– Bonjour, monsieur. Tu fais quoi ?
L’homme se balança de gauche à droite.
– Je lis dans les nuages et les oiseaux se posent sur mes bras, entendit l’enfant
– Mais tu n’as pas de bouche, monsieur.
– C’est le vent dans ma tête qui parle à ton imagination.
– C’est quoi l’imagination ? fit l’enfant
– Tu voies des choses qui n’existent pas et tu fais comme si ça existait.
– Tu existes toi, je te vois ! Et toi, tu me vois ?
– Je lis tes paroles sur tes lèvres.
– Tu restes toujours là sans bouger.
– Je suis le gardien des arbres. Dès qu’un cerisier que tu voies là prend ses racines à son coup pour aller se balader, je m’arrache de la terre pour leur courir après
– Mais les arbres ne marchent pas, c’est maman qui me l’a dit.
– Les hommes croient cela mais ce n’est pas vrai du tout. Je suis comme ces arbres, les hommes m’ont planté sur un bâton, je n’ai pas de jambes. Je cours à cloche-bâton.
– Tu me fais marcher, fit l’enfant incrédule
– Jouons à cache-cache, tu veux ? Mets tes mains sur tes yeux et compte jusqu’à dix. Tu sais compter jusqu’à dix !
– Bien sûr, je vais compter mes doigts
Quand l’enfant rouvrit les yeux, l’épouvantail avait disparu sans laisser de traces.
– Coucou Gamin ! Je suis derrière toi, fit le bonhomme de paille fagoté comme l’as de pique.
– C’est mon tour, fit l’enfant qui disparut d’un seul coup.
– Mais c’est extraordinaire ! Petit, tu es invisible. Je t’en supplie, montre-toi, les fantômes me font peur.
– Coucou, je t’ai bien eu, fit l’innocent enfant. On reste ami hein Monsieur ?
Pour ne pas tricher, voilà ce que je viens d'écrire avant de lire Oxalys.