Petit dictionnaire de poétique

Par : Laugierandre
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Laugierandre

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Bonjour Pierre,

Il y aura eu au moins un effet positif pour certains. Aux personnes nées dans les années 1970 qui pensaient que 2020 était l'année de leur cinquantaine, bonne nouvelle : 2020 c'est l'année de la quarantaine !

🤣 🤣
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Laugierandre

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L'ODE

L'Ode est à l'origine un poème "chanté". En Grec, ce mot signifie "chant". Elle était accompagnée d'instruments, à la différence de "l'élégie".

On retrouve deux modèles :

- "L'ode pindarique" (ou homérique), des noms de PINDARE et d'HOMÈRE, chantée par un chœur qui se déplaçait sur la scène en interprétant trois groupements de vers appelés "strophe", "antistrophe" et "épode".

- "L'ode anacréontique" (du poète ANACRON) était plus simple : elle était composée de strophes, toutes bâties sur la même structure.

"L'ode" a été théorisée en 1548 par Thomas SÉBILLET comme "poème divisé en strophes semblables par le nombre et la mesure des vers".

"L'ode pindarique" est composée de "triades" récurrentes, dont les trois éléments sont la "strophe", "l'antistrophe" sur le même schéma formel, puis "l'épode" de structure différente. C'est ainsi qu'André CHÉNIER a composé la dernière de son recueil d'Odes dont voici la première "triade" :

STROPHE PREMIÈRE

Ô mon esprit, au sein des cieux,
Loin de tes noirs chagrins une ardente allégresse
Te transporte au banquet des dieux,
Lorsque ta haine vengeresse,
Rallumée à l’aspect et du meurtre et du sang,
Ouvre de ton carquois l’inépuisable flanc.
De là vole aux méchants ta flèche redoutée,
D’un fiel vertueux humectée,
Qu’au défaut de la foudre, esclave du plus fort,
Sur tous ces pontifes du crime,
Par qui la France, aveugle et stupide victime,
Palpite et se débat contre une longue mort,
Lance ta fureur magnanime.

ANTISTROPHE PREMIÈRE

Tu crois, d’un éternel flambeau
Éclairant les forfaits d’une horde ennemie,
Défendre à la nuit du tombeau
D’ensevelir leur infamie.
Déjà tu penses voir, des bouts de l’univers,
Sur la foi de ma lyre, au nom de ces pervers,
Frémir l’horreur publique ; et d’honneur et de gloire
Fleurir ma tombe et ta mémoire ;
Comme autrefois tes Grecs accouraient à des jeux,
Quand l’amoureux fleuve d’Élide
Eut de traîtres punis vu triompher Alcide ;
Ou quand l’arc Pythien d’un reptile fougueux
Eut purgé les champs de Phocide.

ÉPODE PREMIÈRE

Vain espoir ! inutile soin !
Ramper est des humains l’ambition commune ;
C’est leur plaisir, c’est leur besoin.
Voir, fatigue leurs yeux ; juger, les importune ;
Ils laissent juger la fortune,
Qui fait juste celui qu’elle fait tout-puissant.
Ce n’est point la vertu, c’est la seule victoire
Qui donne et l’honneur et la gloire :
Teint du sang des vaincus tout glaive est innocent.


Exemple "d'Ode anacréontique" de RONSARD.

La forme est moins rigoureusement codifiée : de longueur variable, et elle est divisée en "strophes". Elle comporte cinq sizains hétérométriques, avec des vers de sept et de trois syllabes :

À UN AUBÉPIN

Bel aubépin, verdissant,
Fleurissant
Le long de ce beau rivage,
Tu es vêtu jusqu'au bas
Des longs bras
D'une lambruche sauvage.

Deux camps drillants de fourmis
Se sont mis
En garnison sous ta souche;
Et dans ton tronc mimangé,
Arrangé,
Les avettes ont leur couche.

Le gentil rossignolet
Nouvelet,
Avecque sa bien-aimée,
Pour ses amours alléger
Vient loger
Tous les ans en ta ramée.

Sur ta cime il fait son nid
Bien garni
De laine et de fine soie,
Où ses petits écloront,
Qui seront
De mes mains la douce proie.

Or vis, gentil aubépin,
Vis sans fin,
Vis sans que jamais tonnerre,
Ou la cognée, ou les vents,
Ou les temps
Te puissent ruer par terre.





