Peti' mendigote...

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Ann Miserey

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J'aime pas les bananes, je préfère les scoubidous.
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Machajol

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Un train ce jour là

Ce fut durant les vacances d'été.

Nous prîmes le train mes parents, des amis et ma soeur.
J'avais pris une petite valise ...

Lorsque le train partit de la gare de Toulouse vers l'océan,
ma soeur et moi étions ravies ; enfin les vacances, le camping,
la plage etc

Au bout de quelques km, j'ai sorti de ma petite valise, une poupée et des habits confectionnés de ma main.

J'ai présenté mon "mannequin" et ses robes aux voyageurs : mes parents et leurs amis et soudain, je ne sais pas pourquoi

ils se sont mis à rire, un fou rire généralisé alors je continuais à leur présenter ces robes grossièrement cousues de fils blancs avec des points si irréguliers, des manches de guingois, des cols effilochés, des ourlets de travers etc ..

Ils ont tellement ri que le train est parti vers une autre gare et ils ont raté la correspondance ; donc nous sommes descendus
à la gare suivante et sur l'autre quai avons attendu le train qui nous ramènerait vers l'océan ...

Ma mère était couturière ! Mais ne m'a jamais appris à coudre!
Surtout pas pendant les vacances!



Ce message a été édité - le 28-02-2019 à 23:38 par Machajol



Ce message a été édité - le 28-02-2019 à 23:39 par Machajol
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Michèle Corti

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Une adorable histoire , Macha !
Et une vocation ratée car si ta maman t’avait initiée à la couture tu serais peut-être aujourd’hui dans la haute couture ! Mais cet épisode dans le train n’a pas dû t’inciter non plus à embrasser cette carrière !
Merci pour ton témoignage
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Charazed

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Oh, désolée!Je me suis trompée de topic.
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Charazed

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Quand le passé se déroule,les histoires de mon père,peu à peu me revenaient.Le soir,on se regroupait autour de lui pour entendre raconter le film,qu’il a vu au cinéma.Sa voix imitait bien les scènes :Tantôt c’était le vent,tantôt c’était le cheval et entre eux,il y’avait tantôt la douleur et tantôt la joie.Aucune interruption ne fut faite,sauf parfois par un rire discret ou un sanglot étouffé.
Ce fut bien ainsi,pendant des années.
Mais un beau jour,mon père s’est permis de nous acheter la boite magique.Ce fut un véritable bouleversement dans la maison. Ce n’était pas facile pour nous, de la quitter des yeux.
Une fois l’école terminée,mes jambes se transformaient en flèche bleue.J’arrivais à la maison toujours en sueurs et essoufflée.
La boite libérait tant de merveilles :chants,danses et tant d’histoires de toutes les couleurs.
Nous étions quasiment ensorcelés!
Et tandis,que les histoires de mon père se rangeaient dans le placard,un phénomène étrange se passait :A cette époque, le programme TV était riche en films américains et russes et ceci nous a scindés.Mes frères et sœurs supportaient la Russie,alors qu’il n’y’avait que moi,qui admirait les Etats unis.Et ceci donnait lieu à des disputes qui ébranlaient tous les murs.
En réalité,chose que je n’ai jamais révélé,malgré ma grande admiration pour ce pays,tout au fond de moi,s’installait une peur,une méfiance,comme si derrière ce monde magique,on a bien voulu me cachait le tragique.
Vous allez me dire,mais où est la bêtise?
La bêtise est d’avoir cru à la magie.
Si avec le temps,il n’y’a pas eu la chute de si haut de mon innocence,c’était grâce à ce brin de méfiance.
C’est une histoire qui ne parait pas innocente,pourtant,elle a bien fait partie de mon enfance.
Désolée,si j’ai provoqué votre errance .


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Charazed

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Quand tubercule,ose
Les vers nécrosent
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Michèle Corti

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Merci pour ce témoignage, Charazed...finalement où l'on voit que les récits du père avaient une force expressive bien plus percutante que les images véhiculées par la modernité car c'est ce qui est resté dans ton inconscient ! Je me souviens encore des contes racontés par ma grand-mère et qui valaient tous les livres du monde grâce à la relation affective qu'elle nouait avec moi ! Quant à ta croyance magique, elle était normale : on passe d'abord par ce stade, puis à mesure que l'on quitte l'enfance, nos yeux s'ouvrent à l'esprit critique !
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Oxalys

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Le bengali

Je devais avoir 7 ou 8 ans, c’était début septembre, date de la kermesse dans la petite ville où habitait ma grand-mère chez qui je passais la dernière semaine de vacances avant la rentrée des classes. La fête battait son plein avec ses attractions traditionnelles : manèges, auto-tamponneuses, chenilles, tombolas, stands de tir…..
Arrivées devant la loterie, je confiai à l’aïeule combien j’aimerais gagner une de ces grandes poupées habillées en marquises, crinolines à dentelles et rubans, longs cheveux coiffés d’anglaises… de quoi faire rêver la gamine que j’étais. Mamy, généreuse, achète une poignée de billets. Tous perdants, sauf le dernier annonçant que j’avais gagné… un oiseau !

J’ignorais, éblouie par les belles poupées, que le bonimenteur était aussi animalier et profitait de son double stand pour écouler son stock de menues bestioles en guise de lots de consolation.
Me voici contrainte de choisir mon gain dans une volière pleine de piafs apeurés. Je revois la grosse patte du bonhomme plongée dans cette cage où les petits prisonniers affolés volaient en tous sens, puis brandissant, triomphant la victime de ce safari, un bengali qui piaulait de détresse, aussitôt engouffré dans une petite boîte en carton.

