Pierre (homme de sexe mâle et de genre masculin … wahou !)
Si tu veux poster des "piques" destinées à qui que ce soit, merci de ne pas le faire sous un topic autre que ceux concernés. Non mais c'est vrai, quoi ! On se croirait au Café des Sports !
Je suis contente de lire (enfin !) l'exposé de ton opinion concernant l'avortement, car c'est bien cela et uniquement cela le sujet de mon texte.
J'identifie quatre points où tu te trompes :
- Qualifier l'avortement de "droit", c'est méconnaître le texte de la loi Veil de 1974, qui parle de "dépénalisation" et non pas de "droit à".
- Parler de "liberté" est un leurre, car liberté suppose choix. Or, quel choix peuvent avoir les femmes confrontées à une grossesse non-voulue, alors que les pouvoirs publics ne remplissent pas leurs obligations de lui proposer des structures d'accompagnement et d'accueil qui lui permettraient de garder l'enfant, ou au moins de le mettre au monde ? Des structures dont la mise en place était prévue par la loi Veil, mais dont on attend toujours la réalisation plus de quarante ans après.
- Dire que l'avortement est pour les femmes un choix personnel est peut-être l'une des pires choses qu'on ait fait entendre. Car c'est laisser chaque femme SEULE face à ce drame, quelle qu'en soit la cause. J'affirme au contraire qu'il s'agit de NOTRE échec COLLECTIF. En effet l'avortement est devenu aujourd'hui banal dans nos mentalités, c'est entré dans les mœurs, et on occulte donc tout ce qu'on pourrait faire, à tous les niveaux, pour l'éviter. Je développerai cela en manière de conclusion à la présente intervention.
- Enfin, mélanger si peu que ce soit la question de l'avortement et celle des religions est tout simplement une fausse piste. L'avortement nous concerne tous, croyants ou non ! J'ignore les convictions du Dr de Rochambeau. Quant au Pape François, il est de notoriété publique qu'il est catho (qui le serait si lui ne l'est pas ?!), mais il s'est adressé à la foule en des termes recevables par toute conscience droite, quel que soit son rapport ou son non-rapport au divin.
En conclusion, donc, je tiens à insister sur le caractère collectif du drame de l'avortement. Et je relie cela à un point de ton intervention, où tu dis qu'il ne suffit pas de convaincre une femme qu'elle a tort d'envisager l'avortement. Bien-sûr que cela ne suffit pas, et cela suffit d'autant moins qu'il ne s'agit carrément PAS de cela ! Face à un tel drame, l'heure n'est pas à l'argumentation mais à l'écoute et à l'accompagnement. Il existe des associations de terrain qui font chaque jour un boulot ultra-concret : réponse à des appels téléphoniques de détresse (ces appels lancés précisément parce-que les pouvoirs publics ont failli à leurs obligations), rencontres des femmes en détresse, accompagnement aux visites chez le gynéco et à l'hôpital, achat de layette, recherche d'un parcours d'insertion pro pour chacune si besoin, essai de contact avec le mari/compagnon/amant de passage qui est lui aussi concerné par l'affaire (on l'oublie trop !).
Souvent, hélas, le qu'en-dira-t-on, notamment au sein des familles, est un poids très lourd à porter pour celles qui ne savent plus quoi faire de cet embryon en elles. Les conformismes bourgeois guident encore trop souvent la réaction des parents de jeunes filles enceintes … Vaste chantier que celui de la libération des mentalités !!!
Comme tu le vois, je ne lâche rien ! Voilà bientôt trente-cinq ans que je ferraille sur le sujet, et je n'ai pas attendu d'être majeure pour le faire, y compris en inondant la ville de tracts glissés sous les essuie-glaces des voitures.
Il ne te reste plus qu'à essayer de deviner l'âge du … pardon … de LA capitaine !