Le palimpseste imparfait

Par : Tom
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Tom

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Le fond d'l'air était frais, pour sûr. Histoire d'nous réchauffer l'atmosphère Benny nous dégotta un tambour de première, un polak de derrière les fagots. Careful with that axe Eugène on lui disait toul'temps. Chanter qu'on aurait dû, chanter chanter, chanter. Mais non, lui en remettait plein la chaudière et passé Winnetka personne a jamais pu arrêter l'train...
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] Tatactatoum tatactatoum…
« Is there anybody out there ? » s’enquiert néanplus et bras en moins l’esprit cendré de Cendrars penché sur quelque joaillerie, des gemmes à n’en plus finir de gémir au son des trompettes d’un Miles Davis en goguette, tourne-Boulez notes bleues ! c’est le train de 10 : 37
qui file au tombeau ou vers d’orientales senteurs de cèdres mêlées à des mezze de fêtes… Les cèdres bleus… Hummm…
Tatactatoum tatactatoum…
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Pierre

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C'est un lit banc, car il fait les deux, on y passe donc le jour et la nuit. C'est de là qu'on attend que le train siffle trois fois avant de s'endormir. Alors on peut être Gary Cooper au milieu des senteurs de cèdres, ou Hiram les apportant à Salomon pour en faire le Temple qu'on sait.
J'adore l'encens, l'esprit y vole avec ses fumées.
Au matin courbatu par la dure nuit à être autre, on se lève c'est le train train du matin... Tout commence avec le café.
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Tom

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un train de cèdres / le barbier de Sibérie

Ainsi on y mettrait des copeaux, des copeaux, des copeaux. J'aimais malgré tout les vapeurs de cet oncle fou qui découpait la forêt à la machine. Ça parlait de la vie qui va alors que d'autres restent suspendus dans le temps. Assis dans le wagon, Nikita me racontait leur histoire, et sans cesse, Mozart était un grand compositeur.
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Pierre

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Les rubans crantés des films de la vie deviennent invisibles dans le brouillard numérique.
Mozart entre dans les poumons et Tolstoï fume un tabac gris.
Elle lit dit-on dans le train, je le crois, je ne l'ai pas vu, je ne l'ai pas vue.
Elle a peut-être levé les yeux un instant et a peut-être vu un cerisier alors qu'elle espérait un cèdre, je ne sais pas. Je ne la connais pas.

Télérama a dit que c'était romanesque, j'ai vérifié. Parfois Télérama dit des choses que je partage.

Jane avait laissé tarzan apparemment et s'envoyait Anna karenine et Tolstoï, pas Tolstoï, non un autre, télarama a dit que c'était comme la renaissance d'une âme (j'ai lu "les âmes mortes"), mais bon Télérama parfois ils font dans le dithyrambe...

Salut, Tolstoï!
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] vivre dans les arbres

L’arbre


L’arbre chargé d’yeux
Les alcôves aériennes
Un salon arboréen
Les livres comme des oiseaux
Une ombrelle de dentelle
Quelques guipures se balancent

Un arbre sans racines
Victime de la cognée

Le secret parfum des feuilles
Avalanche de capillaires
Couche de plumes
Grandes moirures vertes
L’espace ondoyant
Maraudeurs de fruits
L’amant de l’amandier
Pont de corde
Lié à l’orme

En exil dans les arbres
Vivre au-dessus
Dormir dans mon arbre

Les pattes ténues d’une vieille reine
Mourir dans les arbres

Mourir.



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Tom

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- Aériennes, dites-vous ?

- Un gentilhomme est un gentilhomme, monsieur mon père, aussi bien au sommet des arbres que sur terre

- Côme vous voilà Ombreuse, mais perché, jusqu'à n'en plus vivre

- 4 5 6, cueillir des ceryeuses



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Tom

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En bas c’est la ville
Il faut monter longtemps pour atteindre une herbe rase
et ces quelques pans de murs encore debout
penser longuement avant que le feu prenne
Personne ne pense à chanter, ici
La joue est mal rasée, l’œil coupant
- des têtes vont tomber, le monde va chan/…
Le monde ? - il est comme cette jatte fêlée, à moitié renversée
où les chats vont boire



(suite en forme de gomme....)
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [subsistent des traces néanmoins...]

Monter plus haut pour un cul-d ’-jatte, ça devient vite
prise de tête
A force d’être près du sol on n’en monte pas plus en gamme
alors chanter…
Chanter sur des airs de piafs
Come on baby light my fire
Atteindre la troposphère en deux coups de cuiller à pot
la peau tannée
dans les couchants indigo
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Tom

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Light my fire / Alabama song

Tell me the way
To the next whisky bar

I don't ask why

Un trait d'angostura bitter
Un tiers de blue lagoon
Un tiers de mood indigo
Un tiers de Soylent Green
Et beaucoup beaucoup de glaçons

I'll tell you
I'll tell you.....
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Pierre

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Je ne lis pas bien l'anglais et c'est un euphémisme ...je crois.
Mais j'ai beaucoup écouté Weill et donc pas mal entendu Brecht.
J'étais dans la fosse un jour de "quatre sous", et la soirée fut prolongée. Je ne me souviens pas des glaçons je n'en mets jamais dans mon whisky et je ne suis pas un accro des cocktails.
C'était Xavier Darrasse qui dirigeait, il avait déjà perdu son bras lors d'un accident (c'est bête cette expression "perdre son bras").

