Des vers qui traînent encore partout...

Par : Salus
Il faut être inscrit et connecté pour répondre à un topic.
Avatar

Salus

Posts: 8456

Membre


Sont-ce des mots que le sort scelle ?
(Je l'avais menée au port celle
Dont l'image, qui se morcelle,
Encore aujourd'hui, m'ensorcelle...)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Poème d'amour pas courtois
Mais poème d'amour quand même !
(Oh, Ronsard, ce n'est pas pour toi ?
- Sache que c'est ainsi qu'on m'aime !)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Zeus envoie, en l'éternel été,
Le très grec souffle de nos racines,
Pense, esprit ! Lorsque tu procrastines
Part la Mémoire aux flots du Léthé.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Nous peaufinons
Lettre infinie
De tous tes noms
Ce qu'enfer nie

°°°°°°°°°°°

Ta confiance m'honore,
Mais, flous dans cet univers,
Prends garde à ces "trous de vers"
Perçant la trame sonore !
Avatar

Salus

Posts: 8456

Membre

Lau :

Les mots nous font
Qu'a cela d'impensable ?
Logos ils sont
Vecteurs de l'ineffable.


Répons :

C'est qu'un son fond
Pour moi, comme du sable,
Dans l'art fécond
Qui transcende la fable !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°

De ces culturelles pages
Nous sortons plus enrichis ;
Ce sont, pour notre rachis
Assoiffé, de bons cépages !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Pensant au cercle silencieux
Qui suit la présente rubrique,
Emu jusqu'à l'égocentrique,
J'embue, en pâmoison, mes yeux.

°°°°°°°°°°°°°°

Mâcha :

Un vol de colverts
S'envole au couchant
Au son de la yole
Paroles du soir


Répons :

Ce quatrain de vers
Sans rime est d'un chant
Qu'on dirait de viole :
Son pair va l’asseoir !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Le silence arrive
Les oiseaux se taisent
Et ces sons de rêve
Disparus m’attristent

Avatar

Salus

Posts: 8456

Membre

Saintes sur "Hideur" :

Et collant mon oreille,
Cet être sans pareil
Me confie sa douleur
Quand sous la pluie un pleur
Lors fait craquer l'écorce
Car il cède à la force.


Répons :

Méfie ! un dieu surveille
La mort et le réveil
De l'arbre et de la fleur :
Qui gris et qui couleur,
Qui bien droite et qui torse,
Comme un langage morse.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

"Une rime amorphe"
(Ma foi, quel concept !)
- C'est pour, en cinq-sept,
Un poème à morve ?

°°°°°°°°°°°°°°°°°

Le virus de ces solitudes
Réuni bien des impétrants
Mal payés de vicissitudes
Par des peuples intempérants

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Avatar

Salus

Posts: 8456

Membre





Sur "À la mémoire d'une chatte naine que j'avais"
par Jules LAFORGUE :

Magnifique ce Laforgue
Une poésie en or
Et plus ciselée encor !
- C'est fort bien, qu'on nous la fourgue.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

De la pensée attique addict
A ta tactique autocritique
Balancée, un cantique strict
Emane, au flux catadioptrique...

°°°°°°°°°°°°°°°°°°

L'ivresse du futur n'est pas si rose
...Et fut dure, à l'inverse, une cirrhose !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Tigrou, sur "L'inconnu" :

J'adhère sans prières
J'accote et ne mégote
Aux fastes de tes fièvres

Répons :

J'endure en mes paupières
Que ta côte me gâte
En de vastes mots-lièvres

°°°°°°°°°°°°°°°°

La poésie essaie, en lançant les mots,
De nous enlacer
Et si c'est ainsi qu'on a pu les placer :
Tels des dominos.

°°°°°°°°°°°°




Ce message a été édité - le 17-03-2025 à 16:10 par Salus
Avatar

Salus

Posts: 8456

Membre


Tu me colles, comme un chewing-gum
Qu'on attrape sous la godasse ;
Au lieu de jouer la gourdasse,
Evite plutôt mon wigwam.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Il faisait beau et froid
Une chouette effraie
Filait dans un vol franc,
Imagine l'effet !

°°°°°°°°°°°°°°°°

Et si tu croises la Mémoire
Prends garde à l'orbe de ses yeux
Plus séditieux que ceux des dieux
Ils t'entraîneront dans leur moire

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Un mot pour te dire bonsoir
Et qu'à bien dormir je t'invite
Puis regretter qu'il passe vite
Le temps, et qu'il est loin l'espoir !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Passe, en pensant à nous,
Douce comme soierie,
Une bonne soirée,
Chatte, sur mes genoux !
Avatar

Salus

Posts: 8456

Membre


Je te gratterai le cou
Et derrière les zoreilles ;
Tu dormiras peu ou prou
En rêvant à des grozeilles...

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Je pense à toi tous les matins,
Et t'emporte dans la journée
Où tes beaux yeux adamantins
Hantent mon âme détournée...

