La poésie sur internet
Votre session va bientôt expirer. Souhaitez-vous rester connecté ?
Temps restant :
Il faut être inscrit et connecté pour répondre à un topic.
Par : Rickways
@Salus C'est exact, et cela dépend notamment du genre et du style qu'on souhaite adopter : on n'écrit pas un poème "classicisant" comme on écrit une chanson un peu "approximative". Dans le premier cas, la diérèse sur "justifier" par exemple serait tout à fait... justifiée, dans le second elle sonnerait sans doute faux.
Posté à 15h37 le 28 janv. 25
Merci Eric
C'est une bonne initiative !
Reste du commentaire supprimé bien que ce ne fût pas une bêtise notable. Cela détonnait quand même un tantinet.
Ce message a été édité - le 29-01-2025 à 19:51 par Oxalys
Posté à 22h43 le 28 janv. 25
Peut-être faudrait-il signaler les pièges à éviter.
Pour obtenir le bon nombre de syllabes d'aucuns ont recours à la cheville. C'est à dire un mot inutile qui ne peut qu'alourdir le propos. Il est préférable de consulter un dictionnaire de synonymes pour trouver un mot plus long.
Inversement, d'aucuns suppriment des articles. Là encore il est préférable de recourir au dictionnaire de synonymes pour trouver un mot plus court.
Posté à 08h28 le 29 janv. 25
@Pierrelamy
Je suis bien d'accord, mais alors c'est une autre perspective.
Il est toujours frappant par exemple de constater le nombre de "poètes" qui croient se lancer dans l'alexandrin (car, selon leurs vagues souvenirs scolaires, la poésie, c'est l'alexandrin) et qui n'ont pas la moindre idée de ce que c'est. De sorte qu'on obtient par exemple (j'exagère à peine):
"Oh là là je t'aiMEUH, j'arriv' plus à dormir".
Que dire ? Rien, sans doute.
Posté à 11h37 le 29 janv. 25
Ben, on peut toujours se lancer dans une sorte de nomenclature, ou suite de recettes de cuisine... ce sera bref, fonctionnel et demandera zéro gramme de jugeotte.
Mais si le "poète", débutant ou non, est un amoureux de la langue, ce qui le mène à désirer pénétrer ses arcanes, il s'ennuiera rapidement.
Dans tous les cas, il faudra définir la terminologie avant que d'en user, en veillant à n'utiliser que ce qui a déjà été défini et en évitant les définitions cycliques. La simple expression "prose poétique" n'est pas claire, tant que ni "prose" ni "poésie" n'ont été définis. Mais on peut se contenter d'avoir l'impression de comprendre, ce que l'on nomme "le sens commun"...
En ouvrant ce topique sur ce sujet de la versification, Eric permet à chacun de cogiter un peu sur celui-ci, une bonne matière à réflexions; il lui est loisible alors de piocher dedans pour alimenter et modifier tant la forme que le fond de son petit traité, en plaçant le niveau à la hauteur qu'il juge bonne, puisque c'est son traité, non celui d'aucun.
A minima, on se contente de lui signaler quelque erreur flagrante, qui n'en commet ?
A ce propos, je signale que deux hémistiches, soit demi vers, sont nécessairement égaux; il est donc inutile de préciser "deux hémistiches égaux"... ainsi que je l'ai lu.
Ce message a été édité - le 29-01-2025 à 15:35 par Jim
Posté à 14h43 le 29 janv. 25
Dame Oxalis, les discussions ici, pour techniques qu'elles puissent vous sembler, n'enlèvent rien à l'ouvrage d'Eric, qui me semble être un aperçu, un tour d'horizon honnête du propos poétique littéraire ; j'ajoute que je n'ai pas encore entendu de bêtise notable, ce qui m'encouragerai plutôt à suivre.
Ce message a été édité - le 29-01-2025 à 15:11 par Salus
Posté à 14h58 le 29 janv. 25
à propos du sonnet : https://lespoetes.net/forumvoirtopic.php?t=24021&page=1#p_161465
Erratum : "imposent au sizain" et non pas "imposent aux quatrains"
Ce message a été édité - le 29-01-2025 à 16:39 par Jim
Posté à 15h10 le 29 janv. 25
...Ceci dit, si tout ne se doit pas, tout se peut en vers, y compris et malgré les justes remarques de Tonton ; et pour accommoder tout le monde, voici un petit texte d'exemple que l'on pourra goûter même sans en comprendre les arcanes :
Bòri
(Cabôt)
Au muret d’enceinte, mystère de pierre,
L’araignée est sainte, cuivre la lumière.
