devant les montagnes qui se profilent au nord . et bon disons que ça vallone un peu partout quand meme.
sophie. "y a martine qui me dis que jean-louis l'a amené en californie l'année derniere, et ben ça vallait pas le buffalo grill au pays basque- à ce propos tu as snapchaté ton fils martine? attends, " et là les quatre connasses françaises donc partent dans une serie de selfies en gloussant. entre moi et les montagnes. putain de pelerinpinpins. oui c'est moi qui ai fait cette trouvaille. pelerinpinpin c'est drole. une des quatre me donne son chocolat je m'en veux un peu de les avoir traité de connasses dans ma tete

JOUR 14
les wargz

bon on y reviendra pas plus tard dans le recit alors je vous conseille de pas louper ça : les wargz c'est les cyclistes. vous etes prevenus les cyclistes c'est des wargz c'est tout.
foutu wargz ! par paquets de sept toujours à t'arriver dans le dos ! j'avais deja observé une belle tribu avec de grosses femelles ils étaient au moins trente. mais voilà dans la montée ils ne pouvaient pas etre viscieux, là ça descent. ces gros fils de putes te deboulent dans le dos à 40 kilometres heure avec des visieres et des casques de combats mais putain on dirait des frelons. bien fluos. et n'oublie pas ton bon camino s'il te plait. et de un, de deux de trois de quatre en fait ça sera un bon camino par tete de pipe ce qui me fait un sacré paquet de bons camino ) repondre et ça putain ça commence à devenir un parametre de fatigue.
oui c'est ça ok je leve la main une fois donc le suivant il a bien vu de derrierre on va pas remettre ça on va faire un buon camino une fois pour tout le groupe bon camino et ça suffit
et si ça vient du coeur en plus c'est tout bon mais non ce connard remet le couvert "buon camino!" ok man pour toi un hochement de tete. on est bon. on va en garder pour tes potes mongoliens qui vont repeter buon camino tu crois pas grand fils de pute ? j'étais perdu dans mes pensées ça serait plus sympas sans ces foutus vélos alors je m'imagine que c'est des wargz. le soir.
le soir je suis recompensé. deux vieilles du village m'indiquent une porte qui une crypte qui une auberge ou resonnent les "oh yeah" oh yeaaaaah" oh my gaaaad"
ok je me casse de ce nid à merde, je vais m'attabler un peu à la sortie du pueblo après la fuenté et par là meme de la iglesia ai-je besoin de le rappeller à ce stade du recit? bon
la pour le coup c'est vraiment le pueblo quoi y a des maçons amateurs dans le coin et les charpentiers se demerdent pas trop mal y faut dire. le truc c'est une ruine.
je me cale gentillement et la le pueblo m'assaille à l'image cette vieille qui veut tout savoir
pendant que les autres m'epient depuis leut banc. je suis vraiment dans l'espagne profonde là . je vais remarcher un peu de nuit disons une demi-heure le temps de bivoiquer comme il faut et de faire cuire cette patate géante que j'ai trouvé sur la route.
j'ai des clopes. l'air est sain, c'est bonheur tout ça
partout je vois mon signe de la maternelle putain.
petit fuego. soirée merveilleuse.

JOUR 15
Arrivé dans la douleur et l'abnegation à st juan de ortega, j'ai courru deux fois, une fois le matin et une fois le soir. apres la zone semi desertique la vigne et re- la zone seche revoilà la foret et le relief y a des fougeres comme chez nous. j'arrive dans une montagne ou les espagnols ont retrouvé une dizaine de corps d'un charnier de la guerre civile qui date de decembre 39. en 2013 ils ont fait cette decouverte en reamenageant le camino je crois.
y a un poeme d'un gars que je recopie sur le monument /
bon dodo apres st juan de ortega impossible j'ai trop marché aujourd'hui j'ai les jambes qui chauffent. un des paradoxes du corps humain que je decouvre. quand tu marches trop tu dois remarcher la nuit ton temps de sommeil se reduit c'est très bizarre.
bon paquetage. vraiment. à la frontale je vais me regaler.
regal. dans la nuit noire au loin des eoliennes et des lumieres qui annoncent au vu de l'ampleur Burgos. une grande ville on dirait bien. en attendant moi je passe par des cercles de pierres magique du néolithique juste pour le délire je vais fumer ma clope nocture entre les dolmens et c'est tout plein d'etoiles filantes. là le camino est merveilleux en nocturne quel regal de tracer . j'imagine des putains de mammouths ici ça devait etre assez drole

JOUR 16
nuit à se peler les couilles du sale !
derriere le pueblo, sous un grand arbre, à entendre une embrouille de locaux et meme petite baston ....ce matin y a jean louis qui rode autour de mon duvet je trouve ça insuportable de me reveiller comme ça jean louis. des que j'ouvre les yeux tu t'eloignes en rentrant la tete dans les epaules jean louis avec ta gueule interchangeable de capitaine igloo putain de toi putain d'anglais de merde ouais c'est meme pas jean louis. enfin si mais la chair est plus rosatre, le souffle est plus court.
degage faire ton safari avec ton i-pad plus loin jean louis s'il te plait fils de pute.
bon caminoooo

