On voit qu’en quatre vers chacun, selon son cœur,
Est libre, ou bien contraint, de dire ce qu’il pense.
Qu’on ait tort ou raison n’a pas trop d’importance ;
Le jugement dernier appartient au lecteur.
Douée du monde saint, la paix parait potente
Le bien parle avec la voix du savoir
Trouver sur son chemin, parée, la récompense
Revient à marcher adroit sur la voie
Oui, s’exprimer ici franchement, quelle chance !
Ce bonheur me ravit, et je trouve très bien
D’être libre de dire enfin ce que je pense :
Hélas, je reste coi, car je ne pense à rien.
Les vers, c'est poétique ; on les descend en luge.
On se prend pour Banville ou Goethe ou mallarmé ;
Mais face à l'homophone, on se doit d'être armé
De beaucoup de patience et d'un bon vermifuge.
Auprès de mon grand-père il fallait que ça marche !
Comme aieul dominant et comme auguste époux,
Il régnait sur grand-mère et, noble patriarche,
Allait au magasin lui choisir ses dessous.
Muses ! Muses afin que vous me jugeassiez,
N’eusse-t-il point fallu, pour que mieux je rimasse,
Que vous me lussiez bien quand vous m’apparussiez
Et donnâtes un mot pour que je l’employasse ?
Un gage ! C'est n'eût fallu (et ici, c'est le plus-que-parfait du subjonctif : n'eût-il point fallu). Et pour la suite, je détourne pudiquement les yeux.