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Deux nuances synonymiques
Et d'autres ratiocinations
Intéressent si ces mimiques
Sont au ratio des damnations

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Quelque éclectiques nous fussions
Nous ne produisons que nous-même ;
Mais, ainsi que l'arbre fut scions,
De nos vers épars pousse un schème !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Avatar

Oxalys

Posts: 3504

Membre

La poésie essaie, en lançant les mots,
De nous enlacer
Et si c'est ainsi qu'on a pu les placer :
Tels des dominos.



Méfiance avec les dominos
D'une chiquenaude tout s'écroule
La critique est pire que la goule
Quand lui déplaît le château de mots
Avatar

Salus

Posts: 8456

Membre

Un écho de vers (pas celui des grimauds),
Ne peut me lasser !
J'abonde en ce sens ! Et sans les surclasser,
J'en fais des normaux !





Ce message a été édité - le 20-03-2025 à 15:48 par Salus
Avatar

Salus

Posts: 8456

Membre

Conversation :

- Cette forme de sonnet
Devrait être brevetée
Et dite, à l'heure du thé,
Par un interprète honnête.

Lau 

Quelque petit four câlin,
Une lyre chante et signe
Un baume à l’affligeant seing
Que tarit la triste ligne.


- Non sans payer notre écot
De rouages et de cordes
Pour en soigner le décor
Nous renouvelons les codes.

Lau

L’olifant, le tambourin
Pour annoncer cette rime !
Elle est dorée à l’or fin,
Délicate, on la devine.


- Non pas que le "la" veut nuire -
La rime à de l'avenir
Aux sons où le sens se mire,
Car sa moire fait frémir !

Lau :

C'est un cocktail Molotov !
Et ta dynamique, Tofe,
Est un Bing depuis l'aleph,
Quand le Bêta, Bang, se lève.



- J'aime, d'un alter égal,
Ouïr ce chant de cigale
Depuis Google à Gogol
Quand le fruit du vers s'y gaule !
Avatar

Salus

Posts: 8456

Membre

En nos meubles, ces mots nobles ?
(Tu me laures de cent lys,
Roses et volubilis.)
- De fort notables oboles !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Le vrai vers, c'est de la musique,
Or le mot n'est pas clef, mais note
Distordant son effet mnésique :
Elle exige un son de mainate
Dans une rigueur qui détonne
Sur cette apparence magique
Dont nous serions quelque argonaute...

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Au père Salus :

Je vous sais, de ce coup de fil,
Gré ; saluant votre mémoire,
Dont chaque fils, et c'est notoire,
Envie un peu son grec profil !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Nous restons dans l'art poétique
Et sous l'égide de Verlaine
(Toujours de bonne politique)
Evitons la phrase vilaine

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Je suis bien aise que tu passes,
Oh, ma lectrice préférée,
Lire ces aigus et ces basses
Au noir miroir que le sens raie.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Avatar

Salus

Posts: 8456

Membre

Aux intersections de l'idée,
Soufflent, dans des pensers communs,
Des tramontanes, des simouns,
Vents d'évidence débridée.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Ce front que tu daignes laurer
S'empourpre jusques aux zoreilles !
Je ne saurais le déplorer :
Rares sont des roses pareilles !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Ce rondeau sans rime se trame
Et s'anime en notes que j'aime ;
Comme un mainate je répète,
D'un quatrain, ce son qui m'épate !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

L'élasticité citée,
L'hévéa l'a révélée,
S'est avérée élevée
Dès qu'ici l'on l'a tissée !

°°°°°°°°°°°°°

Si je t'ai contaminé
(Je suis fier de ce virus)
C'est d'un dessein animé !

- Je t'embrasse, selon l'us.
Avatar

Salus

Posts: 8456

Membre


Quand le poème grandi ose
Une envolée lovée au ciel
Pleine d'images et de sel
Surréaliste et grandiose

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

La grâce grecque reste et pèse
Plus que chaque innombrable scion
Quoiqu'on la tue et la dépèce
Sans états d'âme ou compassion

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Je préfère l'odeur des myrtes
Ou celle éclose en fourrageant
Dans les cent sons qu'offre la lyre
Aux fragrances de l’Ouragan

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Quatrain sans "e" :

Ouvrant à tous, jusqu'aux LGBT,
Nos clubs sont francs d'aucun phallo ;
On y lit moult bouquins, journaux, BD,
Dans la paix, voir dans la philo !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

En jugulant les sons
Il semble que l'on jongle
A tout petits coups d'ongle
Sans que nous les blessions !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

J'aime, au son de vos cœurs,
L'espoir au fond de moi,
Le soir hanté de fleurs
Dans la friche en émoi...

(Que Vigny me pardonne !)




Ce message a été édité - le 24-03-2025 à 12:05 par Salus
Avatar

Salus

Posts: 8456

Membre


C'est beaucoup de plaisir,
Sir ! (Avec six ou sept
Stances, l’œil peut saisir,
Sens, le cours de ton fret.)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Tant de rouge incarna,
Avec le soir qui saigne,
La guerre, avec son règne !
(Beau rouge, hein, car : na !)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Je livre mon moi nu,
Fragile comme verre,
Baroque, biscornu,
Qui, dans les affects, erre...

