Par contraste avec le quatrain de Jammes que j'ai cité plus haut, voici la première réplique du Don Juan de Molière :
Quoi que puisse dire Aristote et toute la Philosophie, il n'est rien d'égal au tabac : c'est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre.
En principe, tout le monde entend l'alexandrin de la dernière phrase. Cela vient de ce que les syllabes naturellement accentuées se répartissent en 4 groupes ternaires (3/3/3/3):
et qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre
Avec une petite astuce...
Sachant que Molière a commencé à écrire sa pièce en vers puis il l'a terminée en prose. Elle contient donc quelques alexandrins blancs.
Selon moi, le rythme résulte des éléments sonores du langage (accents toniques, coupes etc.) que le poète a placé pour créer des rapports rapports arithmétiques simples que l'oreille perçoit.
alexandrin 6/6 :
Je t'aimais inconstant, qu'aurais-je fait fidèle? (Racine) Le balancement vient aussi du sens évidemment.
décasyllabes 4/6 :
Maître corbeau, sur un arbre perché (La Fontaine)
décasyllabe 5/5
Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères (Baudelaire)
octosyllabe 4/4 :
Mon beau navire, ô ma mémoire Apollinaire
etc.
Posté à 17h28 le 26 févr. 26
Édité à 17h31 le 26 févr. 26 par RommelPh