L'euthanasie un choix qui dait polémique

Par : Inconnu
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Ange

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Selon moi c’est un sujet rendu délicat à cause essentiellement de la peur des dérapages. Ceci dit Lucie, même si je suis d’accord avec toi sur le fond, il y a des gens qui pourraient vivre encore longtemps, qui sortent donc du schéma que tu présentes, mais dans des conditions de vie que je ne souhaite à personne. Ils réclament l’euthanasie. Deux exemples pour illustrer ces cas :
Image BBCode
Il s’agit de Chantal Sébire, qui "littéralement mangée par la douleur", réclama le droit d'anticiper sa mort… lien ci-dessous :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/03/12/chantal-sebire-litteralement-mangee-par-la-douleur-reclame-le-droit-d-anticiper-sa-mort_1021959_3224.html

http://www.dailymotion.com/video/x4ibjl_choc-elle-veut-mourir-terrible-et-e_news

et ce film Mar adentro , d'Alejandro Amenabar sorti en 2004 , inspiré de l'histoire vraie ... qui met en scène un homme très bien portant qui suite à un accident se retrouve paralysé.
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Pierre

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Vouloir qu'une loi générale régisse les cas extrêmes c'est à coup sûr faciliter les "dérapages" des cas les plus fréquents, qui font notre quotidien.

Si j'avais été à la place des enfants de Chantal Sébire, je n'aurais pas alerté la presse, je n'aurais pas fait du cas particulier et personnel de ma mère un cas général jeté en pâture au sentimentalisme dégoulinant de bons sentiments faciles, j'aurais fait dès sa demande ce qu'ils ont apparemment fait plus tard.

Un cas si pénible et si personnel ne peut être réglé qu'en conscience. Pas une conscience collective qui nous disculpe, nous protège, nous masque... Non sa propre conscience, celle qui n'a pas besoin de réclame, celle qui ne regarde que soi.
Il y a des gestes qui sont suffisamment traumatisants à réaliser pour qu'on essaie de pas se décharger sur d'autres de leur accomplissement.

Ces gestes ultimes aux confins de ce qui nous fait Homme, aux confins de la douleur, celle d'un Homme face à l'infini douleur d'un autre Homme, face à cette douleur qu'on ne peut réduire.
Dans ces contrées, les lois ne sont pas grand chose et c'est pourtant aussi dans ces contrées que l'Homme, se trouve.

Encore une fois, je ne sais si je me fais bien comprendre, mais bon... j'essaye...


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Aglae

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Pierre!
Très bien!
Sois sans crainte....merci...
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Joa

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Lucia et Pierre...vos pensées se rejoignent dans un sens qui me touche aussi.
La famille souffre et veut mettre fin aux souffrances de la personne malade qui est peut-être déjà déconnectée de sa réalité habituelle.
Par contre elle s'y est probablement adaptée d'une certaine façon en autant qu'elle soit bien entourée et reçoive des soins adéquats.
Je crois que souvent la perception de la famille est très différente de celle de la personne malade, trop émotive et c'est tout à fait compréhensible.

Nous sommes tous en mouvement en évolution et une personne malade l'est aussi. Certains jours elle veut mourir et d'autres non...

Une loi unique...non !

La mort est une chose intime et différente pour chacun
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Condition de vie, Ange a tout résumé... et le cas de Chantal Sébire est loin d'être un cas extrême isolé...
De part ce post j'avais envie de mettre en exergue la parole de ces gens (enfants et adultes) conscients et de santé encore "correct" qui désirent choisir leur fin avant toutes dégénérescences.
Il est bien aisé de dire si j’étais… je ferai… j’aurai fait….
Je ne sais pas si, il faut une loi supplémentaire, l’actuelle je la trouve bien hypocrite, bien lâcheuse pour tous ces gens qui veulent choisir simplement leur condition de vie devant la maladie.
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Pierre

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Ce que je ne comprends pas Sylvie, c'est qu'on ne voit pas que la loi en vigueur permet ce choix... En toute conscience et liberté.
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Justement Pierre...
Je pense que ces malades "de santé correcte" qui ont choisi d'aller vers cet acte ultime devraient avoir le droit d'une aide et d'un accompagnement qui malheureusement ne se font que la plupart du temps hypocritement, hors lois... ou loin de chez eux.

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Pierre

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Sylvie, la loi justement leur en donne le droit!!

Mais je sais bien qu'il y encore des gens (familles, accompagnants, soignants) qui ne s'y conforment pas.
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Ange

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Pierre la loi en vigueur ne permet pas ce choix quand tu n’es pas mourant et pourtant si diminué que tu ne souhaites pas endurer ça pendant des mois, voire des années, avec toutes les complications que ça implique ... Le cas du film Mar adentro illustre un de ces cas.