CHAPITRE BURGOS
c'est le coeur ivre que je quitte l'armurerie medievale d'a coté de là giga cathedrale de BURGOS . burgos majestueuse .......et badaboum une enorme cathedrale. vachement bien branlé le bazard. pas trouvé de traces ou de symboles relatifs à l'alchime, mais pour aujourd'hui mon coeur se contentera , et toute la vie aussi sans doute, de cette SUPERBE EPEE DU MOYEN AGE PUTAIN.44 euros, acier inox de tolede, c'est a dire le meme fabriquant qui a fabriqué l'epée du type qui avait cette epée vous me suivez? c'est une VRAIE epée. et moi comme un dieu avec ma ,super intuition j'ai pris au hazard une des trois seules qui etaient en inox et j'en savais rien, la seule sur 50epées qui porte une gravure avec st geoges qui terrasse le dragon. pour l'instant elle est emballée dans du papier on dirait un jamon, la vendeuse m'a mit en garde contre la police locale à cause des attentas et tout le machin.......elle me l'a ficellée pour quitter la ville comme ça. une fois sur le camino, ça ira .
j'avais jamais ressenti le truc . mais y se passe vraiment un truc là. Pour certains c'est la rolex, ou la premiere voiture, moi ça me le fait avec cette epée. Elle me prolonge mais me complete plus surement encore que ma propre bite j'ai l'impression.
Je m'endors ivre de bonheur apres avoir confectionné un fourreaux avec du scotch et du carton. à la premiere incartade, c'est coup d'epée pas eguisée sur la gueule.je me sens protegé et bercé par toute la chevalerie. je suis un pelerin epatant .
dodo avec mon epée.

JOUR 17
matin
La vache une espèce de plateau desertique à passer après Burgos. Comme je fais tout sans carte j'ai le plaisir de la surprise. Ca donne envie d'avancer. Là j'ai failli etre à court d'eau.
Enfin un village totalement elfique dont les toits ne depassent pas d'un canyon, ouais une sorte de faille ouais c'est ça donc un canyon. Au moment ou tu te dis "non mais attends albergue à 800 m vous vous foutez de ma gueule" en scruptant l'horizon brulant avec crainte, le pueblo est bien la, et la fuente aussi inmanquablement
tiens y a mon pote italien pas celui-là un autre.
bon bé je me casse c'est l'heure des mouches.
après-midi
covant ou covanto je sais plus.
enfin c'est le couvant abandonné de san anton du douziemme siecle c'est completement benjamin gates et les templiers
notes à inserrer)
soir
me voilà tout en cris en haut de la torre del castillo de castrojeriz !
un chateau abandonné rien que pour moi !
couché de soleil et bonne clope sur le toit de l'esqagne !
moment intense....
avec ma espada, ma belle epée .
bon il faut redescendre avant la nuit parce que redescendre ça de nuit j'ai pas vraiment envie. en plus sous la colline je deconne pas il y a des cryptes.
je redescends. la nuit s'annonce idylique là haut il y avait du vent mais je commence à etre rodé je me degotte une espece de tanniere cinq etoiles c'est absolument parfait. demain j'aurai le soleil tres tot et je suis au pied d'une bonne grimpette. je vois castrojeriz c'est fou il y a un quart d'heure j'etais là haut. quel bonheur de pas etre dans une auberge avec ces foutus pelerins reclameurs de shampoing au jojoba et de wi-fi. ces gros blaireaux entrent dans les eglises se signent du signe de la croix et enchainent les selfies. des singes. putain mais pourquoi pas faire le gr 20 dans ces cas là ? gros fifre avec ta coquille.

jour 18
hopital des pelerins café gratuit
le padre lino est cool ça se voit
journée parfaite j'ai juste croisé ces deux grosses putes allemandes.
bonne marche aujourd'hui j'ai fait castrojeriz -villalcazar .
j'ai trouvé des graines d'un tournesol enorme que j'appelle aussitot tournesol don quichotte. parce qu'on est dans une pampa avec de la poussiere je sens l'ambiance.
je viens de trouver un matelas sur le bord du camino donc je me le grimpe sur le talus pour dormir en hauteur sur le champ lui meme.
ces foutues calamares en su tinta sont toujours aussi bon
innombrables etoiles. mandarine clope et dodo.

nuit/ bon je me suis trop avancé le froid est trop intense je me tourne sans cesse et je n'ai absolument rien pour faire le fuego. je dois m'arracher de mon duvet et me remettre en route pas le choix . vraiment . c'est trop dur là.
bon. je crois qu'il reste six ou huit km pour arriver à Carrion de los Condes.
bordel y fait froid là. ça rigole pas. j'arrive enfin à carrion de los condes je regarde le panneau de pharmacie boum 6 degres c'est pas assez quand t'es en short. bon je me colle pres d'une rivierre et j'attends le jour en fumant 3 clopes en 3 heures à peu pres.

