Quand le passé se déroule,les histoires de mon père,peu à peu me revenaient.Le soir,on se regroupait autour de lui pour entendre raconter le film,qu’il a vu au cinéma.Sa voix imitait bien les scènes :Tantôt c’était le vent,tantôt c’était le cheval et entre eux,il y’avait tantôt la douleur et tantôt la joie.Aucune interruption ne fut faite,sauf parfois par un rire discret ou un sanglot étouffé.
Ce fut bien ainsi,pendant des années.
Mais un beau jour,mon père s’est permis de nous acheter la boite magique.Ce fut un véritable bouleversement dans la maison. Ce n’était pas facile pour nous, de la quitter des yeux.
Une fois l’école terminée,mes jambes se transformaient en flèche bleue.J’arrivais à la maison toujours en sueurs et essoufflée.
La boite libérait tant de merveilles :chants,danses et tant d’histoires de toutes les couleurs.
Nous étions quasiment ensorcelés!
Et tandis,que les histoires de mon père se rangeaient dans le placard,un phénomène étrange se passait :A cette époque, le programme TV était riche en films américains et russes et ceci nous a scindés.Mes frères et sœurs supportaient la Russie,alors qu’il n’y’avait que moi,qui admirait les Etats unis.Et ceci donnait lieu à des disputes qui ébranlaient tous les murs.
En réalité,chose que je n’ai jamais révélé,malgré ma grande admiration pour ce pays,tout au fond de moi,s’installait une peur,une méfiance,comme si derrière ce monde magique,on a bien voulu me cachait le tragique.
Vous allez me dire,mais où est la bêtise?
La bêtise est d’avoir cru à la magie.
Si avec le temps,il n’y’a pas eu la chute de si haut de mon innocence,c’était grâce à ce brin de méfiance.
C’est une histoire qui ne parait pas innocente,pourtant,elle a bien fait partie de mon enfance.
Désolée,si j’ai provoqué votre errance .