Des lézards y glissent ; ni ciment ni glaise,
Les escargots hissent leur coquille obèse
Sur les roches sèches, tel l’os lisse, nettes.
Des noyaux de pêches s’y cachent - saynètes -
Et lichens et mousses d’y cracher leurs spores,
Peindre des feux, rousses dorures des flores…
Ces minéraux cloîtres de pâtis paisibles,
Pacages de pâtres des anciennes bibles,
Nous offrent des œuvres de mainte patience
Que mille couleuvres hantent en silence…
Les cailloux se cueillent au fil des années,
Des chants en émanent, musiques innées.
Bergerie austère, de pierres aimées ;
Murets de nos pères, meulières glanées…
Posté à 15h10 le 29 janv. 25
Ce poème n’a rien de choquant à mon avis si on l’écrit comme suit :
Au muret d’enceinte,
mystère de pierre,
L’araignée est sainte,
cuivre la lumière.
Des lézards y glissent ;
ni ciment ni glaise,
Les escargots hissent
leur coquille obèse (etc.)
à part peut-être quelquefois l’euphonie discutable :
Ces minéraux cloîtTRDe pâtis paisiBLPacages de pâtTRDes anciennes bibles (…)
mais ceci n’est que mon avis personnel.
Posté à 15h57 le 29 janv. 25
Justement, il n'est pas écrit comme ça, ce qui lui donne une musique particulière, mais patente, alors même que sa façon est réprouvée par le vers régulier.
Posté à 18h18 le 29 janv. 25
...de même, légèrement en dehors des conventions, avec deux rimes épicènes, ces alexandrins non conformes à lire sur deux lignes, (sauf l'octo final), déguisés en iambes inégales (n'oublions ni le sens, qui n'est pas là pour être forcément compris, mais qui doit être, ni l'azur) :
La recherche des voleurs de feu
La poésie est solitaire,
Oui mais parfois,
Une élision louche déterre
Au vent le froid
Du désir de lire et connaître,
- Acres effrois ! -
La pensée au cœur de quelque être
En qui, je crois,
Se peut cacher un Baudelaire,
Un chantre adroit !
Et l’inquiétude et le désir
De s’être tu,
Lu des esprits versés dans l’azur
Et la lyre !
Qu’un fluide emporte et rassure,
La faisant luire,
Dans le cours de tes mots la césure
Impromptue !
S’il t’intéresse un jeu du verbe
Où l’on flamboie,
Si compliqués que soient Malherbe
Et le hautbois,
Je veux qu’avec toi s’exacerbe,
Si tu bois
A la même eau, d’où le langage imberbe
Ondoie,
Le goût de fer de ce gour clair!
(L'élision louche tient dans le premier "pseudo-dodéca" :
La poésie est solitair' Oui mais parfois,
élision reconnue par la versification, mais que je ne pratique qu'ici, profitant du retour à la ligne, tant je la trouve louche...
Ce message a été édité - le 29-01-2025 à 18:50 par Salus
Posté à 18h31 le 29 janv. 25
Je n'ai pas tout compris (enfin, l'essentiel quand même j'espère) mais ça m'a rappelé une traduction d'une chanson russe que j'ai faite un jour. En lisant les vers originaux à haute voix, je me suis aperçu qu'il y avait des rimes internes, et je me suis demandé s'il n'aurait pas mieux valu présenter le texte différemment, pour faire ressortir ces rimes justement. Mais il semble que non, alors j'ai essayé de traduire de façon similaire, ça donnait par exemple :
"L’herbe aussi se fanera, l’automne est le temps des morts ;
qu’importe le vent du nord, le printemps l’emportera.
Je ne verrai pas avril raviver le bleu du ciel,
et ma chanson, le dégel, alors la reprendra-t-il."
Les rimes internes ne sautent pas forcément aux yeux à la seule lecture, mais si on dit le texte à haute voix, on s'aperçoit de leur présence. Valait-il mieux proposer des vers de 7 syllabes ? Je n'en sais rien, et l'auteur (Vera Matveieva) est morte depuis belle lurette... La césure en tout cas peut faire office de retour à la ligne.
Posté à 19h16 le 29 janv. 25
Il faut être inscrit et connecté pour répondre à un topic.