Et puis, franchement, dans un monde où chaque jours des milliers de gens sont tués impunément avec la plus grande duplicité de nos gouvernements, je ne peux que rejoindre l’avis de Sylvie sur l’hypocrisie. Si l’euthanasie pouvait rapporter aux actionnaires sans choquer l’opinion on aurait une loi depuis longtemps autorisant le suicide assisté. Le point positif, c’est qu’on peu en débattre contrairement à d’autres sujets pourtant tout aussi importants.
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Pierre

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Article L1110-5 En savoir plus sur cet article...
Modifié par Loi n°2005-370 du 22 avril 2005 - art. 1 JORF 23 avril 2005
Modifié par Loi n°2005-370 du 22 avril 2005 - art. 2 JORF 23 avril 2005
Toute personne a, compte tenu de son état de santé et de l'urgence des interventions que celui-ci requiert, le droit de recevoir les soins les plus appropriés et de bénéficier des thérapeutiques dont l'efficacité est reconnue et qui garantissent la meilleure sécurité sanitaire au regard des connaissances médicales avérées. Les actes de prévention, d'investigation ou de soins ne doivent pas, en l'état des connaissances médicales, lui faire courir de risques disproportionnés par rapport au bénéfice escompté.


Ces actes ne doivent pas être poursuivis par une obstination déraisonnable. Lorsqu'ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n'ayant d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris. Dans ce cas, le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa vie en dispensant les soins visés à l'article L. 1110-10.


Les dispositions du premier alinéa s'appliquent sans préjudice de l'obligation de sécurité à laquelle est tenu tout fournisseur de produit de santé, ni des dispositions du titre II du livre Ier de la première partie du présent code.


Toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée.


Les professionnels de santé mettent en oeuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie digne jusqu'à la mort. Si le médecin constate qu'il ne peut soulager la souffrance d'une personne, en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause, qu'en lui appliquant un traitement qui peut avoir pour effet secondaire d'abréger sa vie, il doit en informer le malade, sans préjudice des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 1111-2, la personne de confiance visée à l'article L. 1111-6, la famille ou, à défaut, un des proches. La procédure suivie est inscrite dans le dossier médical.

Pierre, je suis désolée mais je me fais mal comprendre aux vues de tes commentaires. Je n'ai plus d'arguments à te fournir, j'avais envie de mettre en avant cet interview, d'une femme soignée jusqu'au bout des ongles qui fait presque oublier sa souffrance et sa douleur devant la caméra. Cette femme a mené, me semble t-il double combats, combat devant la maladie et combat devant notre société pour son droit au choix de sa mort "décente". Je pense que malgrè tout elle a eu de la chance de pouvoir accomplir son geste accompagné, même si, elle est morte loin de chez elle. Elle a eu les moyens financiers et la force d'aller jusqu'en Suisse pour qu'enfin on respecte sa volonté...

Le suicide assisté devrait, à mon sens, être possible et respecté avec assistance et accompagnement dans notre beau pays.
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Pierre

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Sylvie, lorsqu'on fait en sorte que la personne ne souffre plus et qu'on arrête de traiter son mal, c'est quoi sinon un "suicide assisté?"

Pour aller plus vite, il reste la conscience de chacun. Qui n'est pas à juger.
Et qui ne peut être défini par aucun texte, je devrais dire qui ne DOIT PAS être définie.

Mais contrairement à ce que tu dis, je pense comprendre ce que tu veux dire.
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Michèle Corti

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Il est essentiel de bien choisir son médecin : une intervenante auprès de ma mère est confrontée à la douleur atroce de son mari, qui après deux opérations à la colonne vertébrale au mois de novembre puis au mois de janvier souffre le martyre après pourtant pas mal d'allers et retours à la clinique...Prenez patience lui répète-t-on si bien que le voici au bord du suicide et que ayant changé de médecin, le nouveau docteur a pris tout de suite des mesures pour ne pas laisser le malade dans ce paroxysme de douleur qui risque de l'amener à un geste de désespoir...
Eh, oui, cette situation est possible en un siècle où l'on proclame et affiche dans toutes les cliniques et hôpitaux que le malade ne doit plus souffrir !
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Pour aller plus vite, il reste la conscience de chacun. Qui n'est pas à juger.
Et qui ne peut être défini par aucun texte, je devrais dire qui ne DOIT PAS être définie.

Pierre, ne crois-tu pas que ces personnes auraient droit à être assistés et accompagnés dignement dans leur requête à abréger leur vie?
Faut-il vraiment que ces personnes se suicident dans des douleurs supplémentaires alors qu'avec deux injections, elles peuvent partir "paisibles"?
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Pierre

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Sylvie, je ne vais plus intervenir sur ce sujet, mais je ne vois pas dans la loi et dans l'espace personnel qu'elle laisse à la conscience de chacun ce qui peut empêcher cet accompagnement, si ce n'est l'exercice de la conscience responsable.