Pas encore partie et grâce à une remontée acide de ce poème malmené, ( acide pour le respect qui lui est dû !) je vous propose cette œuvre d'André Chénier qu'un dérapage dans la retranscription a éraflé ! Sniff ! Comptez, comptez, comptez ! Meuh !
Ainsi le jeune amant
Ainsi le jeune amant, seul, loin des délices,
S'assied sous un mélèze au bord des précipices,
Et là, rêvait la lettre où, dans un doux ennui,
Sa belle amante pleure et ne vit que pour lui.
Il savoure à loisir ces lignes qu'il dévore;
Il les lit , les relit , et les relit encore,
Baise la feuille aimée et la porte à son cœur.
Tout à coup de ses doigts l'aquilon ravisseur
Vient , l'emporte et s'en fuit. Dieux! Il se lève, il crie,
Il voit , par le vallon, par l'air, par la prairie
Fuir avec ce papier, cher soutien de ses jours,
Son âme et tout lui-même et toutes ses amours.
Il tremble de douleur, de crainte , de colère.
Dans ses yeux égarés roule une larme amère.
Il se jette en aveugle, à le suivre empressé,
Franchit torrents, buissons, rochers, pendantes cimes,
Et l'atteint, hors d'haleine, à travers les abîmes.
repris sur le site Poetica sur internet
Ecrit par André CHENIER
Tous droits réservés ©