L'euthanasie un choix qui dait polémique

Par : Inconnu
Il faut être inscrit et connecté pour répondre à un topic.
Avatar

Pierre

Posts: 6100

Membre

Marcek, Aglae...bien sûr... mais un doute subsiste toujours quand la personne souffrante n'est plus en état de s'exprimer, est-elle toujours en accord avec ce qu'elle aura décidé avant?

J'ai également vu une famille qui demandait aux soignants d'abréger les souffrances d'une personne qui elle ne demandait rien alors qu'elle le pouvait...

Souvent la souffrance des familles est immense et le désir d'abréger les souffrances du malade n'est parfois que l'expression d'une souffrance personnelle qu'on n'arrive que difficilement à supporter.
Avatar

Aglae

Posts: 930

Membre

Pierre

Toutes les remarques que tu soulèves sont pertinentes; C'est un problème très délicat à aborder et à régler et il exige de chacun une réflexion personnelle. je ne pens pas qu'une 'Loi' puisse s'appliquer machinalement à tout le monde tellement nous sommes différents...Il faut accepter cette différence...il y a des gens très âgés dont la qualité de vie et la bonne santé justifie pleinement de rester en vie et d'autres, handicapés,qui risquent de végéter, grabataires, pendant des années...On sent bien que ce ne sont pas les mêmes solutions qui conviennent, non?
Si ça t'interesse, tape sur Google:"Mort D'Arthur Koestler et de sa femme"
TU connais Koestler?'Le Zéro et l'Infini'???
Je m'arrête là car l'infirmière arrive pour la prise de sang!
Aglaé 😃 mais oui! 😃
Avatar

Posts: 0

Membre

Je suis en colère devant autant de souffrance que l’on puisse laisser endurer à certaines personnes condamnés par une maladie incurable (quelquefois âgées de moins de 5 ans) qui finissent leur derniers mois dans des conditions que je ne peux considérer comme humaine.
Je pense que dans notre société le droit de programmer le choix d'une mort décente devrait faire plus que soulever des pertinences.
Avatar

Pierre

Posts: 6100

Membre

Je pense que faire mourir quelqu'un est suffisamment important pour qu'on s'occupe des pertinences...

Je pense que la "décence" de la mort est d'abord relative à celui qui la cotoie et non pas à ceux qui accompagnent.

La dignité... Vouloir la définir définitivement c'est ne pas tenir compte de la personne qui, elle, change.
La dignité comme la décence sont des notions à géométries variables, aucun de nous ne met les curseurs aux même endroits et chacun de nous fait varier les curseurs en fonction de tout un tas de facteurs qui font notre vie...

Une loi par définition défini des normes et des limites. Il me semble bien difficile de définir ces limites et de ne pas empêcher, si elles sont définies trop précisément, qu'on s'abrite derrière ces règles pour justifier bien des actes...
Avatar

Posts: 0

Membre

Oui tu penses Pierre et d'autres, malades, agonisants pensent autrement...
Avatar

Pierre

Posts: 6100

Membre

Sylvie, en quoi la loi en vigueur ne répond pas à leur attente?
Avatar

Posts: 0

Membre

elle n'abrège que les tous derniers moments, Pierre soyons lucides, la souffrance, la douleur... ne viennent pas les trois ou quinze derniers jours d'une phase terminale, tu es bien placé pour le savoir, puisque ton épouse travaille dans les soins palliatifs.
Avatar

Pierre

Posts: 6100

Membre

Sylvie ces "derniers moments" dont tu parles, peuvent être n'importe quand...
La loi actuelle n'en définit pas le début!
Avatar

Posts: 0

Membre

"en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable"
Ce n'est pas défini?

Pierre, une personne qui est prévenue que dans les mois à venir elle perdra petit à petit ses plus simples facultés en supportant et s’infligeant souffrance et douleur, devrait avoir, à mon sens, le choix et l’opportunité de choisir paisiblement, consciemment, lucidement sans attendre une dégénérescence dite phase avancée pour enfin avoir le droit d’une fin prédéfinie sans avoir à aller courir, loin des siens, en Suisse ou en Belgique.
Avatar

Pierre

Posts: 6100

Membre

Sylvie, un patient peut demander à ne pas poursuivre son traitement.
La loi prévoit de faire en sorte qu'il ne souffre pas, même si ce traitement contre la douleur accélère sa mort.
Mais encore une fois, les gens qui ne souffrent plus ne demandent qu'excessivement rarement qu'on accélère le processus en marche.

Je comprends ce que tu veux dire, mais j'ai connu des familles demandant à ce que le proche ne "souffre plus", alors que le proche ne souffrait pas.
La souffrance était celle de la famille, pas du malade.
La famille voulait abréger ses propres souffrances.

Avatar

Posts: 0

Membre

Je lis bien que tu ne me comprends pas Pierre, tu parles de phase avancée, des proches, de responsabilités médicales et autres...

Tout ce que j'espère c'est qu'un jour je n'aurai pas à supplier, à mendier... pendant des mois et peut-être loin de chez moi, une mort "décente".



Avatar

Pierre

Posts: 6100

Membre

Ben sylvie tout l'esprit de cette loi réside là dedans... Ne pas avoir à "mendier".

Par contre ce qui est vrai, c'est que comme beaucoup de lois, elle n'est pas appliquée partout et toujours.

Mais penses-tu vraiment qu'une loi supplémentaire entrainera son application toujours et partout?

Avatar

Posts: 0

Membre

Je ne sais pas Pierre... mais pouvons-nous, "nous" complaire dans l'immobilisme sous prétexte de craintes de dérives?



Avatar

Pierre

Posts: 6100

Membre

Mais cette loi n'est pas l'immobilisme!
Au contraire elle place l'Homme au centre des attentions.

Ce que font les hommes d'une loi est autre chose et on pourra faire autant de loi qu'on veut il y en aura toujours pour ne pas respecter leur esprit.

L'important dans cette affaire c'est l'Homme, sa dignité, qui doit être la sienne et pas celle que toi tu vas définir.
Cette dignité qui est changeante, c'est bien là toute la complexité du problème, et c'est sans doute là qu'il faut laisser un espace privé où la conscience de chacun fasse son office...
Je vois dans la loi actuelle cette humanité et cette liberté, et j'y vois cet espace où l'Homme et sa vie ne sont pas qu'une suite de codification.
Avatar

Lucie

Posts: 786

Membre

Il y a euthanasie passive quand on ne pratique plus certains gestes relevant des soins fondamentaux, comme l'alimentation artificielle, l’arrêt des traitements (sauf soins palliatifs) qui abrège la vie lorsque le cas est désespéré.
L’euthanasie passive est un refus d'acharnement thérapeutique (légal).

Je pense que la plupart du temps ce sont les proches et le personnel soignants qui souffre psychologiquement de voir la déchéance d’une personne en fin de vie.
Que cette souffrance est à ce point insupportable qu’elle trouve écho dans une demande d’euthanasie, non de la personne malade mais de ceux qui l’accompagne.
Je pense aussi que si l’accompagnement est bien fait et sans souffrance pour la personne qui s’en va, pas besoin d’euthanasie.

Sur le terrain beaucoup de travail à faire encore…
Ni pour, ni contre,perso, je suis pour partir dans la dignité et sans souffrance.