Ils parlent de l'amour

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Michèle Corti

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Merci, Salus, Macha, Violette pour vos dernières participations ! 👋
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Michèle Corti

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Le baiser ( Germain Nouveau )

Le baiser (I)

N'êtes-vous pas toute petite
Dans votre vaste appartement,
Où comme un oiseau qui palpite
Voltige votre pied normand ?

N'est-elle pas toute mignonne,
Blanche dans l'ombre où tu souris,
Votre taille qui s'abandonne,
Parisienne de Paris ?

N'est-il pas à Vous, pleine d'âme,
Franc comme on doit l'être, à l'excès,
Votre coeur d'adorable femme,
Nu, comme votre corps français ?

Ne sont-ils pas, à Vous si fière,
Les neiges sous la nuit qui dort
Dans leur silence et leur lumière,
Vos magnifiques seins du Nord ?

N'est-il pas doux, à Vous sans haine
Frémissante aux bruits de l'airain,
Votre ventre d'Européenne,
Oui votre ventre européen ;

N'est-elle pas semblable au Monde,
Pareille au globe entouré d'air,
Ta croupe terrestre aussi ronde
Que la montagne et que la mer ?

N'est-il pas infini le râle
De bonheur pur comme le sel,
Dans ta matrice interastrale
Sous ton baiser universel ?

Et par la foi qui me fait vivre
Dans ton parfum et dans ton jour,
N'entre-t-elle pas, mon âme ivre,
En plein, au plein de ton amour ?
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Ce message a été édité - le 17-03-2019 à 23:19 par Violette
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Ce message a été édité - le 17-03-2019 à 23:20 par Violette
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Salus

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Ma louve




Je t’ai prise comme on se donne,
C’est bien de ça que je m’étonne !
- Quand ton aréole tétonne
Sous le lin, là, je deviens fou !
Le profil fier d’un roudoudou
Emeut ce qui restait de mou
En moi - tu voudrais que je mente ?

Je t’aimerais plus, mieux démente,
Mais ces cotés d’être une atlante
Et féminité sont confus,
Oui ! J’aime tous tes cotés tus,
Triste et belle, telle tu fus
Jusqu’où remonte ma mémoire
Qui sait les moires et l’ivoire
De ta peau ! - tout de ton cru ? Voire !

Sous l’œil salé de cils aigus,
Parfaite, apte au cunnilingus,
Soumise aux désirs ambigus
- Les miens, pas ceux d’un dieu barbare,
Tu médites quelque bagarre
Pour couler la nef que je barre,
Et joyeuse, opiniâtrement,
Et cruelle ! avec ton amant
Sur les nerfs ! Mais l’iris charmant
D’animal dont ton feu me toise
Mérite alors que j’apprivoise
Le démon qui te fait grivoise…

Et je navigue au près serré
Dans ton beau sillage espéré
Où mon éros, désaltéré,
Buvant à ta bouche rieuse
- De mon beaupré toujours curieuse -
Louera ta langue victorieuse…

Mais, bébé, blottie au couffin
De mes bras, endormie enfin,
Et mes lèvres sur ton cou fin,
Tu sembles, anciennement garce,
A ce faon, si joliment farce,
D’un film, à ma mémoire éparse…
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] ça c'est du Salus!
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Michèle Corti

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Et l'on s'incline devant ce verbe flamboyant qui serre au plus près les amants
Et leurs délires 😊



Ce message a été édité - le 17-03-2019 à 11:38 par Marcek
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Salus

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Merci, vous, qui comme des sœurs,
Contemplant, des amours perdues,
Les articulations percluses,
N'en voyiez pas les sueurs...

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Michèle Corti

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Par bonheur, si le corps flanche, l'esprit s'envole !
Tu arrives meme parfois à atteindre l'azur, toi !
J'ai bien dit, parfois ! 😊
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Michèle Corti

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Jean Genet


[...]

Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne,
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.

Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l’escalier plus souple qu’un berger,
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.

