L’errance vous guide poètes inconsolés
prenez le fil-à-couper-le-temps
longez les plages ardentes
vos souvenirs sont plus beaux que des rêves
tu vois, la route est longue prends sous ton aile les derniers rayons de lune
foyer d’ivresse
un jour tu m’as dit qu’elle ne finirait pas
car voici l’orage et sa couleur abjecte
le vernis de la mer sèche déjà et je n’ai pas encore tout dit
dis-le pour moi l’errance tout par l’errance
ta beauté de chatte inquiète fait éclater la terre
mais qui court sur cette route où les ombres ont passé
si fier des portes qui se referment sur les écluses
que même à l’horizon les dunes assoupies
ne resteront pas vides non plus ne resteront pas seules
je passerai la route j’écarterai toutes les branches je laisserai mes traces
mon cœur sera sans pitié j’immolerai tous les cœurs même le tien
on ne chantera plus au banquet des Sirènes
pauvres amis sans voix rien que des pierres brunes
et leur beauté depuis longtemps admise
je prendrai ce diamant et je le briserai avec l’épée qui a déjà taillé ma part de solitude
elle brillera comme à l'avènement d'un roi
mais devant moi
la route n’en finit pas
tu es loin je ne sens plus ton corps
le sang du soir abreuve ton ombre tout là-bas près du ciel
Posté à 16h25 le 24 mai 17