Sonnet sans malice

Par : Arielle
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Pierre Lamy

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C’est clair et net. Quand on exhale
Il faut en retour qu’on inhale
Afin d’abreuver nos poumons.

Faute de quoi, c’est l’asphyxie.

En premier lieu nous nous pâmons.
Puis c’est la fièvre catarrhale,
Jusqu’à se niquer l’encéphale.
Pour toujours, nous nous endormons.

C’est pas rigolo l’asphyxie

Ça rime avec apoplexie
et même thanatopraxie.
Les yogis ne manquent pas d’air.
C’est bien joli l’ataraxie
Mais il faut inhaler. C’est clair ?
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Mademoiselle

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J'aime tout ce qui est écrit ... je devrais m'y essayer mais j'ai peur de me tromper ....
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Pierre Lamy

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Pas de souci Mademoiselle. Il vous suffit de suivre la forme sous ce lien,
https://oulipo.net/fr/contraintes/sonnet-irrationnel
Si vous faites des erreurs je vous les signalerai par MP


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Arielle

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Essayer, c'est adopter et personne ne vous en voudra , bien au contraire !
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Pierre Lamy

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Fuyant le smog, nous voici donc
Dans ce bistroquet cher à Monk
Sitôt, l’un vers l’autre l’on rampe

Sous le halo lumineux clair

Et ta lèvre un peu sèche lampe
Nous nous connûmes à Hong-Kong
Lors d’un festival de Folk-Song
Je m’y suis fendu d’une estampe

Entre glauque et lumineux clair

Dans le ciel de Chine, un éclair
M’avait enluminé le blair
Et ton voluptueux visage
Me décourageant d’être sage
Comme ça, sans en avoir l’air
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Arielle

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Les kangourous n'ont pas d'arêtes
Les vents qui soufflent sur les crêtes
Des vagues de la mer australe

Ne sauraient pas les détourner

De leurs bonds et de leurs cavales
Mais les sardines dans leur boîte
Culs-de-jatte reclus convoitent
Cette liberté proverbiale

Que rien ne saurait détourner

De leurs sauteries délurées.
Rien à voir avec les marées
Dont les sardines en leur bain d'huile
Se souviennent le cœur serré,
Rêvant d'en renouer le fil

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Pierre Lamy

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Reviens un peu sur terre, ô toi qui poétise !
Abreuvée par l’hiver, ta pelouse insoumise
a crû sans encourir la moindre fauchaison.

Inquiète-toi d’icelle !

Vois-tu ce que les pluies ont fait de ton gazon ?
Depuis de trop longs mois, rangée dans la remise,
ta si chère tondeuse enrouille et s’anémise
et dans ses cauchemars se retrouve en prison.

Inquiète-toi d’icelle !

D'un geste résolu, tire sur la ficelle !
Dans le cœur du moteur jaillira l’étincelle.
La soupape émettra son tout premier hoquet.
Un second va suffire à la remettre en selle
et à catalyser les abois du roquet.
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Arielle

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Dimanche n'est pas jour faste pour les tondeuses
Le roquet du voisin de sa voix rocailleuse
Me rappelle illico au respect de la loi.

Sans remord me remets à cultiver le vers

La pelouse attendra ce lundi sans émoi
Ma tondeuse elle aussi, dominical repos,
En s'offrant un répit, va se faire une joie
D'aller procrastiner un peu sous son capot.

Sans remord me remets à cultiver le vers

Et de l' herbe menue, un pied près de mon cœur *
Je ne me soucie guère appréciant le bonheur
De voir venir la pluie annoncée, les bourrasques
De saison, pain béni pour tous les rimailleurs
Oubliant des tondeuses les accords fantasques
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Pierre Lamy

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Dans un massif de micaschiste,
un aspic anticonformiste
se prenait pour un footballeur.

Il avait le blaze en trompette.

Au pays des ajoncs en fleur,
où l’on est plutôt ovaliste,
depuis que le football existe,
nul ne vit semblable buteur.

Il avait le blaze en trompette.

C’était un aspic inventif.
Il shootait dans sa ballonnette,
faute de pied, du bout du pif.
Il fit sans tarder la conquête.
d'une lézarde mignonnette.