J'écoute et j'entends le bruit du bar et Darasse qui me parle de Duruflé et de Messiaen, j'entends: "la même chose" et j'entends le bruit du verre posé sur la table. On était une petite dizaine mais Darasse me parlait.
Le matin est arrivé quand on était sur le trottoir, marchant dans la rue du Taur vers Saint-Cernin, il me parlait de l'orgue de la basilique et je crois bien qu'il pleurait.
Il était un peu gris bien sûr (et c'est sans doute aussi un euphémisme) , mais je ne pense pas que la griserie soit en cause, il pleurait son bras perdu.
C'est vrai que Weill c'est bien, et puis c'est tellement humain.
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Tom

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Souvent je me fais le petit jeu de l'île déserte, et je crois que j’emmènerais sur mon île cette Alabama-là, avec son accent allemand plutôt éloigné des plantations.



C'est vraiment une version à part, mélodramatique à souhait. On peut aussi la siffler sous la douche, je fais très bien, mais pas sur youtube

Je note au passage le tien dans la fosse. A quel pupitre ?
(encore un mot, ca, pupitre...)

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Pierre

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Sans instrument je n'ai jamais eu ce niveau là...!. Il se trouve que j'étais le pote à un saxophoniste et j'avais rencontré Darasse avec lui en répétition. A ma demande il a accepté que je sois dans la fosse.
En fait j'ai joué deux fois au Capitole (jusque là ça le fait hein?) la première pour une rencontre officielle France/Israël (au programme les deux hymnes) et une autre fois pour un concert avec la musique militaire régionale. J'étais trompette alors...

L'opéra de quat' sous c'est autre chose... 😎
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Tom

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Le tambour, après les trompettes

(Travail d'atelier sur une phrase de Jean Cocteau.)

Champ contrechamp.

" Dans un nuage de poussière, un petit garçon transporte son tambour et ses singes."

- Oui, la poussière, mais je les vois
- Il y a le bruit qui attire le regard, dans le nuage de poussière, et alors, le tambour
- Oui, le tambour d’opérette rouge, rutilant
- Une petite cymbale, aussi
- Oui, un tambour, comme un jeu d’enfant
- Un jeu d’enfant qui joue du tambour
- Oui, mais au début, pas encore l’enfant, d’abord, les singes
- Vous voulez dire dans le nuage de poussière d’abord le bruit du tambour, qui est rouge, avec une cymbale, et les singes qui sortent de la poussière. L’un deux tient une petite sébile avec de la monnaie.
- Oui, quelque chose, une charrette qu’on a déplacée, ou une rafale de vent, a soulevé un nuage de poussière autour du bruit du tambour
- Ou des animaux, effrayés par un coup de cymbale, ou un pétard d’opérette, aussi. Un âne, ou des poules, peut-être.
- Oui, les singes, eux, restent calmes. Seule, leur tête, leurs yeux, ont de petits mouvements brefs, aigus, furtifs, comme s’ils disaient : « là, et puis, là. »
- On n’entend pas à cause du tambour.
- Oui, c’est l’enfant qui joue. Lui ne regarde rien, il avance doucement. Les deux singes, comme ses yeux.
- Un sur son épaule, l’autre sur une mallette en osier qu’il porte en bandoulière.
- Oui, le tambour, et la mallette en osier, en bandoulière, et qui sortent du nuage de poussière. Ou c’est la poussière qui maintenant, retombe.

Avancer.
C’est mon tour, à moi. Avant, eux, ils chantent, et moi, j’attends. Ensuite c’est mon tour, je dois le faire. Le pétard explose, j’avance. Passer à côté de cet étalage de fruits, des caisses d’oranges, posées à l’ombre, au pied des tréteaux. Rester bien droit, jouer. Pas grave si ce n’est pas très régulier. Jouer. Avoir l’air ailleurs, et comme si j’étais triste. Jouer triste.
Des habits, des robes de couleurs, des chapeaux, des écharpes. Une pièce, deux. Avancer doucement, ne pas avoir l’air de, mais guetter. Ralentir si je sens que, peut-être. Comme les singes, donner l’impression d’être sage, très sage. Encore des fruits, des jarres d’huile, une odeur d’olive. Deux femmes bien habillées, regards sévères. Elles ne m’aiment pas. Elles n’aiment pas ça. Continuer, ne rien montrer. Les singes.
Plus loin, des cages à poules, une odeur de fiente. Une pièce. Au bout de la place, revenir sur mes pas. Repasser, à côté des deux femmes. Sentir. Et puis les oranges, après. Jouer, avancer. Ne pas. Comme si.


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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] merci tom d'avoir ramené ce poème
qui rappelle de bons souvenirs