Jour de neige
C'est à peine
Un silence plus long
Où se cache encore le vallon
Que touche le frisson de l'aurore prochaine.
Il y a
A la fenêtre close
Cette clarté profonde où repose
La neige vaste et pure, immobile déjà.
Il ne reste
Du matin floconneux
Qu'un voile sur les toits cotonneux,
Qui abandonne là l'effleurement d'un geste.
La forêt,
Où le torrent se fige,
Murmure sourdement le vertige
Des pentes pleines d'ombre où le vent disparaît.
Le jour glisse,
Comme sur un tapis
Où les chemins creux, ensevelis,
Dorment d'un doux sommeil, car l'hiver est complice.
La maison,
Dans les brumes rêvées
Où le givre danse avec les fées,
Se pelotonne sur le soir et sa chanson.
Heureusement qu'il y a la poésie et la féerie qu'elle apporte, car de neige chez nous il n'y a point