Eh oui ! C'est la rentrée !
...Mais, courbés sous le poids des soucis, et chancelant dans la tourmente de la reprise, les pieds encore dans nos palmes et la tête toujours dans les nuages, il nous reste un carré de ciel bleu grâce à la réactivation de ce phénix ludique et littéraire, où vous gagnerez des montagnes de choses inutiles et l'estime de vos voisins du Web en découvrant avec nous les kyrielles d'erreurs que recèle la toile, entachant nos plus beaux vers nationaux d'inexactitudes et de pâtés qu'éliminera notre œuvre rédemptrice, sacrée, thérapeutique et vigilante !
Pour commencer et pour une poignée de figues virtuelles, il vous sera demandé de découvrir où le bât blesse dans ce poème de l’intéressante Renée Vivien, qui eût tordu le nez, qu'elle avait fin, devant cette retranscription !
Amata
Dis, que veux-tu de moi qui t’aime, ô mon souci
Et comment retenir ton caprice de femme ?
Prends mes anneaux… Prends mes colliers… Et prends aussi
Ce que j’ai de plus rare et de plus beau : mon âme.
Si mon très grand désir t’importune, ce soir
Je me refuserai la douceur de ta couche
Et je dissimulerai mon fiévreux désespoir,
Car je ne veux que le sourire de ta bouche.
Ton vouloir est mon vœu, mon désir est ma loi,
Et si quelque étrangère apparaît plus aimable
A tes regards changeants, prends-la, réjouis-toi !
Moi-même dresserai le lit doux et la table…
O toi que je verrai dans les yeux de la mort !
Que ne peux-tu me demander, à moi qui t’aime ?
Je mets entre tes doigts insouciants mon sort,
O toi, douceur finale, ô toi, douleur suprême !
« Je ne veux que le sourire de ta bouche… » - (Sillages, 1908)
Ecrit par Renée VIVIEN