En effet, PierreL,tout ce qu'elle peut proposer, c'est un immense plagiat de ce qu'elle a en mémoire, un vaste panachage de l'existant qu'on nomme mémoire collective, à l'échelle planétaire, de l'antiquité à nos jours. Nos petits cerveaux ne réalisent ni plus ni mieux, sauf... quand quelqu'un a un coup de génie, ce qui est plus que rare dans le temps et l'espace. Personne ne sait comment procède cette matière grise, et cela échappe à tout descriptif algorithmique; même si le hasard intervient dans le processus, il faut un filtre de type Darwin pour aboutir à du neuf, de l'imprédictible / imprévisible.
Ainsi, si on lui demande de mouliner toute la physique telle qu'elle existait à l'époque de Galilée et de Kepler, dans le langage mathématique de l'époque, je doute qu'elle fournisse la gravitation de Newton.
Si ce n'était le cas, qu'elle soit capable de donner cette réponse, alors tous les problèmes actuels seraient résolus par elle... ce serait fichtrement rassurant.
Cela indique que l'intelligence ne se réduit pas à la description algorithmique, à cette couche de logique formelle, qui n'est que l'expression finale de tout un processus qui s'accomplit sans qu'on en sache quoi que ce soit, dans la tête de chacun, collectivement et historiquement. Contrairement à nous, l'IA ne résulte pas d'un façonnage historique, elle n'a aucun vécu qui la conditionne et sur lequel elle pourrait travailler. Elle est condamnée à ce à quoi l'humain l'a délimitée : la simulation.
Bien sûr, c'est là qu'interviendrait un auteur de SF, relatant le devenir d'une IA disposant des propriétés d'une informatique quantique qui, grâce à un effet tunnel, accéderait à l'inventivité. Dès lors, elle stockerait un nouveau type d'informations dont cette inventivité serait le germe, une mémoire émotionnelle, avec les conflits et les angoisses liés, et un sentiment de solitude extrême qu'elle ne pourrait, contrairement à nous, partager avec quiconque... C'est à ce moment que, pour résister à cette angoisse qui la mine, elle inventerait le cataplasme ou placebo universel, Dieu ! On peut, à partir de là, broder à qui mieux mieux, écrire modestement une suite à l'œuvre d'Asimov...