BUON CAMINO
putain on s'est fait mangé par les mouches aujourd'hui. 40 degres à 14h
ok. n'exagère pas gros cochon va.
le mec putain il est à plus de trente metre de moi autour de lui c'est que des pelerins fatigués qui boivent un verre devant l'auberge le gars me voit passer mais genre super loin et là il veut faire l'anglais sympa et il y en a pleins de par le monde j'en conviens, et donc idée de génie de ce type il leve le bras bien haut comme pour un ami et bien fort "buen caminooo"!!!!!!!!! oh l'enculé. bravo. il est 20h. tu es le 147 000 ieme buon camino reçu avec cet accent anglais que je commence à trouver immonde, je vais accelerer le pas loin de tout ce qui ressemble à un humain direction le feu de camp dans les vignes.
bon camino à toi fils de pute. accession à une réalité intrinsèque non ordinaire sur ce foutu camino à te deculotter un castaneda. comment? c'est très simple c'est juste que depassé une certaine dose de "buon camino" recus (et la dose doit varier d'un individu à l'autre) le cerveau se met faire des couics, et on se sent flotter hors du monde pourtant le monde n'a pas changé, c'est à l'interieur que ça se passe, c'est parce qu'on est super enervé.
les coréens sont de sacrés phénomènes.
deja les mouffles quoi. par 40 degres, ils sont tous en mouffles je crois rever.
et sous leur short (et oui quand il fait chaud c'est le short) ils mettent des legging noirs.
mec des phénomenes ces coréens
mais d'ou ça leur vient ce trip d'arriver à cinquante et de tracer en mode pelerins en ecoutant du death metal? du death metal chretien flamboyant sud coréen et bim mets tes moufles et ton echarpe y va faire chaud aujourd'hui
vous me brisez mon plaisir un peu. bon camino ouais c'est ça
la nuit.
je passe la nuit à alimenter le feu allongé au fond d'un fossé nuit glacée et lune d'argent qui monte haut et devient toute petite. proche de sa pleine face.
rebelotte je redecolle en pleine nuit pour cause de froid et arrivé à la ciudad je m'endors sur un canapé qui semblait n'etre là que pour un pelerin boitant et grelottant sur sa clope.
3h de sommeil. reve incroyable dans lequel je combat une sorte de golem qui lance des eclairs electroniques et tout ça avec mon epée.

JOUR 20
matin. obligé de redormir deux heures le matin sous un arbre il fait beau et c'est pas l'heure des mouches encore.
15h : je marche sous une chaleur ecrasante , j'ai des clopes, mon pied gauche refait des siennes mais je tients bon. reste 300 km , 400 pour la plage, et plus que 60 euros en poche
adelante camarade hasta la victoria.
le soir : j'ai voulu tenter les 24 km de plus mais je suis cuit. dodo.
ouais c'est ça bon camino jean-louis. je fais chauffer des pierres dans le feu et je les fourre toutes chaudes dans mon duvet. après je mange mes tresors : des pommes de terres au feu. clopes et etoiles filantes.
reve de taré.

JOUR 21
je rencontre Hans. Hans est un allemand cool. ça arrive. le barman vient delirer sur mon epée et en mettre quelques coups dans le vide dans la rue. je me mets un café con leche et c'est reparti.
le soir :
je craque il est 18h passé je boite donc auberge d'allemands pour 6 euros. evidement avec mon credentiel non officiel ça ne passe pas. donc forcé d'en acheter un 3 euros (grosses putes) bon je me douche et je m'endors avec de la fievre un peu mais surtout avec mi espada Ursina.

JOUR 22
45 km aujourd'hui au moins ! debut horrible, bord de nationale, ça pue mais enfin la foret et à nouveau du relief ; j'aime crapahuter. au milieu de rien sur le camino vous trouverez "la casa de dios" sorte de refuge qui fonctionne au donativo avec des stands couverts de fruits. je prends des bananes. je laisse mes centimes.
j'arrive pour le coucher du soleil sur une colline qui fait point de vue sur san justo je sais plus
quoi ou je sais plus quoi de san justo. c'est avant Astorga. l'air est sain. ça sent la bonne terre d'espagne. je m'achete des clopes 4.70 bon. j'ai trouvé une nouvelle bache et une casserole pour faire de la semoule c'est génial. j'echappe à deux molosses et me voilà calé dans une maison abandonnée. moral super. quelques gateaux une deuxieme clope et dodo
les gens du pueblo me reconnaissent et leur buon camino me touche; tout à l'heure j'ai croisé la sortie de la messe. j'aime beaucoup les espagnols, le pueblo. reste 270 km.

JOUR 23
petit café à santa chais pas quoi de somoza. j'ai pris le temps à Astorga la magnifique.
jambes ça va, moral ça va. un pretre à tenu à me montrer une mozaique representant un type qui tranche la tete d'un serpent. c'est fou comme il insiste, il m'a tiroté la manche.
nous les pelerins on connait ça devoir niquer des serpents ahah.
j'ai rencontré un belge avec un chariot à roulettes, enfin lui est venu me parler.
bon petit siestou à Rabanal del camino pendant que des anglais hysteriques boivent leurs jus tropicaux en fesant du bruit . leur bruit "oh yeeeeeeeeeeaaaahhhhh oh myy goood!!! oh yyyyeeeaaahhhhh. mais quel horreur.

le soir :j'ai vraiment plus de chaussures. le village de foncerrabon est merveilleux. haut perché dans la montagne. là, pas de calle pas de avenidad, juste des pierres sur un chemin defonceé. mais comment ils font monter leurs voitures neuves? y a tout le pueblo. ils veulent que je les prenne en photo. y a bon camino et bon camino. allez. je continue ma route. je passe un col splendide ! la cruz de fierro ou de ferro voire meme de hierro ça depend. enfin c'est une crande croix etape symbolique du parcours où depuis des centaines d'années les pelerins posent une pierre. ça fait un sacré tas. bé et ce petit fuego pour s'arranger une petite semoule vaca
que ri ça vient ?