Ce message a été édité - le 25-01-2021 à 12:51 par Laugierandre
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Jacques AADLOV - DEVERS

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L’ENTOURLOUPE

L’entourloupe – à ne pas confondre avec la classique « Plaisanterie, mauvais tour, destiné à prendre avantage sur quelqu'un. Faire, préparer une entourloupette (à qqn); pas d'entourloupes! d'entourloupette(s)! »

C’est une technique poétique ( !)… certes rarement usitée (pour des raisons bien évidentes) qui s’apparente à la satire, à l’épigramme, dont elle est essentiellement distincte par son caractère inattendu, au décours d’une création d’apparence classique.

Souvent placée sans vouloir à la fin de l’œuvre (autrement définie comme chute de fin, glissade, conclusion) et confondue de ce fait à la belle idée – surprise, que fait le poète avant les ovations (bien méritées !) qu’il attend en silence, la Vraie Entourloupe se place (par les experts en matière, au milieu, voir au début du poème).
Son sens subtil, hautement symbolique et ironique reste souvent caché à une lecture en diagonale.

C’est pourquoi faire, la "Vraie En tour loupe" c’est une technique rare, et sa découverte s’apparente à la trouvaille d’un diamant au bord d’un trottoir. Cette « rara avis » n’étant que… très rare et al chimiquement bien cachée sous une bienveillante indifférence, qu’on confond ( sic !) souvent à la simple comédie.

Pourtant, c’est une ancienne technique que les premiers chimistes employaient pour outrepasser la vigilante omniprésente de la sens sure…C’est donc une technique d’avenir à apprendre sans faute.
Pour donner la parole à l’exemple, qui dit toujours mieux que tout un discours…
La ou les entourloupes étant mises ici entre parenthèses… avec (leurs) explications didactiques.



Pastel sans allure


Et ce pastel n’a pas d’allure
Au rythme des nuances bleutées
Ses traits d’une lumière obscure
N’ont pas l’éclat (tel est visé) (= télévisé)

N’ont pas encor les ondes subtiles
La musique d’un fond sonore
Ce pastel aux mots fragiles
Voudrait renaître du décor

Plus vif, plus clair, même plus sombre
D’une éclatante vérité
Rêve de lumière dans la pénombre
(Du consensus : olé olé) (= comme le biberon au lait)

O mon pastel n’a pas d’alluré
Vous l’auriez sûrement remarqué
D’un novo monde un peu obscure :
(Zombilo’pathe cov’lévisé) (=… Zombi à pattes …co…vide)

Réclamant à grande allure
(La chaîne « on line total télé » ) (= celle pour accrocher l’âne à un poteau)
O mon pastel n’a pas d’alluré
Le vol d’un rêve, soit en peinture

(Un point… d’un bleu illimité !) (= dans un point défini comme la plus élémentaire, étroite, unité de l’espace, rien n’est illimité, en dehors de sa couleur…)

Et voilà, trêve de plaisanterie, l’entourloupe poïétique - pour d’autres exemples je vous recommande l’œuvre inter minable d’un certain Jacques, dont la présentation (n’est) plus que jamais… nécessaire !
Allez, vous pouvez éteindre vos ordinateurs et reprendre une activité (q’on) appelle de nos jour télé normale.


😊








Ce message a été édité - le 26-01-2021 à 16:18 par Attention
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Laugierandre

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LA PÉRIPHRASE

On appelle périphrase une désignation par circonlocution. Ce mot provient du grec "peri", qui signifie "autour" et "phrasis", qui veut dire "expression". Elle consiste à donner, au lieu du nom seul, un syntagme descriptif, parfois imagé, parfois sous forme d'énigme.

Exemples : "L'oiseau de Jupiter" remplacera "aigle". La "colombe" devient "L'oiseau de Vénus".

Ainsi, les "Précieux" employaient force périphrases dans leurs conversations : "Les commodités de la conversation" pour "les fauteuils", ou encore "Le conseiller des grâces" pour le "miroir".

En poésie, la périphrase est souvent métaphorique.

Certaines périphrases de l'époque étaient si réussies qu'elles sont devenues des clichés ; ainsi les yeux transformés en "miroirs de l'âme". D'autres sont restés dans la langue courante : rire, c'est toujours "perdre son sérieux".

Les écrivains classiques combattaient la périphrase dans ses exagérations, mais ils savaient l'utiliser dans le style noble. Tout était question de mesure.

