Haïkus

Par : Machajol
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Tontonjacques

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C'est joli, mais je n'ai pas compris grand chose, surtout cette histoire d'aile : quelle aile ? (quelle "grande aube" d'ailleurs ?) (et les majuscules, boufre !) Question forme, par contre, ça colle.

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Voici un haïku (de moi) qui susciterait sans doute un froncement de sourcils réprobateur au sein de toute école actuelle de haïkus qui se respecte : pas de césure, « phrase repliée », etc. Pourtant je le maintiens, car il correspond bien à ce que j’ai ressenti en contemplant une surface d’eau, à la belle saison. L’allusion est culturelle, mais ça représente déjà en théorie pas mal de monde. Je pense qu’il n’est pas difficile à appréhender, et même à « visualiser », mais on ne sait jamais, en tant qu’auteur, comment le poème sera reçu.

Le lac est si lisse
que je voudrais moi aussi
marcher sur les eaux






Ce message a été édité - le 30-03-2025 à 09:18 par Tontonjacques
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Machajol

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Certains arrivent
quand d'autres s'éloignent
du train de la vie..

Chantal Collin
2025
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Tontonjacques

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Je ne connais point la dame Collin, toutefois je m’aventure à émettre quelques réserves sur son haïku :
- l’expression « le train de la vie » m'a immédiatement fait penser à « train de vie », mais apparemment non, ça n’a rien à voir. Ambiguïté toutefois.
- je crois comprendre que le poème évoque à la fois ceux qui arrivent (les naissances) et ceux qui partent (les décès). Bon, mais c’est plutôt une vérité générale qu’un « coup d’œil » tiré du quotidien, non ?
- en outre, la forme n’est pas canonique, mais ce n’est pas bien grave.
Donc en résumé, je dirais que ce n’est pas assez « évident », simple mais accrocheur, l’idée n’est pas mal mais ça ne fait pas un haïku, à mon avis.
(Ugh).
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Voici ce que m’a inspiré l’actualité immédiate :

Ce changement d’heure !
et je ne sais même plus
le jour, ni l’année


(J’exagère un peu. Je me rappelle parfaitement que nous sommes le jeudi 1er novembre 1917).



Ce message a été édité - le 30-03-2025 à 14:54 par Tontonjacques
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Jim

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Autre version: 😊

Ride entre deux gouttes
la grand' roue est arrêtée
l'aile papillonne
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Tontonjacques

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Mais la grand'roue a-t-elle des ailes ? Peut-être s'agit-il du Moulin Rouge ? Je reste perplexe.
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Tontonjacques

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Un haïku (presque) de saison :

Traversant le rêve
du vieux cerisier en fleur
passe un chat tout blanc


Normalement, un haïku se passe de tout commentaire, il se suffit à lui-même. Si j’ajoute ici quelques notes, c’est uniquement à visée pédagogique :

- « en fleur » : oui, c’est au singulier, j’ai vérifié. Comme le dit « La Croix » par exemple : « la formule prend le pluriel lorsqu’il s’agit de différentes espèces de fleurs. Ainsi, l’exemple donné est-il explicite : « Une prairie en fleurs. » En revanche, « en fleur » est au singulier lorsqu’il s’agit des fleurs de la même espèce, l’expression désignant alors le temps de la floraison : un pommier en fleur. » Bon, je ne l’ai pas inventé.

- le haïku se base comme d’habitude sur une observation réelle (donc pas de tyrannosaures ni d’autre grandiloquence en vue), mais il évoque aussi (de loin) ce film de Kurosawa que j’avais beaucoup aimé, Rêves, et qui pour une raison incompréhensible, ne passe jamais à la télé, ni ne repasse en salles d’ailleurs. Ce n’est pas un vrai film, c’est une collection de saynètes, très "japonaises". J’avais adoré, et j’espère le revoir au moins une fois dans ma vie…

- on pourrait dire qu’ici, c’est encore une fois une « phrase repliée », sans césure. Si vraiment on tenait à le rendre plus conforme, on pourrait le reformuler légèrement, par exemple pour mieux séparer le rêve du cerisier du passage du chat. Bah, je le préfère comme cela. Mais dans d’autre cas je respecte la césure, ça dépend :

Éclipse de lune
le cri voilé de l’effraie
court sur la forêt


Cette histoire de « césure » me turlupine un peu, pour moi, s’il y a deux idées, deux concepts, c’est bon, pas besoin de respecter strictement la forme (ponctuation, interjection, rupture syntaxique etc.) D’ailleurs je me suis parfois cantonné à une idée unique ; mais là, ce sont des questions de style et d’angle de vue je pense. Tout cela se discute.
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Tontonjacques

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Bah, le message est passé en double ? J'en vire un.



Ce message a été édité - le 31-03-2025 à 09:26 par Tontonjacques
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Arielle

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La nuit s'évapore
mais de la rosée sous les pierres*
l'aube s'abreuve

*Sur un vers d'André Velter
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Pierre Lamy

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Un ordinateur
s'ouvre sur un écran noir
batterie en panne
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Machajol

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Batteries en panne
nuit noire PierreLamy
la souris ravie



👋
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Tontonjacques

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Ah, ça s'améliore. Arielle : oui, dommage que le vers de Velter ne fasse pas 7 syllabes (mais on pourrait l'amender comme suit par exemple : "mais de rosée sous les pierres"). (4 syllabes aussi dans la 3ème ligne). C'est joli, peut-être un peu précieux (je ne pense pas, sauf erreur, que Velter soit très orienté haïku).
PierreLamy : rien à redire, c'est tout à fait ça.
😉

P.S. En voilà un "gentillet", sans ambition et pas du tout style Velter :

Au bout de mon doigt
coccinelle embarrassée
son jupon dépasse






Ce message a été édité - le 31-03-2025 à 11:56 par Tontonjacques
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Jim

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Velter aurait pu écrire quelque chose comme ça - en nettement mieux, of course -

Le passage est mince
entre les deux infinis
d'en haut et d'en bas


*****


Plus haut qu'empyrée
et plus bas que les enfers
stardust memories





Ce message a été édité - le 31-03-2025 à 17:26 par Jim
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Pierre Lamy

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Le lait sur le feu
l'homme au fourneau sûr de lui
c'est l'heure d'été





Ce message a été édité - le 01-04-2025 à 08:32 par PierreLamy
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Pierre Lamy

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Un sardinosaure
engloutit vingt viperruches
un premier avril
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Machajol

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Dans la nuit j'écoute
les battements de ton coeur
la ville endormie