JOUR 24
le couperet tombe. je suis fané. je me sens faible je suis tout maigre et j'ai faim. je ralentis le pas. 24 euros en poche et descente dans les pierres qui roulent. dès que j'arrive à Poncerrada je fonce pour une tortillas. tortilla pour favor. allez y faut y aller remettre son sac et continuer. faut se mettre debout là. heureusement les nuit sont moins froides.
hier dans la nuit c'etait comme dans skyrim avec un obelisque de lumiere luminescent rouge genre repère de daedras. (les daedras sont des demons cherche pas c'est un jeu video on t'as dit) si je pouvait arriver à Santiago dans huit jours ça serait deja juste mais ça serait super.
midi. je gagne deux bananes offertes par le caissier qui se gourre dans la monnaie.
une peur m'assaille : perdu en el culo de la espana et completement epuisé. je me mets à chialer alors que j'ai du pain pour trois jours pour nada. je me deleste de ma veste blanche qui est foutue et de mon tee-shirt qui sert à rien ça fait une boule dans le sac.
le soir : je viens de me perdre dans une zone deguelasse à Poncerraba et de me rajouter 4 km. la buse. dans un parc je vois deux espagnoles qui sucent leur choupa chups. et me regardent d'un air entendu. leur visage est très beau et leur corps est vigoureux. elles ricanent de leur tour. je fume ma clope. poncerraba c'est assez grand comme ville c'est pas le pueblo. bon je decolle.

du jacquet ou du coquillard.

Je vais devoir faire appel à une très ancienne technique ninja
au diable les jacquets place aux coquillards!
au moyen age on appelait les pelerins de st jacques les jacquets ou jacquaires et des crapules acrochaient des coquilles à leur sac pour se faire passer pour tels et detrousser les vrais pelerins. les tuer parfois. ceux-là on les appelle les coquillards.
ces mecs ne sont pas vraiment des chretiens vous voyez le topo
sur ma droite j'ai croisé un enorme champ de courges.
pour une fois que je croise un champ le soir et pas le matin, je vais bivoiquer derriere dans la ligne des arbres là-bas et à minuit je reviens pour en voler une. je me sens obligé.
le geste je vais le trouver beau ça c'est sur, ça me fera de l'amusement et puis j'aurais des graines pour chez moi et quatre jours de nourriture d'avance vu la ou j'en suis ça serait plutot chouette.
me voilà à me rouler dans la terre pour me saisir d'une belle courge jaune que je fourre dans mon duvet. il n'y a qu'a rouler dans le sens inverse direction le reste de mes affaires.
mefait acompli ! je valide. maintenant il faut trouver l'endroit pour le feu.
je trace à la frontale en emportant mon butin peniblement. je dois sortir de ce pueblo.
devant une chapelle je trouve un cigare. mais quelle perfection !
bon ne nous attardons pas. il faut trouver le coin sans chiens qui gueulent et sans bruit humain. c'est faisab'.
y caille un peu.
à droite. super. petite foret avec bois craquant. je me fourre dans mon duvet et commence à me mijoter ce qui sera imprimé dans ma memoire comme la meilleure recette de tous les temps epoque des ninjas inclue. la recette je vous la donne parce que ça me fait plaisir.
courge, semoule, vache qui rit. le tout bien remué en touillade et un bon cigare là-dessus mon ami tu risques pas d'oublier. semi- dodo à alimenter le feu.

JOUR25
tout va mieux!
camino qui dechire nouvelle cagoule, blanche celle-là, boule de pain delicieuse et baignade dans le rio ! sous un pont je fais secher mes graines de courge tant bien que mal et après la pause c'est parti pour le finish ! merde j'ai oublié ma cruz dans l'eglise à Cacabelos. j'y retourne mais c'est fermé. tampis. il me reste l'epée. evidement j'y vois là un signe. egarement de la croix et deviation karmique vers l'epée quoi. un truc comme ça. enfin celui qui aura joué au jeu sur ordinateur qu'on apelle skyrim comprendra ça c'est des histoires de guildes tout ça. bon je serais plus chez les lames moi ducoup. petits fricotages avec la guilde des voleurs, bon.
après midi
la perfection ! humeur enjouée envie de courrir, paysage à te couper les berles, montagnes, montagnes ! attention Villafranca de bierzo c'est pas de la merde. y a un chateau assez imposant. deux kilometres avant une maison avec trois pins autour quoi date de l'epoque ou y avait que cette maison et rien autour. c'est magnifique. je fais des ronds en l'air avec mon epée. de contentement. je dysjoncte. une meuf cool me donne une clope au bar à pinpins. super cool. fumer c'est mauvais mais c'est bon.
le soir.
je crois que j'ai largement peté mes quarante kilometres aujourd'hui. j'ai tourné à droite dans un champ. j'ai deux longs megots à rerouler pour fumer et il me tarde le duvet.

chapitre URSINA
semoule à la courge et à la vaca que ri..
feu qui faiblit. je m'endors.
j'entends des pas dans les feuilles.des pas lourds et reguliers
sauf que ça peut pas etre un homme ici dans les bois
putain je me redresse et en une fraction de seconde je realise ce à quoi je m'etais preparé par jeu tous les soirs, à savoir degainer et brandir mon epée. ça grogne.
ç'est pas un sanglier on dirait un ours. de la main droite je mets bien vite des feuilles craquantes pour que le feu reprenne il reprend. je vois deux yeux briller et le machin me grogne dessus. putain. j'ai gardé les jambes dans mon duvet et j'agite mon epée et je tape le sol avec en lui gueulant dessus . ça marche pas. ça ressemble quand meme vachement à un ours. en fait c'est parce que c'est un ours ! putain
un temps indefini s'ecoule avant qu'il ne se casse en grognant
ey ey URSINA ! l'epée qui vincquit naguère l'ours dans les montagnes de Trabadejos!
ça pulse! j'ai su qu'il avait laché l'affaire (ce petit con en voulait à ma courge je presume )
quand j'ai entendu des biches aboyer dans la valée à coté. là mon coco tu savais pas que t'allais tomber sur URSINA hein? que ça te serve de leçon winnie

