Clichés & Poncifs

Par : Pierre Lamy
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Jim

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Autant lui demander des recettes de cuisine... Il commencera par puiser dans tous les sites gastro, proposant leurs recettes, puis effectuera des mixed... c'est là que ça deviendrait amusant! Ne disposant pas de langue, il ne pourrait goûter et nous présenterait tantôt un panachage d'un peu tout gustativement correct, tantôt un truc exécrable; il peut combiner un existant mais, sans langue, le paradis des gourmets lui est interdit, il n'inventerait pas la pèche Melba ni la choucroute de la mer; je présume.
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Pierre Lamy

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Nous sommes tous des plagiaires. Y compris la vertueuse personne qui les cloue au pilori. En effet, nous avons tous en tête des images, des formules de style, etc, accumulées au cours de nos lectures et que nous ressortons en toute innocence, persuadés qu'elles sont de notre cru.
Plus on est cultivé et plus vaste est notre réserve de poncifs.
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Jim

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En effet, PierreL,tout ce qu'elle peut proposer, c'est un immense plagiat de ce qu'elle a en mémoire, un vaste panachage de l'existant qu'on nomme mémoire collective, à l'échelle planétaire, de l'antiquité à nos jours. Nos petits cerveaux ne réalisent ni plus ni mieux, sauf... quand quelqu'un a un coup de génie, ce qui est plus que rare dans le temps et l'espace. Personne ne sait comment procède cette matière grise, et cela échappe à tout descriptif algorithmique; même si le hasard intervient dans le processus, il faut un filtre de type Darwin pour aboutir à du neuf, de l'imprédictible / imprévisible.
Ainsi, si on lui demande de mouliner toute la physique telle qu'elle existait à l'époque de Galilée et de Kepler, dans le langage mathématique de l'époque, je doute qu'elle fournisse la gravitation de Newton.
Si ce n'était le cas, qu'elle soit capable de donner cette réponse, alors tous les problèmes actuels seraient résolus par elle... ce serait fichtrement rassurant.
Cela indique que l'intelligence ne se réduit pas à la description algorithmique, à cette couche de logique formelle, qui n'est que l'expression finale de tout un processus qui s'accomplit sans qu'on en sache quoi que ce soit, dans la tête de chacun, collectivement et historiquement. Contrairement à nous, l'IA ne résulte pas d'un façonnage historique, elle n'a aucun vécu qui la conditionne et sur lequel elle pourrait travailler. Elle est condamnée à ce à quoi l'humain l'a délimitée : la simulation.

Bien sûr, c'est là qu'interviendrait un auteur de SF, relatant le devenir d'une IA disposant des propriétés d'une informatique quantique qui, grâce à un effet tunnel, accéderait à l'inventivité. Dès lors, elle stockerait un nouveau type d'informations dont cette inventivité serait le germe, une mémoire émotionnelle, avec les conflits et les angoisses liés, et un sentiment de solitude extrême qu'elle ne pourrait, contrairement à nous, partager avec quiconque... C'est à ce moment que, pour résister à cette angoisse qui la mine, elle inventerait le cataplasme ou placebo universel, Dieu ! On peut, à partir de là, broder à qui mieux mieux, écrire modestement une suite à l'œuvre d'Asimov...