Quelques exemples célèbres :

- Il y a des endroits où il faut appeler Paris Paris, et d'autres où il faut l'appeler "capitale du royaume".

Blaise PASCAL (Pensées). 1670.


La périphrase n'est pas propre à la poésie, mais celle-ci l'utilise souvent. Ainsi cette périphrase de Dieu :

- Celui qui met un frein à la fureur des flots,
Sait aussi des méchants arrêter les complots.

Jean RACINE. (Athalie). 1691.


On pourrait multiplier les exemples tirés de poèmes fameux du XVIIIème siècle. Mais ce style fleurissait encore au XIXème siècle. Entre autres actions d'éclats vis-à-vis du vocabulaire, Victor HUGO se flatta d'en avoir fini avec la périphrase en ce quatrain suivant :

Réponse à un acte d'accusation.

- J'ai fait plus : j'ai brisé tous les carcans de fer
Qui liaient le mot peuple, et tiré de l'enfer
Tous les vieux mots damnés, légions sépulcrales ;
J'ai de la périphrase écrasé les spirales.
...

Victor HUGO (Les contemplations). 1856.


Certes. Mais la périphrase à la vie dure. Elle n'en disparut pas pour autant, et malgré ses affirmations on la trouve un peu de partout dans les poèmes de Victor HUGO.

Pères fouetteurs du siècle (Les Jésuites)

Victor HUGO (Les Châtiments) 1853)


L'aigle baissait la tête (La débâcle)

id.

Nain immonde (Napoléon III)

id.

Ces femmes qu'on envoie aux lointaines bastilles (Déportées).

id.


Il est difficile de distinguer la périphrase, l'image, la métaphore :


- Les fusils mangent à leur faim.,

employé par Alain BOSQUET dans "Sonnets pour une fin de siècle", peut être considéré comme une périphrase pour "les massacres" - mais le poète n'écrit pas en substituant la périphrase au mot plat : il pense, il sent, il voit, il écrit directement en "images" sans l'étape intermédiaire que nous rétablissons arbitrairement ici, mais dont nous n'avons pas besoin pour recevoir le poème.

Malgré sa mauvaise réputation, le poète ne peut se priver entièrement de cette figure de style. Ce serait écrire une poésie plate, sans images, insupportable au lecteur.

N'est-il pas agréable et charmant à l'oreille que cette évocation de Paul VALÉRY qui, pour exprimer le visage, écrit :

- Le doux masque

dans "La dormeuse. Charmes" en 1922.

Ou encore cette merveilleuse (métaphore) :

- Mes outils d'artisan (Les mots)

de Jean TARDIEU dans "Outils posés sur une table. Formerie." 1976.

Terminons par cette belle périphrase, que je vous laisse le choix de nommer encore image ou métaphore, de Claude ROY :

- Le sable fabuleux des mondes solitaires (Les constellations) 1970.

ANDRÉ
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Jacques AADLOV - DEVERS

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Bonjour et Merci André !
Je ne savais pas que pour chacune de mes âneries il y avait un nom scientifique !
L’entourloupe serait-elle un cas particulier de la PERIPHRASE ?
Comme quoi, on apprends toujours mieux en « perdant son sérieux »…
En regardant les ondes que font les cailloux jetés au fond des puits…
Avec ma plus grande admiration et un grand plaisir de lire la suite

P.S.
Bien sûr, pour les faire ressortir, il ne faut pas compter sur moi…(les cailloux)

🤣 👋
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Laugierandre

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Bonsoir JACQUES,

J'avais mis en "sommeil" ce topic ayant constaté que tout ce qui concerne les procédés et les règles de prosodie n'étaient pas trop en odeur de sainteté, sur le forum.

Je demeure néanmoins convaincu de l'utilité de ces rubriques, ne serait-ce que pour nous remettre en mémoire quelques repères bien commodes pour les débutants désireux de se perfectionner.

Avec le "DICTIONNAIRE" figurant également sur le forum, nous disposons d'outils assez complets sur les arcanes de la versification.

Je suis heureux que ce topic ait ton agrément, et, qu'à partir d'un article imaginé dans la bonne humeur de tes extrapolations drolatiques, tu puisses découvrir que même dans les effets les plus exubérants, on trouve presque toujours un parallèle avec une technique d'écriture qui n'en est pas très éloignée.

Je suis très touché par ta considération et par ton Amitié.

Bien agréable soirée à toi, JACQUES.

