Question d’actualité que celle de la place de l’IA dans la création artistique, laquelle IA prend de plus en plus de place et dont (à mon humble avis) nous entendrons parler encore un bon peu.
Pour moi, l’IA est à la création picturale ce que la restauration rapide est à la gastronomie.
Ladite restauration rapide n’a de restauration que le nom. Dans ces établissements, il y a certes des cuisines et des employés qui y travaillent, mais en termes de “créativité” culinaire, il s’agit surtout de faire cuire des régiments de steaks hachés sur des plaques chauffantes, de plonger des paniers entiers de frites ou de patates en quartiers dans l’huile bouillante et de les retirer dès que ça bipe, puis d’assembler des hamburgers et de constituer des barquettes de beignets ou de salades composées à une cadence industrielle. Et de servir le client le plus vite possible (sans même qu’il descende de sa voiture).
Mais il n’y a pas tout le travail de créativité et d’inventivité d’un chef, la patience et le temps nécessaires pour combiner les saveurs et rechercher le meilleur goût, élaborer et tester des recettes, adapter la cuisson au produit, soigner la présentation et servir le client dans un cadre agréable.
La restauration rapide se consomme quand la gastronomie se déguste.
Une image générée par IA réclame qu’on donne des instructions à la machine… et c’est tout. Car ensuite, c’est la machine qui collecte des quantités d’information pour élaborer une image censée correspondre à la demande de l’utilisateur.
Tandis qu’un artiste qui crée vraiment ses oeuvres les imagine d’abord, puis passe par tout un travail d’élaboration qui demande parfois du temps, en devant éventuellement reprendre ce qui a été fait pour l’améliorer (et ce qu’il crée sur un support physique tel que papier ou toile, ou sur un support numérique).
Un exemple qui me semble parlant : sur la banque d’images en ligne libres de droits Pixabay, dédiée entre autres à la photo et aux images d’illustration, les images générées par IA ont été acceptées. Résultat, sur certains thèmes (comme Noël, objet de ma dernière recherche), elles prennent de plus en plus de place dans les ressources récentes, au détriment de la photo et des illustrations.
Pour conclure, il sera de toute façon de plus en plus difficile de faire le tour de l’IA dans le domaine de la création visuelle (comme dans celui de la poésie, d’ailleurs), c’est un fait qu’il faut prendre en compte.
On pourrait donc établir une tolérance pour qu’un auteur illustre uniquement ses propres poèmes avec une image générée par IA s’il le souhaite. Mais ne pas les accepter comme mode d’illustration des poèmes d’autres membres, et encore moins comme création visuelle dans la galerie d’art
Car ce site est justement un site de *création* avant tout.
D’ailleurs, pour publier une création visuelle ou une photo, nous sommes censés donner des détails au moment de l’envoi (technique utilisée par exemple). Pourquoi ne pas rendre ce processus obligatoire pour que l’image soit validée (indiquer la technique et le support utilisés)? Et si l’IA n’est pas acceptée, l’indiquer clairement? Après, il y en aura bien-sûr toujours des membres qui essaieront de contourner les règles, mais cela sera alors affaire entre leur conscience et eux-mêmes…