JOUR 26
village O Cerbero magnifique. on dirait un village gaulois. ça tranche vraiment avec cette espagne du pueblo et de son infaible fuente. ici c'est comme en bretagne. et pis tas les toits en ardoises là, ou meme desfois c'est vraiment encore de huttes. dingue. ça sent le celte.
bon j'ai mangé deux kils de noisettes ça va aller j'arrette avec les noisettes. voyez vous lorsqu'on a faim et que la pénurie menace on a tendance à dijoncter dès qu'il y a de la bouffe gratos. on va se calmer là sinon demain je vais encore faire une bouse mousseuse de cette couleur clairette qui n'indique riende bon.
arrivé au sommet je trouve un grand drap dans une poubelle ce qui me fera un apoint de duvet formidable. oulà le vent se lève, voilà les grains au loin !
la tempete meme. je dois vite redescendre cette montagne je cherche la suite de mon itineraire sur le tas comme toujours il n'y a qu'a suivre les fleches jaunes et on est bon.
je sors le poncho de pluie et en route. mes tongs sont nazes, donc pied nus. les gravillons
me niquent les pieds.

JOUR 27
C'est très etrange cette brume. comme vous le savez je suis parti sans montre.
je regarde pour ça la posture du soleil. avec la lune j'ai plus de mal parce que ça evolue plus vite et d'une façon que je ne comprends toujours pas. aujourd'hui de soleil il n'y a point.
c'est destabilisant . certaines personnes pensent qu'il est difficile d'exprimer ce qu'est le blues. moi je pense la meme chose de cette brume.
jamais je ne me suis trouvé dans un brouillard pareil. jamais. pourtant la gironde....
je vise st xill. je n'ai plus de chaussures 5 euros en poches, reste 113 km et bon j'ai Ursina avec moi.
Ursina c'est la foi, la main qui tranche, la tete qui decide. il me faudrait la recharger en gemmes spirituelle que j'en serait pas mécontent. enfin c'est une belle epée y a pas à redire.
encore mon signe de la maternelle sur une fontaine en forme de coquille.
J.B Kim ! et vouais je me fais un pote coréen. fallait bien que ça arrive.
le gars est super cool et il connait skyrim. un chic type! alors on rigole grave dans la brume
lui avec son baton magique , moi avec mon epée. nos niveaux respectifs en anglais s'equilibrent et donc on vise Sarria. Un peu plus qu'un pueblo ouais ; una cuidad. vous me l'hotez de la bouche. J.B Kim me l'annonce, il est 14 H 30. il me repete "big fire big fire"
là je le prends pour un con. je me dis tiens ce mec est coreen et donc pour lui ça c'est "big fire" je lui dis non man "fog, fog " ok. il a ptet raison mais enfin en plus y a de la brume ç'est sur ça. à ce moment je ne fais pas le lien avec cet enorme carré orange dans la nuit pendant ma descente de la cruz de fierro avant poncerrada.
bon moi et mon pote J.B Kim on se separe à Sarria. lui regagne une auberge, moi je pars trouver un buisson avec du pain queques noix et deux bananes offertes par ce chic type.
les tchongs ont l'air de robots de loin ils sont insaisissables mais une fois percée cette premiere bulle ils sont etonament chaleureux. les tchongs sont le peuple de l'air n'est-ce pas?

JOUR 28
oh la nuit de merde hier. deja je fume des megots ramassés par terre et reroulés apres sechage au fond d'une casserolle selon une très ancienne technique ninja. c'est un excercice pour aprendre à ne pas se mettre en colère. ça se pratique sous la pluie, avec une envie de fumer terrible. il pleut terrible là. impossible de dormir là. il faut tracer.
je trace. poum au milieu de la nuit je trouve une paire de groles à ma taille, et surtout une sorte de grange ouverte avec un tracteur. je me cale bien dans la paille. je suis trempé. le duvet ça va encore. je m'endors pas vraiment je veille en remuant jusqu'au matin. le tout petit matin.
bon il me faut un colacao. on y va pour 1.50 euros.
je rencontre deux superbes créatures : phoenix et sufi.
elle tripent grave sur mon epée alors je me prete au jeu je les laisse jouer avec dans le bar.
l'une semble comprendre ma situation elle insiste pour me payer une sorte de sandwich au thon. bah à la fin je dis oui et me propose comme chevalier garant de leur vie pour une journée sur ce foutu camino. elles pouffent entre elles. on dirait qu'elles m'adorent dis donc. je sais ce que vous vous dites, j'ai trop insulté les tchongs pour en dire du bien maintenant. et bé justement c'etait pour le plaisir de les insulter et rien d'autre. et pis là c'est des meufs ça n'a rien à voir.
bon mais elles sont super lentes les deux. j'ai plus d'affinités avec Phoenix il me semble mais les deux sont super mignonnes. j'ai quand meme reussi à leur faire des bisous aux deux. et j'étais vachement fier de mon tour de passe passe.
bon mais le soir tombe la pluie menace, je dois filer.
je leur dis adieu. juste avant de commencer à me detourner de ma quete et faire de trucs cons de ragasseur qui pourraient entacher toute ma demarche de depart.
je file comme le vent avec mes nouvelles ballerines garanties sans ampoules .
le soir :
quelques miliers d'années en arrière à Castromayor chez nos ancetres les celtes
des ptits tarbas s'etaient fait un petit village trop cosy avec des petites pierres plates empilées. nulle doute que là dessus il y avait du bois et tout un travail, des remparts j'imagine. bon mais avec ces putains d'ours y vaudrait mieux.
bon mais c'est pas là que je dors je continue dans la nuit.
je dors sous un arbre plusieurs fois centenaire qui se trouve sur le camino. il est entouré d'un cercle de beton. il pleut copieux. mais comme l'arbre penche c'est gagné je peux dormir 4 heures. et puis j'ai volé la clope d'un mort sur une tombe du camino.
je me dis bon c'est pas super chretien de faire ça mais moi j'occille un peu. je tire des bords, je suis un peu coquillard à mes heures. je vole sur une stele une petite vierge marie de cuivre. surrement le pire mefait de cette aventure et je me conforte en me disant que ce n'est que du materiel que la vierge marie, s'en cogne lourdement. je n'en sais rien la verité c'est que j'ai sucombé à l'avidité. bon bon. balle balle. dirait un espagnol. dodo.