ANDRÉ

👋 👋 👋



Ce message a été édité - le 28-01-2021 à 19:24 par Laugierandre
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Jacques AADLOV - DEVERS

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L’ANTI POESIE POETIQUE ou l’APP concept introduit récemment par le même JAD, c’est une technique ancienne qui consiste à usiter de la sphère sémantique des mots et expressions « apoétiques » dans une supposée vraie poésie. Bien entendu, on s’accorde pour reconnaître à des mots de propriétés littéraires, poétiques, lyriques que personne ne saurait renier – fleur, nuages, étoile avec leurs adjectifs préférés sublimes, rêveur, étincelantes

A coté, on est aussi persuadés par l’induction de l’asymptote passée en intégrale de la racine carrée que pipi, caca, con, et des prépositions telles « mais, parce que, pré suivi du si conditionnel » et dents, des mots scientifiques et autres mots tels injures n’ont rient à faire dans une poésie. Et, à quelques exceptions prés, les poètes savent les éviter d’une juste sagesse.

Pourtant, si cette technique est appliquée à bon escient, le charme d’une poésie n’est que mieux révélée, par l’art du contraste, à condition d’en mettre la bonne dose (comme pour le sel et autres condiments).

Certes la satire, l’épigramme, et le pamphlet sont par définition libres de toute contrainte. Néanmoins, réaliser une vraie poésie en partant d’une phrase apoetique reste un savoir subtil qui s’apparente à l’alchimique du pleurire, qui fait pleurer et rire le joyeux compositeur ébahi de sa trouvaille.

« Mais, bée » – tentons l’impossible en partant d’une phrase apoétique interrogative affirmative trop souvent usitée : « - T’es con ?! » - bien sur vous l’auriez remarqué, qui laissée, abandonnée tel quel, cette abjection adjective qui réveille à l’instant le cerveau reptilien du lecteur surpris par cette agressivité « inopinantesque »

Pourtant, il suffit d’en rajouter un seul mot après… le sublime Jacques et se rendre compte qu’en effet le sujet et l’objet de cette auto- interrogation philosophique existentielle n’est autre que le comique, en personne… « T’es con, Jacques, me disais-je en regardant la brillante tête dans mon miroir »

Transformons cette allégation subjective en une petite poésie :

Jacques, Votre Eminence Grise
Dotée d’un si brillant esprit
Serait-elle ce matin exquise
Sublime et un peu endormie… ?

Un peu laissée à l’abandon
Tel un ancien grand lampadaire
Là, au milieu du grand salon
Atlas, vous souteniez la Terre !

Qu’est que se passe-t-il aujourd’hui
Il passe Haley sur sa commette ?
On dirait… ce n’est pas Vous, celui
Que le monde pense comique bébête ?

Il y un génie dans ton miroir ?!
Je me disais grand philosophe
Synchronisée, et chaque soir
Cette tête qui de là m’apostrophe

Imite un chimpanzé agars…
Dents se lavant en anastrophe


Bien sur, on peut remonter encor plus haut sur la corde lyrique.
Ou, le contraire, encor plus secret, la technique de la force brute – la descente en enfer au plus bas que terre de l’anti poésie pour mieux sauter ensuite vers le sublime…

Jacques !

T’es con ?! Non, t’es un imbécile
Une tête carrée, bougre, chieur
Regarde moi bien, bouge pas un cil
Ici, tout droit, non, pas ailleurs !

T’es con, c’est sur… tu t’crois un barde ?
Cette Larme qui tombe n’est pas à toi ?!
Pourtant je t’avais mis en garde
Lorsque tu parles au Seigneur

La Poésie parfois elle blesse
L’Ame trop tendre de rêveurs…


Vous l’auriez remarqués, c’est le contexte qui change la musique…tel une cornemuse ou une corne de chasse au milieu d’une symphonie… Elle annonce la surprise, elle réveille les endormis, elle chagrine les puristes, mais elle ne passe pas inaperçue ! Le reste c’est une histoire de mots, justes, au hasard d’une poésie

« Avec tous ces beaux mots souvent mis au hasard
Je pourois aisément, sans génie et sans art
Et transposant cent fois le nom et le verbe
Dans mes vers recousus mettre en pièces Malherbe
Mais mon esprit tremblant sur le choix de ses mots
N’en dira jamais un, s’il ne tombe à propos » - Les Satires de Boileau

Et pour en conclure si de tels mots peuvent encor toucher l’esprit phone mobile de nos contemporains, alors pourquoi s’en priver…

« Le secret est d’abord de plaire et de toucher :
Inventez des ressorts qui puissent m’attacher »
Nicolas Boileau, L’art poétique, Chant III
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Merci André, la balle est (re)lancée…

🤣 👋 😊




Ce message a été édité - le 15-12-2022 à 15:36 par Attention
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Laugierandre

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Et j’attrape la balle au bond pour te remercier sur cet article qui peut intéresser les adeptes de cette forme parallèle de la poésie conventionnelle.