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Merci, vous deux, chastes ni prudes,
D'aimer ces vers licencieux ;
D'autres les trouveraient absurdes,
Même s'ils chantent les cent cieux.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°


Un son bien à toi
De tes vers ruisselle ;
J'ai relu, puis celle
D'après - quel envoi !

°°°°°°°°°°°°°°°

Sauf le censeur, qui la détruit,
La langue verte, véronèse
Ou viride, pour le déduit,
Mettra le lecteur plus à l'aise.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Avatar

Salus

Posts: 8456

Membre


La pensée est une Osmose
De l'abrupt vers l'esprit nu
Dont l'abord reste ingénu :
C'est tous azimuts qu'il ose !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

O merci vous trois qui me lûtes
Sans être lassé par mon luth
Ni par les reflets de bismuth
Jetés par mes cors et mes flûtes

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Posons-nous donc des réponses ?
(Mais il n'en est pas question)
Sinon, comme certains bonzes,
Reste l'auto-combustion !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

J'apprécie en tout d'être lu,
Dans le vers court de ces bêtises
Dont je suis fier que tu n'en dises
Pas écrit d'un hurluberlu !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Si c'est ainsi que Poquelin
Selon les us de son époque
L'écrivait, c'est que tout est clean !
(Mais cela m'était pis qu'opaque)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Mais là n'est plus ni haut ni bas
C'est une contrée improbable
Vierge de nos traces de pas ;
On la mesure à l'astrolabe !

ーーーーーーーーーーーーーーーー

C'est l'ivresse du zénith
A des hauteurs si profondes
Qu'on peut y croiser Lilith
Et d'autres angesses blondes...

ーーーーーーーーーーーーーーー

Pégasus, issu du sang de Méduse,
Me croisa là-bas, à l'insu des siens ;
Chrysaor traînait plus bas, bête obtuse,
Et Sthényo comme Euryale, aux foins...
Avatar

Salus

Posts: 8456

Membre


A la poignée qui suit ces vers traînards :

- Jusque là, je vous ai épargné les "pingpongs", paske Lau est censé en faire collec, dans ses fameux "recueils numériques", dont je ne trouve plus la trace, mais que je vous conseille ; eh bien, je vais désormais vous les assener, quitte à les relire, ça peut pas faire du mal, et puis il s'y cachent quelques perles, on va pas se priver !


Lau sur le "Sonnet de la trahison" (Hakeldamach )
- ping pong technique :

Symbole, un apostat, qu’on ne peut nommer ‘Jude’
Mais un prénom plus rude, on l’appela Judas.

Un sonnet si parfait ! j’entends Satan qui rote ;
Le cri de la « carotte » ajoute un rire au fait.

Dans « Zacharie », on croit voir arriver le traître
Qui condamna le maître et le mit sur la croix.

Répons :

Ce biblique fatras que mon poème exsude
Cache une aigre âme prude où d'aucune "ex" souda

Ce rictus qui me vêt ! (et Satan, c'est mon prote)
Mais dans mon cerveau trotte un vers qui s'y lovait :

"D'aucun, qu'on a cru droit et qu'on pensait connaître,
Peut finalement être affreux, cynique et froid."

("souda" ne rime pas avec "Judas", ni "froid" avec "croix", argh ! je perds le point)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Principes du ping pong littéraire
(explications à un "débutant chevronné") :

Service Pierre :

Comme disaient mes grand-dabes
qui tâtaient un peu la Muse
Colline en heptasyllabes
aurait réjouit Giono.
La quintessence y infuse
tel en un cappuccino.


Répons :

Sextants, compas, astrolabes,
Toisent, si l'on ne s'abuse,
L'horizon ; toi qui l'attrapes,
Sans satellite ou gonio*,
J'aime que le mien t'amuse ;
J'en frétille, un vrai danio !

(La dernière lettre est identique, l'inversion "Giono / gonio" se justifie d'elle-même, le répons est bon, à mon avis...)

Reprise Pierre :

En impair on marche en crabe,
sans complexe et sans excuse.
J’en ponds volontiers en rabe,
cependant qu’au piano
Salvador joue Syracuse
à la cool, andantino


(La suite logique du sens est correcte, mais les singuliers en "abe"
ne riment pas avec les pluriels en "abes", il y a faute !)

Répons (de complaisance) :

Plus goulu que le carabe
Tu dévores, plein de ruse,
En buvant du vers qui râpe,
Tant de mots brochés d'agneau
Que ma pauvre plume abstruse
Dès lors semble un bitoniau !


Le sens varie, mais sa logique reste acceptable...

Reprise Pierre :

Un proverbe mozarabe,
qui sur twitter se diffuse
comme la caille cacabe,
prétend que les bigorneaux
se noirciraient à la Suze
en grands seigneurs des anneaux.


Même remarque que précédemment, mais à l'envers :
(La suite logique du sens est à discuter, mais les singuliers en "niau",
s'ils pourraient rimer avec des singuliers en "neau",
à la rigueur, ne riment pas avec les pluriels en "neaux",
la dernière lettre doit être la même, ou équivalente, il y a faute !)