Le monde me connaît par mes œuvres flagrantes,
Coupable de beaux vers, sans être Mallarmé ;
J'avoue avoir commis des rimes élégantes…
Pourtant je suis toujours poète présumé.
J’entends à la télé dire un étudiant
Que certains (donc pas lui) se lèvent à sept heures !
Ce réveil matinal lui semble édifiant ;
Midi permettrait-il des études meilleures ?
Une idée est passée aujourd’hui dans ma tête.
"Passée" est le bon mot : je ne m’en souviens plus.
Que dire ? Je ne sais… J’écris à l’aveuglette,
Terminant ce quatrain en vers irrésolus.
Je voudrais du passé retrouver le bon goût
Et du futur pouvoir étreindre l'espérance
Or le présent nous montre une vie en errance
Et mes vœux les plus beaux finissent à l'égout
Ce quatrain a gagné deux prix de poésie.
Résultat, chaque fois : standing ovation…
Je pourrais m’en vanter, mais, sans hypocrisie,
Je préfère l’avis de la profession.
Mieux vaut ne pas donner, plutôt qu'un tour de vis,
Son sentiment devant l'incessant nombrilisme
Servant à traverser, comme on passerait l'isthme,
En se haussant du col ces tréteaux ici sis !
J’étais représentant chez « Vendeur de quatrains »,
Essuyant, des clients, mon lot de rebuffades.
Mais, poète endurci, ces superbes dédains
M’inspiraient chaque fois des vers pour mes ballades.
Que faire des tercets, ces rebuts de sonnets,
Trop courts pour figurer dans ce docte schéma ?
Il faudrait un topic - pas des plus tristounets-
Réservé cent pour cent à la terza rima !