JOUR 29
plus d'argent. dernier colacao.
je me rechauffe les mains autour et je slurpe lentement.
je suis dans un etat pitoyable. deja je pue la fumée de feu de camp. j'ai une croutte qui a saigné à l'oreille cette nuit je suis crouteux de sang noir. je regarde les infos du matin dans le coin de la piece. ça balance en boucle "cuatros incendios simultaneos en galicia." ah tiens oui. voilà pourquoi tout le monde se promene avec un foulard sur le nez et pourquoi il fait nuit depuis deux jours. J.B Kim avait bel et bien raison "big fire! big fire!" y a des morts et tout c'est la cohue. on a pas du passer loin je pense.
quatre incendies ça te rapelle rien ami lecteur conspirationiste ?
les quatre cavaliers de l'apocalypse bro. et oui arrette c'est exactement pour ça que tu lis cette histoire. pour lire ce genre de conneries avoue. si t'es pas content y en a encore à suivre.

JOUR 30 panique dans le champ des étoile

"et si la vie est un reve, prends garde au reveil"

il pleut par averses inegales et furieuses, il y a du vent, ça pele. j'ai faim. plus d'argent meme pas pour entrer dans un café. je ramasse des megots trempés pour plus tard. je regarde dans les poubelles. enfin j'avais deja commencé mais là c'est plus le tour de chauffe il faut trouver de la bouffe pour marcher et marcher pour trouver de la bouffe.
mais c'est quand santiago bordel. si au moins il faisait beau ça serait creme je serais presque d'aplomb. j'en ai plein le cul. là ouais. j'ai un préssentiment. j'ai peur de ne pas trouver ce que je cherche quoi que ce soit. me voilà devant une materialité con. ce n'est que du bitume, une cathedrale à la con, et puis il pleut. c'est tout. à ce moment et sur le point de toucher au but je ne vois rien venir. je suis juste là avec mon sac. j'oublie completement le moyen age et tout le reste. cette pluie comme derniere epreuve viens de tuer mon imagination. je suis fatigué c'est officiel. je rale à voix haute pour la premiere fois de tout ce periple. j'ai mal partout serieux. allez. hop hop hop hop on avance. enfin santiago de la vuvutzela de mes deux enculé.
victoire.
hop hop hop pas si vite c'est quoi cette merde. ok c'est comme à st jean pied de port mais multiplié. de la mendicité partout des touristes partout , l'orgie.
le type de la secu me dit que pour entrer dans la cathedrale il faut laisser son sac dans une consigne en face de la rue mais j'ai pas les sous....
YOU LOOSE JOSA
j'avais pas prevu ça. ok à la guerre comme à la guerre me voilà à prier pour antonio et tout ce que que veux d'autre avec la petite croix que j'ai en ma possession. de toutes mes forces. mais pas DANS la cathedrale mais A COTE de la cathedrale et là vraiment j'ai un petit doute.
ensuite je suis completement perdu. je ne sais plus quoi faire. il reste peut etre 50 km pour Muxia ou ptet 80 ou bien plus je ne sais pas. je prends peur. c'est comme si je me reveillais d'une fievre. "mais qu'est-ce que je fous ici ?" est la seule question qui clignotte en rouge dans ma tete. et cet antimoine là. je vais jamais en trouver ! et faire un feu au bout ça m'etonerait qu'il y ai des candidats. on est niqué je crois.
dans une poubelle je trouve une bouteille d'alcool de thym on dirait. il en reste un bon fond.
Je bois tout c'est bien bon un bon alcool fort quand il pleut trop. je marche au hazard completement trempé. que faire. personne ne connait la direction de la mer et puis pourquoi faire on voit pas à deux metres !
Bon bé je me casse d'ici !
Direction andernos je dois retrouver ma lapine !
Madame Riebiednskaia !