Ô traverse les murs ; s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans ; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort.
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Salus

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"Le condamné à mort"

Gigantesque et poignant poème, aux transgressions versificatrices parfaitement contrôlées !
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Salus

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Océane


Elle était posée en l’île
Trouble de la solitude ;
Au récif où nulle idylle
Ne luit - ni mansuétude.

La lumière, comme une aile,
Venait caresser sa joue
Et vraiment c’était tout elle
Qui passait dans cette moue.

Elle regardait le ciel
D’un œil vague mi-fermé ;
Ses cheveux coulaient en miel
Leur caractère affirmé.

De sa bouche fière et rouge
Fuyait une cavatine
Sans cependant que ne bouge
Ni sa moue et ni sa mine.

Belle, bronche un peu du col !
Que j’admire avec plaisir
Tes façons de rossignol
Sous tes poses de fakir.

Mais la belle de sourire
Et c’est comme plonge un ange
Aux tourbillons du zéphire
Quand sa lèvre me démange !
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Michèle Corti

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Très beau, merci, Salus de cet ajout !

Amour


Germain NOUVEAU

Recueil : "Valentines"



Je ne crains pas les coups du sort,
Je ne crains rien, ni les supplices,
Ni la dent du serpent qui mord,
Ni le poison dans les calices,
Ni les voleurs qui fuient le jour,
Ni les sbires ni leurs complices,
Si je suis avec mon Amour.

Je me ris du bras le plus fort,
Je me moque bien des malices,
De la haine en fleur qui se tord,
Plus caressante que les lices ;
Je pourrais faire mes délices
De la guerre au bruit du tambour,
De l’épée aux froids artifices,
Si je suis avec mon Amour.

Haine qui guette et chat qui dort
N’ont point pour moi de maléfices ;
Je regarde en face la mort,
Les malheurs, les maux, les sévices ;
Je braverais, étant sans vices,
Les rois, au milieu de leur cour,
Les chefs, au front de leurs milices,
Si je suis avec mon Amour.

ENVOI

Blanche Amie aux noirs cheveux lisses,
Nul Dieu n’est assez puissant pour
Me dire : » Il faut que tu pâlisses « ,
Si je suis avec mon Amour.
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Michèle Corti

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Je ne connaissais cette partie de la vie de Germain Nouveau ; Fin 1873, il rencontre Arthur Rimbaud au café Tabourey et, en mars 1874, ils partent ensemble en Angleterre pour s’installer à Londres, au 178 Stamford Street. Nouveau aide Rimbaud à la copie des « Illuminations » mais revient seul à Paris en juin de la même année. La rencontre de Nouveau et Rimbaud a fait planer le doute sur l’auteur réel des Illuminations . L’écrivain Pierre Brunel qui a beaucoup écrit sur Rimbaud pense que Germain Nouveau y serait pour beaucoup !
9 ans après leur séjour à Londres naissait ma grand-mère maternelle qui avait 8 ans lorsque Rimbaud est mort et 37 lorsque Germain Nouveau est décédé ! !
Mais il ne plane aucun doute sur le géniteur de ma grand-mère, rassurez-vous !








Ce message a été édité - le 19-03-2019 à 00:01 par Marcek
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Salus

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Amour me tue

Amour me tue, et si je ne veux dire
Le plaisant mal que ce m'est de mourir :
Tant j'ai grand peur, qu'on veuille secourir
Le mal, par qui doucement je soupire.

Il est bien vrai, que ma langueur désire
Qu'avec le temps je me puisse guérir :
Mais je ne veux ma dame requérir
Pour ma santé : tant me plaît mon martyre.

Tais-toi langueur je sens venir le jour,
Que ma maîtresse, après si long séjour,
Voyant le soin qui ronge ma pensée,

Toute une nuit, folâtrement m'ayant
Entre ses bras, prodigue, ira payant
Les intérêts de ma peine avancée.


Pierre de RONSARD



Ce message a été édité - le 20-03-2019 à 14:04 par Salus