"Marcek gagnera donc ce bel alexandrin"
(avec césure à l'hémistiche, à consommer sur place !)
Bon ! vous êtes chauds ? - paske là, c'est du sérieux !
...Nous en sommes donc à la page 13 des "Poésies d'hier" de votre site préféré, où l'on constatera que monsieur Pouchkine, pou Russe qu'il fût, maîtrisait le français mieux que ce que son transcripteur savait de versification !
J'y détecte trois fautes qui entachent ce texte autrement parfait, chacune vaudra un caramel mol, et celles ou ceux qui rétabliront les vers dans leur intégrité, eh bien, c'est qu'ils se seront renseignés ! (ou alors, très malins)
Mon portrait
Vous me demandez mon portrait,
Mais peint d'après nature :
Mon cher, il sera bientôt fait
Quoiqu'en miniature.
Je suis un jeune polisson
Encore dans les classes ;
Point sot, je le dis sans façon
Et sans fades grimaces.
Oui, il ne fut babillard,
Ni docteur en Sorbonne,
Plus ennuyeux et plus braillard
Que moi-même en personne.
Ma taille à celle des plus longs
Las ! n'est point égalée ;
J'ai le teint frais, les cheveux blonds
Et la tête bouclée.
J'aime et le monde et son fracas,
Je hais la solitude ;
J'abhorre et noises et débats
Et tant soit peu l'étude.
Spectacles, bals me plaisent fort,
Et d'après ma pensée
Je dirais ce que j'aime encore
Si je n'étais au Lycée.
Après cela, mon cher ami,
L'on peut me reconnaître ;
Oui, tel que le bon Dieu me fit,
Je veux toujours paraître.
Vrai démon pour l'espièglerie,
Vrai singe pour la mine,
Beaucoup et trop d'étourderie,
Ma foi, voilà Pouchkine.