Comment dresser une table des "critères" de l'esprit antipoétique ?

- On peut considérer qu’il s’agirait d’une liste des manières de traiter un poème, de le juger et d'en parler, constituant un déploiement de manœuvres directement opposées aux efforts du poète. Transportées dans l'enseignement où elles sont de règle, ces opérations vaines et barbares tendent à ruiner dès l'enfance le sens poétique... affirmait Paul VALÉRY.

S’il fallait définir l’APP, je pense qu’on pourrait dire qu’elle s’apparente un peu à lire des poèmes en équilibre sur les mains, iconoclastes, ironiques, malicieux, provocants, voire renversants, puisqu’il s’agit de l'intégration d'une nouvelle "phraséologie" et de "stéréotypes prosaïques" faisant partie de surprenantes juxtapositions ou de montages.

L’antipoésie est puisée dans le langage quotidien, autrement dit le langage utilitaire, directement en opposition avec le langage poétique, et qui tente de rompre avec les conventions normales de la poésie traditionnelle.

L’exercice est cependant intéressant et ouvre, je pense, de nouvelles perspectives d'écriture, comme les poèmes que tu cites.

Ma bien chaleureuse Amitié JAQUES.

ANDRÉ



👋 👋 👋
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Laugierandre

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L'ACCENT

La notion d'accent est relativement récente en versification française, puisqu'elle n'a été reconnue qu'au XIXe siècle, sous l'influence des versifications espagnoles et italienne.

En effet, notre langue n'accorde pas à l'accent une fonction distinctive. Il est plutôt démarcatif (le français étant une langue oxytonale), et se place, en principe,sur la dernière syllabe non caduque du mot ou du groupe de mots avec, sur la prononciation, des effets d'intensité, de durée et de hauteur.

On distingue généralement :

- l'accent tonique, qui marque la dernière syllabe, non caduque de mot ou de groupe de mots : la capiTAL(e), un mot chaleuREUX.

- l'accent grammatical, lui aussi oxytonal, qui délimite les grandes articulations syntaxiques :

S'il faut être JUSte pour auTRUI, il faut être VRAI pour SOI (Rousseau).

On distingue ainsi plusieurs catégories d'accents dans une phrase : tonique, logique, oratoire, syntaxique, conclusif, affectif... Ils peuvent se placer différemment suivant l'intention de celui qui parle, le style, l'émotion, etc...

L'alexandrin classique est divisé en deux groupes de six syllabes, appelés hémistiches, qui correspondent à deux accents métriques fixes. L'un à la césure, l'autre en fin de vers, sur la dernière voyelle non muette :

- Vous-même rougiRIEZ // de ma tâche conDUIT(e).

Les "accents" peuvent être distribués régulièrement dans un vers, comme, par exemple, dans le "trimètre". Dans ce type d'alexandrin, les "accents" déterminent "trois groupes de quatre syllabes":

- Toujours aimer, / toujours souffrir, / toujours mourir.

Les "accents" ne constituent qu'un des éléments de la versification. Ils témoignent de l'oralité de toute poésie, qui s'entend toujours, même si ce n'est qu'intérieurement : la poésie est faite pour être dite, même quand elle est lue seulement des yeux.




Ce message a été édité - le 06-04-2021 à 11:35 par Laugierandre
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Invigene

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Bonjour

Très heureuse de trouver ce dictionnaire ! Je cherchais à m'instruire un peu en allant sur le Dico proposé par le site et voilà qu'en me promenant ici je trouve avec plaisir ce dictionnaire un peu plus vivant !

Un grand merci donc pour cette invitation à la poésie, à l'histoire de la langue française !

J'apprécie particulièrement les références qui me font apprécier des poèmes sous un jour nouveau

Je découvre aussi combien l'écriture est un jeu riche de créativité ! Et à travers elle, chacun peut voyager dans l'histoire de l'humanité !

De la part d'une simple passagère dans ce beau pays de la poésie !


👋