D'ac avec Ann, ne pas se restreindre à l'aspect lui/elle. La notion d'amour est extrêmement riche et complexe, elle renvoie à celles d'attachement et d'appartenance, et on retombe sur le paradigme socio-organisateur biblique : la maison, la lignée, l'héritage, le sacrifice, le père fondateur et protecteur, la mère nourricière, la femme tentatrice qui ouvre à l'extérieur, le bannissement, la trahison, la jalousie, les rivalités, le respect, tout cela qui dépasse et inclut la simple émulsion de deux tourtereaux, et qui est déjà traité dans toute notre littérature, je dirais méditerranéo-européenne, génialement concentrée dans le mythe de Tristan & Yseult. Il y a tout dans ce récit court, simple et dense, tout ce que nous pouvons écrire s'y trouve, il suffit d'y rajouter l'argent à partir de Manon Lescaut et de Moll Flanders, suivis du magnifique La dame aux camélias, qui initient ce que nous appellerons plus tard, et qui n'est pas originellement américain, le roman noir, et la boucle est bouclée.
Ce n'est donc pas seulement l'opposition manichéenne et simpliste (on vit dans un monde idiotcratique) des deux faces de la même médaille dont il s'agit, mais tout à la fois de ce qui les lie et de ce qui les comprend, le lien et la matrice. A vouloir les séparer, on les recrée, c'est bien connu.
Faisons confiance à la synthèse et l'analyse de chacun, à leur résonance émotionnelle et à leur sensibilité de perception. Tout cela aussi est inextricable, sous peine de ne pas exister. C'est bien connu en bio : séparer détruit. La matière de la médaille lie ses faces opposées.
Ce message a été édité - le 25-07-2020 à 17:22 par Jim