La poésie sur internet
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Par : Liva Soléa
Merci Rickways.
Je n'étais pas loin de la dissonance cognitive.
Posté à 09h51 le 06 févr. 26
En ce qui me concerne, j'abandonne. C'est dommage parce qu'il y avait beaucoup à échanger, à mon avis, mais cela ne semble pas être le bon lieu. Merci de votre attention.
Posté à 09h55 le 06 févr. 26
Je suis tout entier une caresse
Je ne sais plus si mes yeux
Sont des mains ou si mes mains
Te voient c’est l’inconnu que je serre
Contre moi
Tu es mon inconnue
Puisque moins je sais et mieux
Je sais quand je cherche en moi
Quand je cherche en toi
C’est le temps que je caresse
La vie que j’ai dans mes mains.
Tu me demandes ce que je ferai quand nous serons ensemble
puisque je n’aurai plus à t’écrire
ensemble ne m’emplira plus des paroles des autres
mes yeux ne serreront plus des ressemblances
de faux fragments de toi
où je tiens à peine à flot
que ferai-je quant tout cela sera ensemble
j’y serai une eau mêlée à l’eau
je me reconnaîtrai
ne sachant plus la différence
moi qui ait déjà tant d’illuminations de toi
un album d’immobiles et je veux une continuité
je n’écrirai plus à toi c’est toi que j’écrirai
je te disséminerai dans les mots où je me rassemble
mes regards pour se vêtit remonteront de leur exil vers toi.
Ces poèmes sont de Meschonnic. En cherchant bien on peut en trouver une bonne douzaine sur Google
Je ne vois pas trop ce qui les distingue de la majorité des vers libres, tant ceux des "pros" que ceux des amateurs qui foisonnent sur le web.
En tout cas ils n'arrivent pas à la cheville de ceux de Prévert.
Qui dit rythme dit musique. Les poèmes de Prévert font partie du répertoire les "Frères Jacques" . Naguère je chantais "La pêche à la baleine" à l'issue des repas de famille ou amicaux.
Posté à 08h16 le 07 févr. 26
Édité à 08h46 le 08 févr. 26 par Pierrelamy

Bravo, vous avez trouvé un poète qui applique à la perfection la théorie du rythme de Meschonnic, avec une touche personnel difficile à imiter.
Ce qui distingue les poèmes de Meschonnic à ceux de Prévert, c'est l'âme du Poète. C'est donc juste de la subjectivité qui fait la différence : on aime ou pas. Mais ça ne détruit pas la théorie, vous venez de la valider.
Posté à 11h36 le 08 févr. 26
Nul besoin d'être un lettré pour savoir qu'à l'origine la poésie était orale et que les aèdes la chantaient en jouant de la Lyre.
Le mot Muse dont maint écriveron se réclame est d'ailleurs de la même famille que musique.
Pour être chantée, la poésie doit enchanter l'oreille.
Cela tient à la fluidité du texte.
Il suffit de prendre des poèmes au hasard sur Internet ou dans une anthologie pour en être convaincu.
Posté à 15h49 le 08 févr. 26
Édité à 16h15 le 08 févr. 26 par Pierrelamy
Vous avez raison, et c’est justement pour cela que la théorie de Meschonnic ne contredit pas cette dimension : elle la décrit très précisément.
L’étude comparait aussi des poètes plus classiques, attachés aux métriques fixes, et elle a montré que le rythme se construisait surtout à partir du sens.
On peut d’ailleurs produire un rythme de sens dans une métrique fixe, à condition de ne pas réduire la poésie à un exercice scolaire.
Posté à 17h01 le 08 févr. 26
Comme dans l'Invitation au voyage de Baudelaire ou le Bateau Ivre de Rimbaud et un certain nombre de "Poémes à forme fixe" postés ici.
