Catriane
Voilà qui est argumenté ! Merci donc pour cet avis … qui diffère du mien, au moins pour une partie. Mais je suis heureuse de lire qu'une personne qui se déclare franchement pour l'avortement est en mesure de donner avec clarté des raisons concrètes.
La mortalité des femmes, les faiseuses d'anges, toute cette misère et cette solitude, voilà justement ce que cherchait à résoudre le vote de la loi Veil. Laquelle loi prévoyait deux entretiens médicaux avant l'intervention, des entretiens espacés d'une semaine, afin de permettre la réflexion. Ce délai a été supprimé par la suite, ainsi qu'un entretien sur deux, comme si avorter était banal.
La loi Veil prévoyait également que les pouvoirs publics mettent sur pied des structures d'accueil des femmes enceintes confrontées à une grossesse non-désirée … et cela n'a tout bonnement jamais été fait !
Les meilleures dispositions de ce texte "fondateur" en France en la matière ont été soit abandonnées, soit occultées. Si on avait voulu instituer un droit à l'avortement pur et simple, on ne s'y serait pas pris autrement. D'ailleurs, le site gouvernemental "d'information" à ce sujet présente l'avortement comme un droit. C'est ce qui me conduit à penser qu'il s'agit là d'un site militant et rien d'autre.
Tu évoques la position du Pape et de l'Eglise (catholique, je pense). C'est un terrain glissant. Puisque tu abordes le sujet de la pédophilie, je puis t'assurer que le Pape notamment entend bien, avec la vigueur qu'on lui connaît, ne rien tolérer en la matière et purger l'Eglise de cette ignominie, de cette honte. Je me tiens informée et je sais que ces crimes sont pris très au sérieux. On ne peut pas dire qu'il y ait désinvolture là-dessus. Seulement c'est long, car il faut établir la preuve pour des faits parfois anciens.
Dire que les hommes et l'Eglise culpabilisent les femmes qui avortent … est à la fois vrai et faux. En effet, pendant longtemps il y a eu un discours très moralisateur et culpabilisant. Mais peu à peu on a pris conscience du drame vécu par ces femmes, et je puis assurer qu'aujourd'hui l'Eglise catholique condamne toujours l'avortement en tant qu'acte mais qu'elle regarde avec compassion les femmes qui y ont eu recours, car on ne confond pas la personne et l'acte, on ne résume pas quelqu'un à un fait de sa vie ou à un aspect de sa personne.
Difficile d'être brève sur de tels sujets ! En tout cas, j'ai vraiment apprécié de lire ton intervention qui a le mérite d'être claire et assumée.
Amicalement itou