"Atelier perpétuel de réparation"

Par : Salus
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Salus

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Toc, toc !
Je viens me servir de l'atelier, je vois que je dérange personne, que de poussière !
Un coup de balai, mettre en marche le compresseur, graisser le pont (c'est toujours les mêmes qui s'y collent)
Bon, maintenant que tout est cleen, je vais avoir besoin d'un coup de main, c'est un atelier participatif, à horizontalité permanente, et j'en appelle aux bonnes volontés comme aux mauvaises complaisances ; il s'agit de dégoter, dans la littérature, des vers bizarres, des formules étranges, voire carrément des erreurs (du poète, ça arrive), puis s'il y a lieu, de les désassembler proprement, pour, après analyse et remontage, les tester au banc d'essai ; je vous donne un premier exemple, issu des "Poèmes antiques" de Leconte de Lisle (même pas un pseudo !) Tiré du gigantesque poème "Hélène", Démodoce nous dit, au vers 405 :

Le désir est menteur, la joie est infidèle,
Toi seule es immuable, ô Sagesse éternelle !

...Et bien sûr, ça marche, mais ça, je ne l'ai vu nulle part ailleurs !




Ce message a été édité - le 20-11-2022 à 18:56 par Salus
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Jim

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Sorry camarade, cette conjugaison est parfaitement et normale et correcte. Il suffit de changer de personne pour le constater :

"Vous seule, immuable, êtes l'éternel" ("vous" de politesse, donc adjectif au singulier)
équivalent de
"Toi seule, immuable, es la joie sempiternelle !" (tutoiement de familiarité).

Un olympien pourra s'écrier :
"Nous seuls, immuables, sommes l'éternité"

Un César un zeste mégalo sera désigné par :
"Lui seul, en son délire, est le maître des dieux !"

Le vers de LdL équivaut donc à :
"Toi seule, immuable, es la Sagesse éternelle !"

Pastichons :
"Le café est trop froid, la soupe est trop salée,
Toi seule es, ma jolie, la saveur du palais !"

ou

"Toi seule, ma jolie, frétilles ma papille !"

Dans ce dernier vers, je tords un peu la syntaxe car, si qqch frétille, il est assez rare de frétiller qqch, qui n'équivaut pas à "faire frétiller" ce qqch. De même que, si le lion rugit, il est assez rare de rugir un lion, bien que je puisse le faire rugir.



Ce message a été édité - le 21-11-2022 à 18:17 par Jim
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Salus

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Bah, je sais bien que ça marche, je le dis en toutes lettres, je relevais simplement l'absolue originalité de la formule, où chacun aurait écrit :

Toi seule est immuable, ô Sagesse éternelle !



Ce message a été édité - le 22-11-2022 à 18:54 par Salus
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Salus

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...Eh bien, le passage au banc d'essai semble prouver qu'effectivement
"Toi seul est" soit fautif !
(je pensais qu'on pouvait se permettre les deux.
Les "esplications" de l'ami Jim sont donc tout à fait pertinentes !)



Ce message a été édité - le 22-11-2022 à 19:15 par Salus
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Salus

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Oui, oui, l'orthographe, les mathématiques et moi, ça fait deux !
C'est bien pour ça que j'ai monté cet atelier ; je vais vous faire un aveux : avant l'an de grâce 2009, où j'entrais en poésie, j'écrivais tout en fonétike, en réaction chronique aux souffrances de ma brève scolarité ; mais la musique des mots, ça, je l'ai toujours entendue !

Cet atelier, je ne comprends pas qu'il soit si peu fréquenté, quand je lis certaines interrogations, certains textes, ici, avec le concours général, sans condescendance et désintéressé de chacune et de tous, nous pouvons venir à bout d'à peu près n'importe quel imbroglio, littéraire, orthographique, grammatical ou versificatoire !
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Machajol

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Une question :


"ar" , "or" , "er" (avec la prononciation du "r") ...

