J’ai découvert que j’avais Copilot sous Windows. Apparemment encore un de ces trucs d’IA dont on nous rebat les oreilles, mais bon, pas d’a prioris, allons-y. Je lui ai donc demandé, non pas de me dessiner un mouton, mais de m’écrire un haïku. Il s’est exécuté immédiatement avec un soupçon de servilité mielleuse :
Sous l'arbre ancien,
le vent murmure doucement,
feuilles en danse.
Ah oui, bon. De loin, ça ressemble effectivement un peu à un haïku. Allez, encore un !
Ciel d'or au couchant,
les eaux chantent la lumière,
l'instant suspendu.
OK, ça ira comme ça. Du coup, je lui ai demandé : mais qu’est-ce qu’un haïku ? A ma surprise, il m’a répondu de façon à peu près sensée :
« Un haïku est une forme poétique d'origine japonaise, connue pour sa simplicité et sa capacité à capturer l'essence d'un instant. Traditionnellement, un haïku comporte
trois vers (non !) avec un schéma de syllabes de 5-7-5, soit cinq syllabes dans le premier vers, sept dans le deuxième, et cinq dans le dernier.
Il évoque souvent la nature, les saisons ou un moment fugace, avec une touche de subtilité et d'émotion. L'idée principale est de suggérer plus que ce qui est dit, laissant place à la contemplation.
Par exemple :
Brume au bord des champs,
le cri lointain d'une grue,
l'hiver s'approche. »
C’est un peu raccourci, mais il y a de ça. Allez ! Donne-moi un haïku de Jack Kerouac !
« Bien sûr ! Voici un haïku de Jack Kerouac, qui montre son style plein d'esprit et sa capacité à capturer des moments simples :
Miroir brisé—
dans chaque morceau,
un visage.
Kerouac mêlait son amour de la forme traditionnelle avec sa créativité moderne, ce qui donne une profondeur fascinante à ses haïkus. »
Pour la profondeur fascinante, on en reparlera, mais effectivement, si Kerouac a vraiment écrit ça, c’est pas mal du tout ; c’est un vrai haïku en tout cas.
Quelque diable me poussant, je lui ai alors réclamé un sonnet en français :
« Avec plaisir, voici un sonnet original en français :
Sous le ciel clair où l’azur se déploie,
Le chant des oiseaux berce les vallées,
La brise légère, en douce révérence,
Caresse les champs, vêtus de mille joies.
Le soleil éclaire les collines dorées,
Ses rayons dansent sur les eaux cristallines,
Les roses s’ouvrent en gestes divins,
Éclosant l’amour sur terres enchantées.
Mais l’ombre s’étend au seuil du crépuscule,
Le jour se retire, laissant la nuit reine,
Les étoiles veillent, brillantes particules.
Ainsi va le temps, en boucle souveraine,
Un cycle infini de gloire et de murmure,
La beauté fugace, un rêve qui perdure.
Voilà un sonnet classique en alexandrins ! Dis-moi ce que tu en penses ou si tu veux en explorer un autre thème. »
Euh, j’en pense que c’est de la bouse, mais je ne le lui ai pas dit. Ceci dit, Copilot n’invente rien, il régurgite ce qu’il a trouvé par ailleurs. Et effectivement, c’est bien le genre de trucs que l’on trouve, notamment sur le Web. Et les gens ressortent persuadés que la poésie, c’est ça.
P.S. PierreLamy, si tu as vraiment fréquenté l'entrée du Golfe, ce n'est pas mal (manque quand même un peu la surprise ?)
Ce message a été édité - le 02-04-2025 à 09:04 par Tontonjacques