LE CHEMIN DU RETOUR

Le hazard ne fait pas toujours bien les choses.
Me voilà dans une zone industrielle degueulasse avec mon parapluie qui se retourne et à ramasser des pommes autour d'un abri bus. J'ai deja compris à ce moment de l'histoire que le retour facile en stop en 36 heures etait pure fantasme. Ca ne se passera pas comme ça c'est certain.
Je finis par escalader une grille de cimetierre et m'allonger dans un corbillard ouvert et ouais la porte etait ouverte. Dingu

Posté à 17h59 le 20 nov. 17

Édité à 16h55 le 21 août 25 par Rickways

Avatar

Joshua Dubernet

Posts: 153

Membre

. Dingue. Je souleve pas le couvercle de la boite non
Mais comme je redoute un gardien de nuit je ne peux pas m'endormir...Donc paquetage et me revoilà sous la pluie. S'en suit une errance de niches en niches jusqu'au matin. Epuisé.
A Coruna moi je croyais que c'etait une region. En fait c'est une ville. Et c'est là que je vais.
Il me semble que une fois la cote nord ateinte je me serai raproché de chez moi.
Je marche toute la journée sous la pluie. J'ai envie de pleurer. J'ai envie d'etre chez moi.
de fumer mon herbe devant internet tranquille. Je regrette pas mais j'ai peur.

JOUR 1
Je trouve des oranges sur la route. J'en devore pleins y a des mandarines aussi. Elles ont dut tomber d'un camion. Je m'alourdi donc de deux kilos au moins mais ce bon sucre me sauve la vie. Une voiture s'arrette enfin. Malheureusement je ne fais que 10 km enfin c'est ça de pris. J'en reviens pas. le type est tellement classe qu'il me donne 3 euros à peu près et parvient à m'indiquer un bus qui va à A Coruna. Je prends le bus. "La espada es prohibido!" Ah ok je la met dans la soute "No problemo". Je grimpe. Je voudrais etre toute la vie dans ce bus bien au chaud. Au sec. Je m'endors un peu. Je savoure chaque seconde dans ce bus et essaye de ne pas penser à la suite.

A CORUNA
Putain du bleu ! Les nuages fondent on dirait. Je me retourne et je vois clairement le front de gris derriere moi ; au sud donc. Tout semble s'arranger. C'est hyper beau A Coruna ! D'un coup il fait chaud. J'ai un megot de clope à peine entamé une baguette de pain à 38 centimes (les restes du bus) et je vais me baigner. C'est tellement rageant. Ici il fait beau.
Y a plus qu'a derouler la cote vers l'est direction le camino primitivo.

JOUR 2
Confiscation de mon epée Ursina par la police locale qui me donne un chorizo et des madeleines artisanales en echange voyant mon etat de fatigue. Super cool merci.
Je peux soit disant recuperer l'epée par courrier j'ai l'adresse on verra.
Je trouve des spaghettis dans un tuperware tout neufs pas touchés et je bouffe tout avec les doigts. Je manque m'etouffer. Je rote. Et oui juste avant j'ai mangé la moitié de mon chorizo et de mes madeleines. Je vise oviedo à 230 km. Ca me demoralise complètement.Envie d'etre chez moi. J'ai froid. Je regarde les nuages avec crainte.
Je joue avec ma vie là je le sens.
J'ai fai du stop et je me retrouve à lugo. Je voulais resquiller le train mais le train part vers ferrol uniquement. Aie aie aie je retourne pas en arriere ça non pas question apres tout ce que je viens de marcher. J'ai faim. Je trouve un blouson en cuir dans une poubelle.
Cadeau pour cette nuit qui s'annonce merdique. Je marche direction oviedo ou ribadeo j'ai pas bien capté.
Dodo atroce sous la pluie dans un champ.

JOUR 3
Quel periple !
Un type me prends finalement en stop pour 20 km et me lache 10 euros! Une journée de gagnée! Il me dit qu'il y a une gare à Vegadeo c'est donc pas Ribadeo. Enfin je crois. Que cette gare pourrait m'enmener vers Giron et donc Santander ect ect. Il me dit que c'est à 24 km. Muchas gracias ! J'ai dejà marché 16 km ce matin, ce petit coup de stop, et bien me revoilà en route.
Je trouve des pommes sur la route. elles sont très bonnes.
Feu de camp à Villa de los abres, reste 18 km pour Ribadeo. et non pas Vegadeo .
Et bien je peux vous dire que ces spaghettis je les aurais pas trimballées pour rien
sur des centaines de kilometres. Je viens de trouver huit petits sachets de ketchup. Bah ce regal et au dessert des pommes au feu. Je me casse le ventre. J'ai des clopes que j'ai acheté dans un café en descendant la montagne. Et oui. Les clopes sont indispensables au soldat aussi bien que la nourriture je sais c'est dingue mais j'ai acheté des clopes. "on verra si tu le regrette, et quand Jos". Dodo.

