Ils parlent de l'amour

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Michèle Corti

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@Salus

L'amour ça va ça vient
Ce mec était un chien
Qui te déroba ta Nine
Je le sens dans la débine ! 😊
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Michèle Corti

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Poète : Charles Guérin (1873-1907)

Recueil : Le cœur solitaire (1896).


L'amour nous fait trembler comme un jeune feuillage,
Car chacun de nous deux a peur du même instant.
« Mon bien-aimé, dis-tu très bas, je t'aime tant...
Laisse... Ferme les yeux... Ne parle pas... Sois sage... »

Je te devine proche au feu de ton visage.
Ma tempe en fièvre bat contre ton cœur battant.
Et, le cou dans tes bras, je frissonne en sentant
Ta gorge nue et sa fraîcheur de coquillage.

Ecoute au gré du vent la glycine frémir.
C'est le soir ; il est doux d'être seuls sur la terre,
L'un à l'autre, muets et faibles de désir.

D'un baiser délicat tu m'ouvres la paupière ;
Je te vois, et, confuse, avec un long soupir,
Tu souris dans l'attente heureuse du mystère.
Charles Guérin.





Ce message a été édité - le 24-02-2019 à 23:19 par Marcek
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Salus

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Un beau "Guérin", plein de désir et de promesses, avec un tendre sous-entendu...

Que dit Aragon de l'amour ?


ELSA



Suffit-il donc que tu paraisses

De l'air que te fait rattachant

Tes cheveux ce geste touchant

Que je renaisse et reconnaisse

Un monde habité par le chant

Elsa mon amour ma jeunesse



O forte et douce comme un vin

Pareille au soleil des fenêtres

Tu me rends la caresse d'être

Tu me rends la soif et la faim

De vivre encore et de connaître

Notre histoire jusqu'à la fin



C'est miracle que d'être ensemble

Que la lumière sur ta joue

Qu'autour de toi le vent se joue

Toujours si je te vois je tremble

Comme à son premier rendez-vous

Un jeune homme qui me ressemble



Pour la première fois ta bouche

Pour la première fois ta voix

D'une aile à la cime des bois

L'arbre frémit jusqu'à la souche

C'est toujours la première fois

Quand ta robe en passant me touche



Ma vie en vérité commence

Le jour où je t'ai rencontrée

Toi dont les bras ont su barrer

Sa route atroce à ma démence

Et qui m'a montré la contrée

Que la bonté seule ensemence



Tu vins au cœur du désarroi

Pour chasser les mauvaises fièvres

Et j'ai flambé comme un genièvre

À la Noël entre tes doigts

Je suis né vraiment de ta lèvre

Ma vie est à partir de toi



Suffit-il donc que tu paraisses

De l'air que te fait rattachant

Tes cheveux ce geste touchant

Que je renaisse et reconnaisse

Un monde habité par le chant

Elsa mon amour ma jeunesse







Ce message a été édité - le 25-02-2019 à 12:26 par Salus
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Michèle Corti

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Salus et Violette, vous nous offrez un double plaisir !
Ce poème et son interprétation musicale !
MERCI
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] N’envoyez plus de lettres

N’envoyez plus de lettres, seulement des feuilles
D’arbres, que le soleil détache ou le vent cueille
Ou l’automne abat et dépose entre vos mains.
Je ne les recevrai jamais le lendemain,
Mais j’ai depuis toujours l’habitude d’attendre
Et mon cœur, de veiller, n’en sera pas moins tendre.
Vous ne pourrez, c’est vrai, rien écrire dessus,
Cependant je lirai comme si j’avais su
Les paroles que vous formulez dans votre âme
Tant vos rêves pour moi ont l’éclat de la flamme.
Choisissez les couleurs suivant le ton des jours ;
Que la feuille soit fraîche si le ciel est lourd,
Et d’un vert bien profond si le ciel est trop pâle.
Qu’elle soit de chêne et blonde comme le hâle
Au front d’un bel enfant, quand s’achève l’été,
Et lorsque vient Novembre, afin de refléter
Ce qu’il ensevelit et ce qu’il remémore
Veuillez me cueillir une feuille au sycomore.
(Mais qu’elle soit de hêtre, d’aulne ou d’olivier,
que m’importe après tout pourvu que vous viviez !)
Et si, dans le futur, un jour Dieu vous propose
Par hasard le bonheur, pour me dire la chose
Envoyez simplement une feuille de rose.

Aliette Audra
(poésie contemporaine)
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Michèle Corti

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Envie de la lire cette Aliette !
Merci, Violette !
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Salus

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L’envour à la mer



Je t’aime
Quand tu ne m’attends pas
Quand tes yeux clignotent

Même
Quand c’est amer
Quand c’est ta mère

Aussi
Quand on s’englue
Que l’on s’engueule

Malgré
Les rages de dents
Les rages dedans

Contre
Les vents le temps
La marée et les soucis

En dépit
Du bon sens
Et du mauvais sang

Nonobstant
Le flou
Le mou
Les poux
L’écrou

Et fais fi
Des mirages
Des orages
Des chemins de garage

Au mépris
Des lois et des rois
Des choix et d’émois
Déchois et des mois
Aidez-moi !

