Je, poète maudit, conscient de mon art,
Par la porte sorti rentre par la fenêtre.
Des esprits éclairés ont pleuré mon départ,
Et mon sobre surmoi m’a dit de m’y remettre.
Entends-tu, ce matin, le doux son de la cloche
Qui prévient le dormeur qu’il lui faut se lever.
Un novice est debout et prie pour s’élever
Vers ces cieux accueillants dont il se sent très proche.
J'avions pas remarqué (je lisais mon polar) ;
Le destin du poète est bien de disparaître.
Mais la question, disait l'autre tête de lard,
Revient obstinément : être, ou bien ne pas être ?
C’est en tête de l’art que l’on voit le poète
Celui qui saigne hélas avec de simples mots
Enseignant humblement aux turbulents marmots
Que l’on doit le respect au citoyen honnête !
« Au diable l’avarice et toute sa déveine »
Me dit, sans trop flipper, un professeur de l’être.
Écris sérieusement et un beau jour peut-être
Tu seras encensé pour honorer ta peine.
Je ne sais plus hélas comment dompter ma plume
Demeurer bien plus quiet sans être demeuré.
« Réfléchis, tant soit peu, ne sois point apeuré
Tout viendra sans soucis mais à titre posthume. »
Bon sang mais c’est bien sûr ! Ici tout va très mal !
Le truc et le machin ne tiennent plus la route ;
Cela me met en peine et bien sûr me déroute.
On ne se refait pas quand on se croit normal
Je devais ce matin (mais hélas il a plu),
Aller faire un footing. J’ai pensé : « Pas de chance ! ».
Mais la Muse taquine aussitôt a voulu
Pour la rime ajouter : « C’était couru d’avance ».
Ce matin je m’en vais pour une saine marche
Le long du littoral sis dans le Languedoc.
Je vais y retrouver des potes pour le choc
De refaire le Monde en fort humble démarche.
Grand responsable, et du chaos lybien, tragique,
Et de malversations, ce chancre politique
N'ira pas en prison ! (moins qu'un vendeur de shit)
Ce cirque, ce spectacle est vendu comme un hit !
Eh ben pas moi, je suis pas fanatique :
Elle me gonfle (et je reste poli),
Me fait rugir à l'égal d'un grizzly !
En quatre mots, je hais l'informatique.
(Le grizzly rugit-il ? Disons que c'est une licence poétique).