Je me revois sur le chemin du retour, une menotte dans celle de grand-mère, l’autre pressant contre moi ce lot dont je me serais bien passée.
"Qu’est-ce que je vais en faire, Mamy, de cet oiseau ? Je ne pourrai même pas jouer avec"
- Ne t’en fais pas, Cathy, on va le mettre dans une cage que j’ai gardée dans la remise, on la posera dehors sur le rebord de la fenêtre. Il pourra voir les fleurs et les autres oiseaux du jardin et sera heureux comme s’il était en liberté avec eux…
Aussitôt dit, aussitôt fait. Le piaf est encagé, placé entre les pots de géraniums et de pétunias. Je l’observe qui sautille d’une barre à l’autre. Ses piaillements timorés me déchirent le coeur. C’est alors que je prends une décision fatale : j’ouvre la porte pour le laisser s’envoler.
Et l’oiseau de s’enfuir à tire-d’aile par-dessus le mur du jardin.

- Cathy ! Malheureuse, qu’est-ce que tu as fait ? Les bengalis vivent dans les pays chauds, ici il ne passera pas l’hiver. En plus, il ne sait pas se défendre et va sûrement se faire attraper par une pie ou une chouette.

Ce fut le premier et dernier piaf de ma vie ! Je n’ai jamais plus possédé d’oiseau en cage et me réjouis de voir ceux qui s‘ébattent dans la nature en me contentant de les prendre… en photo !
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Ann Miserey

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Tu me fais penser à mon fils aîné qui me fit un tour du même genre. J'ai laissé la cage ouverte deux jours, il y en a un qui rentra, les autres passèrent un long temps dans le jardin, ils faisaient de belles tâches jaunes et vertes puis ils disparurent.ça partait d'un bon sentiment.
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Michèle Corti

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Très touchante histoire Oxalys : je pense que j’aurais fait comme toi, étant enfant !
Je ne supporte ni les oiseaux en cage ni les fleurs que l’on coupe pour les laisser mourir dans un vase ... et me revient à l’esprit après t’avoir lue, la belle chanson de Pierre Oerret.
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Michèle Corti

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Pierre Perret
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Pierre

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Nous vivions nichés au cœur de l'ancienne enceinte du doyenné, dans une maison dont les deux fenêtres s'ouvraient sur le tympan de l'église .
L'étable, mais nous disions "la grange", était de l'autre côté du village et le tas de fumier ornait le vis-à-vis.
Comme j'étais un homme et que j'avais déjà cinq ans et demi je décidais que c'était à moi d'aller chercher le lait une fois la traite faite par mon père sur le coup de sept ou huit heures du soir.
Le risque d'agression étant vraiment faible et celui d'enlèvement inconnu ma décision fut entérinée par maman.

Je dois à mon lectorat (j'adore ces mots à la con, parce que un ensemble de lecteur ça ne veut rien dire. Il n'y a que des lecteurs qui n'ont rien à voir ensemble… bon enfin je dis ça je dis rien hein...), je dois donc à mon lectorat (sic) une vérité peut-être plus terre à terre: la perspective de boire directement dans le seau la traite moussue du soir avait pesée pour une grande part dans ma décision.

Bref, j'étais maintenant chargé du transport de la cantine de lait.
L'été il fait jour tard, l'hiver la nuit tombe tôt. C'est une donnée que j'ai expérimentée dans ces transports quotidiens. Il n'y rien de tel que l'expérience pour mieux comprendre les choses.
Mais bon, j'étais grand on allait pas revenir là dessus, surtout que maintenant j'allais avoir six ans.


Il arriva le moment où les trajets commencèrent à se faire dans la pénombre.

Mais, à l'époque dont je vous parle, il y avait un éclairage public constitué par des lampes avec des interrupteurs, oui oui des interrupteurs, c'était un temps où on ne dilapidait pas l'argent public dans des commodités insignifiantes.

...et comme on ne dilapidait pas cet argent là les lampes étaient la plupart du temps éteintes et lorsqu'elles étaient allumées, les riverains sortaient de chez eux en fin de soirée pour les éteindre.
Les fins de soirées d'alors étaient nettement plus précoces que les nôtres…


Je me mis donc à allumer ces lampes en allant chercher le lait, et à les éteindre quand je repassais. Les interrupteurs étaient hauts et je devais poser la cantine et sauter pour pouvoir les actionner. Et je sifflais… J'ai beaucoup sifflé (une histoire de courage sans doute, mais je ne me souviens pas avoir eu peur dans le noir) j'ai beaucoup sifflé et je siffle encore souvent et je n'ai toujours pas peur dans le noir. Je ne sais pas si un jour, à la fin, nous n'avons pas tous peur face au noir…

Les plus vieux du village me disent encore qu'ils se souviennent de ce sifflement et qu'il leur donnait à peu près l'heure… C'est mon côté pratique.







Ce message a été édité - le 12-03-2019 à 12:01 par Pierre
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Ann Miserey

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J'ignorais ce système d'allumage et d'éteignage de réverbère. Ce ne fut pas plus simple d'avoir une lampe torche ?
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Ailleurs

D’Inzinzac à Hennebont, bond
De l’ancien bourg à la grand’ville,
Me grattait mon pantalon long,
J’avais un goût pour la guenille.

Assis, suant dans le car, car
Ma douce aïeule et sa flottille
Aimaient de ce tortillard, l’art
De sublimer la peccadille :

« - Je n’irai plus au lavoir, voir
La Gwennaelle et sa mantille,
Son deuil est dérisoire, un soir,
Ses yeux avaient un air myrtille… »


Ça baragouinait tant et tant
Que par une idoine écoutille,
M’échappais, pendant très longtemps,
Je fus du Blavet, une anguille.