L’amour à l’envers


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Salus

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Sonnet


Se voir le plus possible et s'aimer seulement,
Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge,
Sans qu'un désir nous trompe, ou qu'un remords nous ronge,
Vivre à deux et donner son cœur à tout moment ;


Respecter sa pensée aussi loin qu'on y plonge,
Faire de son amour un jour au lieu d'un songe,
Et dans cette clarté respirer librement -
Ainsi respirait Laure et chantait son amant.


Vous dont chaque pas touche à la grâce suprême,
Cest vous, la tête en fleurs, qu'on croirait sans souci,
C'est vous qui me disiez qu'il faut aimer ainsi.


Et c'est moi, vieil enfant du doute et du blasphème,
Qui vous écoute, et pense, et vous réponds ceci :
Oui, l'on vit autrement, mais c'est ainsi qu'on aime.


- Musset, poésies nouvelles -
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Michèle Corti

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Merci Salus ! Quel plaisir !
Ton amour à l’envers est un délicieux bonbon avec juste ce qu’il faut d’acidité pour agacer la dent de l’esprit !
Quant à Musset il doit se réjouir dans sa tombe au vu de l’admiration qu’on lui porte au fil des siècles. Sacré séducteur !
( je parle d’Alfred tu l’auras Compris ! ) 😉
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] 9 juillet 84



Elle contacta le contactil
La voix à l’autre bout du fil
Etait voilée de poésie
Elle mit son chapeau
Et partit dans sa Rolls
Il bloqua les rouages de son cœur
Et apporta sa légende
Au bord de la Bohême
Il la lui raconta
Les libellules avaient des idées d’ailes
Et pour remonter le chemin
Il lui tenait la main
A minuit précises il revint
Les mains tendues et les yeux à l’envers
Elle lui fit visiter le musée
A bord du couvent des oiseaux
Caravelle en naufrage
Ils écoutèrent passer le temps
En lisant
L’un faisait la lecture
Et l’autre l’écouture
Un soir d’orage
La bulle s’éleva
Puis des allers sans non-retour
Puis des retours qui s’en allaient
Le contactil orange susurrait
Des poèmes qui lui grignotaient l’oreille
Et suçotaient le sang
Traduis traduis disait le vent
Ecris écris chantait la voix
Aime-moi aime-moi
Elle voulait être apprivoisée
Mais il fallait prendre des gants
De jardinier des cœurs
Car elle avait aussi des épines

Il mit de l’huile sur la plaie
Et des vagues de lune
Sur les cils
Il avait des doigts au bout des mains
Et des mains au bout des bras
Elle lui mordit la vie
Pour qu’il ouvrît les bras
Et souffla sur les nuages
Qui naviguaient derrière
Le reflux les ramenait toujours
Jardins du presbytère
Robe de chambre
Chambre close
Musique musique
Des mots des maux
A vous empêcher de dormir
Par leur lourdeur sur vos paupières
Lourdeur de pierre
Pierre à feu
Fuyons fuyez
Sa pendule écorchée ne sonnait plus
Le balancier était cassé
Le redonneur de vie la remit en partance
Sur la mer des rencontres
Mais elle allait trop vite
Alors il l’arrêta avec un poids
C’était un poids de fonte
Léger comme la neige
Et riche d’espérances mortes
Un poids qui n’avait pas de nom
Ni de non ni d’être
Ni non-être
Un poids sur la balance
Et le penchement était ailleurs
Le 20 juillet
Le radeau se posa sur une île
Capitaine Germain
La casquette à la main
Des sirènes de livres
Montent du sol
En fa dièse mineur
Des goélands voyeurs
Mirent par la lucarne
Des serpents voyageurs
Grimpent au fût des arbres
La poétesse tuée
S’accroche au bord des livres
Et au bout de tes lèvres
Et au fond de ton âme
Et l’eau salée de la survie
La refait respirer
Et le vin du ciboire
Sent le confessionnal
Yssandon
Chaise dans une église
Eglise autour de la chaise
Et glisse glisse
La chaise glisse
Le vitrail se renverse
Et le ciel devient noir
La porte grince
Le verrou est rouillé
Bénitier
Cierge
Cierge
Statue
Statue.


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Genres

Si l’amour est masculin, seul,
Plusieurs, les voilà féminines ;
Quand il se veut universel
Depuis la naissance au linceul,
Personnelles et anonymes,
Leur ombre a le goût du pluriel.

Si la prose est intransigeante,
Le poème est, lui, liberté :
Cette amour est parfois changeante,
Selon les humeurs et la sente
Où, noble singularité,
Elle est aveugle ou clairvoyante.
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] Monsieur

Je vous approuve de me haïr
Monsieur
Avec ton camion tu m’écraserais
Si tu le pouvais lorsque
Tu ne sais pas qui je suis
Lorsque tu l’apprends tu siffles
Pour t’enregistrer le lard
Avec tes millions de copains
Au cinéma tu me langues
En soufflant fort par le velu de tes mains
Votre femme épluche les poireaux
Monsieur
Dans le métro tu te frictionnes
Des jarrets contre les miens
Une de ces fêtes !
Carnaval foire
Pour employés de mairie ventriloques
Passés au coaltar
Où les fuir ?
A qui dénoncer ?
Je suis seule parmi
Ces transports en commun
Quel bousillage quel charivari !
On ne s’entendra donc jamais parler ?

Thérèse Plantier
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Michèle Corti

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Que je suis heureuse d’avoir ouvert ce topic !
Vous vous dépassez tous dans le talent !
Bravo
Si ce n’est pas de la poésie, ça !