Je ne sais pas si je suis dans le ton, mais voilà toujours un rondeau que j’expédiai un jour à mon frère en réponse à ses insinuations déplacées (on remarquera notamment les rimes approximatives) :
Rondeau
adressé à mon frère,
lequel, s’étant lâchement plaint à nos parents communs
du peu de courrier à lui par moi envoyé,
ferait mieux d’ôter de son œil le baobab qui l’obstrue
au lieu de s’évertuer à retirer du mien
la graminée qui a pu s’y égarer. (1)
Vous eûtes tort, mon frère tort vous eûtes
(Et le tort tue, vous l’avez dit, bouffi)
D’entretenir nos parents déconfits
Du peneu neuf que de moi vous reçûtes
— Je veux dire du peu de neuf, je rectifie.
Si donc des vœux meilleurs que je vous fis
Pour l’an nouveau, si vous en fîtes fi
— En d’autres mots, si faire fi d’eux pûtes —
Vous eûtes tort.
Et si, n’ayant tiré aucun profit
De mes topoï et mes anacoluthes,
Sans réfléchir, sottement vous conclûtes,
Je vous redis avec philosophie
(Bien que brûlant de vous répondre zute) :
Vous eûtes tort.
(1) – Qu'est-ce que c'est que ça, s'il vous plaît? – C’est le titre.
(Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac)