Ben non, ce dodéca n'est pas alexandrin, ni classique ni romantique. C'est tellement plus simple de positionner les accents toniques pour élucider toucha !
"Oui, il faut croire en ses rêves multicolores"
ce qui correspond à : 1/123/123/12345.
Il n'y a donc pas de césure car pas d'hémistiche, sinon on aurait 123456 // 123456; ni de tiers stiches romantiques qui correspondraient à 1234 // 1234 // 1234
** L'alexandrin classique se compose de deux hémistiches de six syllabes, chacun se terminant par un accent tonique; chaque hémistiche contient au moins un accent tonique "mobile" qui permet de varier le rythme dans le vers. Par exemple :
"Je suis là, mes amis, trinquons à la victoire !"
soit 123/123 // 12/1234
- en gras, les fixes
- en italique, les "mobiles"
** L'alexandrin romantique est une autre structure, une autre architecture du vers, autrement dit, un autre rythme qu'il est vain et superfétatoire de vouloir superposer au premier, car je scande soit selon l'un, soit selon l'autre. Les superposer en rend nécessairement un inutile. Si Hugo voulut tordre le cou au premier, ce n'est pas pour le ressusciter sous couvert du second.
Au lieu de proposer une division en deux segments égaux à six syllabes, il propose une division en trois segments égaux à quatre syllabes. Dans cet alexandrin, il n'y a pas d'accents "mobiles", uniquement trois fixes en positions 4, 8 et 12. Typiquement : "De la douceur, de la douceur, de la douceur"
ou encore : "Je vous en veux, mon Général, d'être aussi sot !"
On peut trouver d'autres architectures pour le dodéca, auquel on ne donne plus le nom d'alexandrin, même si ces exploitations sont musicales, par exemple en 8//4 ou 4//8, avec un accent "mobile" dans le 8-segment. Exemple :
"Je vous ai tellement cherché, mon bel enfant"
autrement dit : 3/5 // 4
En ce cas, la césure // sert à distinguer la séparation entre segments principaux (8 // 4) et segments secondaires (3/5).
Ce message a été édité - le 11-06-2023 à 18:30 par Jim