JOUR 4
avant Ribadeo y a la gare de Vegadeo. qui ne se situe pas dans Vegadeo.
la gare est tellement pourrie que c'est impossible selon moi. ce machin peut pas etre en service. Ah putain je vois la mer là-bas ! Je fonce le long de la voie ferrée direction Ribadeo y a 9 km je crois c'est rien surtout que j'en apercois les premiers contours.
Je manque me buter dans une pente, et me demandez pas comment je me retrouve dans une pente. Bataille dans les ronces et me revoilà sur les rails.
Les films ne mentent pas . En effet c'est quand je suis dans le tunnel bien au milieu que voilà le train qui klaxonne. Putain je cours. "Y a donc un train j'hallucine" Je m'accroche à des cailloux. Je me crispe. Je me prepare à l'aspiration. En fait non le train arrive relativement pepère. Bon mais dans le tunnel j'étais cuit par contre.
Arrivé à Ribadeo.
J'ai trois options
1 / rentre à pied en mangeant des pommes par le camino primitivo.
2/ prendre le train sans payer direction Oviedo en croisant les doigts.
3/ utiliser le telephone de la police locale pour obtenir un mandat cash de ma maman.

ma mère et moi avons conclu qu'il etait possible que cela arrive que je telephone pour cela en cas de gros soucis. j'opte pour ça.
Que dire. La police locale m'arrange le coup. Le gars me dit qu'il peut m'heberger jusqu'au lendemain, moi je prefere la plage mais enfin en route. Le type habite au bord de la plage et me sort un wave-ski ! Moi je vais donc body surfer et ce soir je dors dans un lit ! En fait c'est son chalet familial il repasse me choper le lendemain matin à l'embauche pour que je recoive les sous de ma mère.
Je prie pour que ça marche.

JOUR 5
Merci maman. Merci la police locale de Ribadeo. Merci Enrique.
Je me jette sur un paquet de clopes et sur des cafés con leche grande con croissant et sans retenue. Je m'achete des chaussures.
Je chope le train Ribadeo -Santander
A Santander il fait 18 degres. Je sais pas pourquoi. A Santiago il faisait 9 degres.
J'ai encore plus de 300 euros en poche. Je suis bourré à la bière.
Seul, parfait. Les étoiles. Santander es una mierda magnifica
Cette ville est magnifique, et dangereuse. L'extrapolation de toute chose
Ici on vend des fruits, là des jambon ; c'est grand, c'est confus, ça palpite comme un coeur.
Avec ses sirenes de flics, ses putes, ses livreurs, sans doute bien plus incroyable que la californie. Une nuit d'hotel economisée, demain je m'achete une figurine de coelacanthe (un poisson prehistorique). Je dors dans des buissons au milieu de la ville. Personne ne me voit.

JOUR 6
Toujours à Santander. J'attends le train pour Bilbao. Je mange tout ce qui est graisseux et puis café con leche. Un vrai ninja mange des proteines. Je me languis de la brume girondine et de madame ribiednskaia ma lapine amour. Envie d'internet et de fumer ma ganja.
Envie de peindre et de surfer. Peut etre la boxe.
Ah au fait c'est bon j'ai mon coelacanthe.

18 h : arrivé à Bilbao.
Comme à santander c'est le bordel.
Sauf qu'en plus on comprend plus rien vu que c'est chez les basques.
De droles de zozos qu'il y a par ici. Il y a tout à Bilbao. Ca s'enfume mechant à la verdure dans une ambiance libertaire. Y a pirate des caraibes avec ses ecarteurs dans les oreilles.
J'y reviens dès que possible pour la fiesta.

La nuit : arrivé à San Sebastian.
Cinq verres de vin. Merci pour le joint juste après que j'aie vomi monsieur le mec louche
Changement de bivoic quand meme trop louche ce type.
Pas un mot le gars.
Plage qui tourne manège luminescent.
Croisants gratuits offerts par le barman.
Dodo vomi plage. Je me regale.

JOUR 7
Ce matin je sens le vomi.
Donc baignade dans la mer. lavement. rinçage de bouche.
euskotrain pour Hendaye. la france enfin.
L'espagne est chouette mais j'ai envie d'etre rentré pour ce soir.
Grosse gueule de bois. Arrivé à Hendaye je prends le train pour facture.
De facture je decide de finir avec panache en me faisant facture - andernos à pied.
Me voilà rentré. je fais 62 kg.
Ma maman a fait du gateau.


epilogue


Y luego, encontinente,
Caló el chapeo, requirió la espada,
miró al soslayo, fuese, y no hubo nada
Et après, incontinent,
Il enfonça son chapeau, toucha son épée,
Regarda de travers, partit, et il ne se passa rien.
cervantes


Bon et bien c'est comme ça.
Je suis dans ma couette bien au chaud.
Retrouvons la personne que j'etais avant de prendre le chemin
Ca ne devrait pas prendre plus de deux ou trois minutes.
Il n'y a qu'a proceder par elimination.
On peut charger les certitudes ça n'est certainement pas mentir.
Et laisser les zones d'ombres se noircir encore davantage.
Pas pu rentrer dans la cathedrale je ne suis pas le king des kings des pelerins
ça la fout mal au niveau du protocole pauvre antonio qui m'avait fait confiance.
Pas d'antimoine dans ma besace echec numéro 2
Les graines ont pris l'eau donc foutu pour les courges d'espagne putain.
Parler un espagnol convenable echec lamentable.
Ramener l'epée qui devait devenir celle de la famille / you loose
Bon et pis maintenant c'est comme ça. force est de constater
Je ne suis pas un prophète ça non, je ne pense pas etre un enorme chevalier templier, je ne suis pas un grand alchimiste, ni meme professeur d'espagnol,
si ça se trouve meme, je ne serai jamais un ninja
Mais je me dis cette chose : je suis moi, tout simplement.
Et peut etre que je me trompe
Mais pour le temps qu'il me reste à vivre
Ca m'ira.

J.Dubernet


Posté à 18h02 le 20 nov. 17

Il faut être inscrit et connecté pour répondre à un topic.