Sans respirer
Est-ce, derrière moi, quelqu'un qui lit ces mots,
Un juge, un correcteur, un ami des corbeaux ?
J'écris sans respirer. D'où me vient cette angoisse ?
Un vague sentiment m'étreint dans ses étaux
De culpabilité. Ma plume est en lambeaux.
La feuille se raidit, bientôt elle se froisse.
Un jour de grand soleil chassera ce tourment.
De midi à minuit le cœur brise ses chaînes.
Du temps qui raccourcit, pourquoi sauver les peines,
Si rien ne se construit dans cet enfermement ?
De l'humain devenir l'essence est sentiment.
Ce regard, au-dessus de mes pauvres semaines,
Sait le grand échiquier d'ivoires et d'ébènes
Où je crains vainement le libre cours du vent.
Lignes brisées – ISBN 9782919390175 – DLE 2015-5648