J’ai parcouru ce thread avec un peu d’effarement (car je m’intéresse notamment au haïku). L’idée initiale, qui était si j’ai bien compris d’allier haïku et terza rima, m’a paru originale, sauf que :
- le haïku normalement ne rime pas
- il n’est pas composé de 3 vers, mais d’un seul vers divisé en trois séquences, effectivement (en général, du moins en principe) sur 5 / 7 / 5 syllabes. Mais donc il est absolument exclus par exemple, même si l’on accepte notre tradition de l’écrire sur 3 lignes, de faire commencer les 2ème et 3ème lignes par une majuscule (de toutes façons, en japonais il n’y a pas de majuscules). Sinon, on fait quelque chose qui n’est plus du haïku.
- la plupart des participants donnent l’impression que cette forme en 5 / 7 / 5 est l’unique caractéristique du haïku, alors que pas du tout. Le plus important, c’est l’esprit du haïku, et non la forme. J’ai lu par exemple :
« La bonne recette
Pour écrire un haïku
Est toute simplette :
Cinq-sept-cinq, pas plus ! »
Euh, non.
- (tant qu’à faire) Le mot « haïku » commence par un h aspiré. Si vous dites « une assiette d’haricots », au lieu de « de haricots », alors effectivement vous pouvez dire aussi « une suite d’haïkus ».
Si vraiment on tient à faire une « suite » rimée, on peut essayer de faire rimer le haïku (et non : l’haïku), mais si la seule caractéristique desdits « haïkus » est de tenir sur 5 / 7 / 5 syllabes, je crains qu’il n’y ait quelque part tromperie sur la marchandise.
Pour comprendre quelque chose au haïku, le mieux est sans doute de commencer par en lire beaucoup, des classiques japonais (en traduction hélas). Personnellement, j’essaie toujours de respecter le 5 / 7 / 5, mais je considère ceci comme une contrainte (librement acceptée), qui ne fait que se superposer à l’idée initiale, qu’elle améliore. Et la plupart du temps, je ne cherche pas à rimer, sauf si la rime s’impose d’elle-même.
Quant à la terza rima, c’est vraiment tout à fait autre chose.
P.S. Un défaut classique du « haijin » occidental est de tomber dans la « japoniaiserie ». Contresens, là encore. On peut parfaitement écrire un haïku dépourvu de tout koto et de toute geisha.