Posté à 07h19 le 09 févr. 26
Je vais élargir un peu le débat mais il me semble que si la poésie peut très bien se passer de rimes, par exemple pour moi Jean Genêt et Pierre Loti écrivent de la poésie pure à haute intensité, lorsqu'elle choisit la voie rimée doit respecter des contraintes strictes pour avoir un intérêt. Je pense que seule une métrique rigoureuse et des rimes riches (soit des vraies rimes pas juste en é par exemple...) sont alors pertinents car à même de créer une mélodie, qualité intrinsèque à l'exercice. La première question est en quoi la forme poétique est-elle la plus adaptée à ma pratique et subséquemment quels outils spécifiques m'offre-t-elle? La poésie ne saurait être un édito vaguement rimé, non plus qu'une enfilade de creux clichés, tellement rebattus qu'ils ont perdus toute substance. Je pense par ailleurs que lorsque l'on veut écrire un texte et le partager, il faut toujours s'interroger: où est ma valeur ajoutée, en quoi est-ce un texte vraiment personnel que moi seul aurait pu écrire?
Posté à 08h06 le 09 févr. 26
Concernant les rimes, leur qualité n'entre pas en ligne de compte dans le rythme d'un texte.
La plupart des chansons se contentent de rimes pauvres et même d'assonances.
Je pense par ailleurs que lorsque l'on veut écrire un texte et le partager, il faut toujours s'interroger: où est ma valeur ajoutée, en quoi est-ce un texte vraiment personnel que moi seul aurait pu écrire?
C'est un autre débat. Mais il est essentiel. Tu devrais ouvrir un autre topic pour l'inaugurer.
Posté à 08h40 le 09 févr. 26
Édité à 10h27 le 09 févr. 26 par Pierrelamy
Nous verrons pour l'ouverture d'un topic, je débute sur le forum et je dois d'abord me rôder un peu.
Je pense que nous pouvons convenir, que non seulement, la forme est indissociable du fond mais que dans un texte poétique, la forme est ce qui donne sa pertinence et sa légitimité au fond.
Je me souviens que notre prof de philo nous disait: "on s'en fiche de ce que vous pensez, c'est ce que vous êtes capables de penser qui nous intéresse".
Posté à 10h44 le 09 févr. 26
Ce serait un sujet intéressant à développer dans un fil dédié. Ici, la discussion portait plutôt sur le rythme et l’organisation du sens, donc je préfère rester sur ce thème.
Posté à 10h54 le 09 févr. 26
Personnellement je n'ai rien compris à tout ce qui s'est dit ici et mon intuition me dit " cherche pas à comprendre " .
Peut-être devrais-je ouvrir un topic ailleurs?
Posté à 10h58 le 09 févr. 26
Pour pimenter un peu le débat, je cite la première strophe d'un poème de F Jammes qu'on trouve facilement sur Internet :
Il va neiger dans quelques jours. Je me souviens
de l’an dernier. Je me souviens de mes tristesses
au coin du feu. Si l’on m’avait demandé : qu’est-ce?
J’aurais dit : laissez-moi tranquille. Ce n’est rien.
Selon moi, il existe un rythme naturel, inhérent à la langue et au sens de la phrase qui, dans ces vers, ne correspond pas à la métrique indiquée par la typographie. Car on n'entend pas 4 alexandrins mais 5 phrases :
Il va neiger dans quelques jours.
Je me souviens de l’an dernier.
Je me souviens de mes tristesses au coin du feu.
Si l’on m’avait demandé : qu’est-ce?
J’aurais dit : laissez-moi tranquille. Ce n’est rien.
Posté à 19h46 le 14 févr. 26
oulala tout s'embrouille! moi j'avais compris ça de Meschonnic:
Le rythme n’est pas le pied,
Le rythme est souffle, voix, vie.
Il ne se mesure pas, il se sent,
Il porte le sens, il frappe, il bat.
Lire un poème, c’est marcher dedans,
C’est la langue qui devient corps,
Et le poème devient vie.
Posté à 16h12 le 23 févr. 26
Enfin !! merci Viemartienne. C'est tout à fait ça. Un poème qui a du rythme est un poème vivant, organique et nécessaire.
C'est pourquoi beaucoup ont du mal à le comprendre, car ils écrivent par accumulation d'images, paraître d'érudition et surtout une maîtrise des métries et des rimes qui font complètement oublié le sens réel de leur écrit. C'est creux.
Posté à 16h38 le 23 févr. 26
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