à la fin d'un vers , peuvent-ils être considérés comme une rime ?


J'alimente la boîte à outils !!

😉
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Salus

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Ah, non, Mâcha, dans un vers régulier, "ar" ne rime qu'avec "ar",
"or" ne peut rimer qu'avec "aur" ou "or",
et "er" qu'avec "er" "air" ou "eir", et encore, pour ce dernier exemple, des puristes y trouveraient à redire !

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Jim

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La rime, c'est simple : elle est la reproduction à l'identique (ou quasi) du dernier groupe de sons du vers, s'ensuit la fidélité orthographique (quasi). La difficulté est dans le quasi. Il existe une floppée de particularismes, de régionalismes, d'atavismes, et surtout, la fantaisie de l'auteur. La stricte rigueur voudrait que nous écrivassions en langage international phonétique pour juger et accepter ou non. Heureusement, nous possédons l'art de contourner les règles, et la mauvaise foi, qu'on nomme aussi "à peu près", est une ressource évolutive. Ainsi, "forest" rime avec "est", ce dernier rimant avec "et". Alors que "forest" ne rime pas avec "et". On peut se demander si le point cardinal "est" rime avec la troisième personne de "être" au présent de l'indicatif ?
En fait, ces voisinages phonétiques sont plus des ouvertures à exploiter que des questions à résoudre. Et puis, cela amène à approfondir la signification des mots. Sous cet aspect de la chose, nous sommes très mal éduqués depuis... que nous le sommes. L'usage de la langue enseignée est celui d'une langue fonctionnelle et utilitaire, non pas un véhicule de savoir avec toute son Histoire. L'école a toujours distingué l'"usuel" du "savant". On nous fait potasser le "manuel utilisateur" de l'outil, nous n'avons pas à savoir son origine, sa conception, son devenir. Pourtant existe une embryologie de la langue laquelle est réservée aux clercs qui bossent dans l'enfer monacal d'aujourd'hui. Pour le bon peuple, et c'est bien suffisant, il y a les shows télévisés qui fixent usages et niveaux.



Ce message a été édité - le 29-11-2022 à 22:53 par Jim
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Salus

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Ouh ouh !
Ya un garageo dans ce t'atelier ?

Bon je pose le taf sur l'établis, hein, on verra bien :

"Et quand les draps frais fleurent propres"

C'est dans "Olfactives Musicalités", j'enlèverais bien le pluriel à "propre", ça rimerait mieux avec "octobre" ; en sous-entendant qu'ils sentent le propre, ça se peut, ça ?

"Et quand les draps frais fleurent propre"
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Pierre Lamy

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Why not
propre prend valeur d'adverbe et devient donc invariable.
😉
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Salus

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Aussi simple que ça ?
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Andreas

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On peut mettre une virgule après "fleurent" et l'adjectif au pluriel. 😉
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Pierre Lamy

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Les draps fleurent bon
on ne met pas d's

c'est memestra (idem en breton)
😉
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Jim

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Il suffit de prendre un exemple plus commun au féminin, car genre et nombre suivent les mêmes règles:
"et quand les fleurs sentent bon", et non pas "bonnes".
Je confirme donc. 😊
La virgule, en tant que séparateur, détache l'adjectif du verbe, qui dès lors n'est plus un adverbe, mais un simple adjectif, il retse ce qu'il est. Conséquence, il s'accorde. La signification est légèrement différente: on précise que ces draps-là sont propres, et non pas qu'ils fleurent ou sentent le propre. Bien sûr, en ce cas, on attendrait ce que peuvent fleurer ces draps ?... il faudrait ajouter un complément p.e.: "quand les draps fleurent, propres, les pâquerettes s'enivrent de rosée..."



Ce message a été édité - le 04-02-2023 à 18:48 par Jim
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Andreas

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La virgule ne remplace-t-elle pas:
quand ils sont propres.
En Suisse la chose est permise, 😊 😊