Ce matin, à l’aurore, un vieux coq a chanté,
Les deux pattes plantées en fumante colline ;
Les poules enchantées, d’une cour pateline,
Offraient ce jour encore leur service enchanté!
Quel augure inouï pour ce décor planté :
J’apprête ce matin la blanche limousine
Pour cet heureux destin. J'épouse enfin cousine,
Et en suis réjoui dans ce port bien ganté.
La voiture avancée arbore ses dentelles
Pour la foule insensée aimant ces bagatelles ;
L’épouse en sa demeure attend le doux signal !
Un chemin tout fleuri serpente vers l’église
Annonçant au mari la voie de la promise.
Quelle est douce cette heure au doux cérémonial !
Ce message a été édité - le 09-01-2020 à 11:10 par Tonindulot
Ne cessez de relire avec ce bel entrain
Tous les plis sentant bon la durable tendresse.
Cela fait fort longtemps qu’à votre unique adresse
Je mandate un porteur dont je sais tout du train.
Il me faut à présent au moyen d’un quatrain
Vous parler chaudement, surtout sans maladresse.
N’oyez point les sermons où l’Église se dresse
En donneur de leçon daubant le boutentrain.
La blancheur de la Robe est un signe inutile
Qui parle au seul croyant mais séduit la Nubile.
Ne révélons donc rien au Pasteur confesseur.
Je sais que vous aimez ma Nature frivole
Mes écrits exaltés de petit professeur.
Fêtons donc en chantant: le célibat s’envole.
Ce message a été édité - le 15-01-2020 à 12:22 par Tonindulot
Si je me permets, discrètement, d'intervenir afin de ne pas interrompre ces échanges littéraires de fort belle facture, et qui nous replongent dans les correspondances et les "Belles Lettres" du Siècle des Lumière, c'est pour vous adresser, à vous deux, mes plus favorables impressions.
Vos deux plumes s'expriment dans un langage exquis, bien représentatif de cette poésie courtoise et dans le souci d'une perfection technique qui ne peut que susciter l'admiration des VRAIS poètes.
Voilà, je tenais à le dire. C'est fait. Comment se lasser quand le pathétique seul est infaillible dans l'art. "Celui qui sait attendrir sait tout", écrivait LAMARTINE. Et vos échangent savent émouvoir.
À la suite d'un de mes commentaires sur "Spleen l'ancien", KERDREL me disait (je cite) : "Nous sommes des dinosaures André une espèce en voie de disparition.
ce qui ne m'empêche pas d'en rire"
Je lui ai répondu : "je revendique bien volontiers ce titre sachant que si nous sommes une espèce en voie de disparition... ils ont vécu quand même 165 millions d'années, les dinosaures.
Je pense que nous avons encore un peu de marge avant notre anéantissement total. Nous devenons rares, certainement, mais les raretés donnent du prix à la chose."
Il y a tellement de forums qui se revendiquent comme des lieux de rendez-vous de poésie et de culture, alors qu'on se demande où elles figurent quand on va y jeter un œil, qu'il nous faut préserver cette différence. Tant pis pour ceux qui "rouscaillent". Si nous ne défendons pas les "Belles Lettres", ce serait la victoire du banal et de l'ignorance sur les trésors qui nous ont été légués par nos illustres prédécesseurs.
Ne changez rien, continuez. Si certains n'aiment pas, ils n'ont qu'à aller voir ailleurs ou se contenter de leur à-peu-près.
Mes plus amicales et sincères pensées.
ANDRÉ
Ce message a été édité - le 27-01-2020 à 19:26 par Laugierandre
Mon Dieu comme il est temps pour nous de revenir
A dévider le fil de la correspondance.
Puisque ici, sans chiner à rentrer dans la danse
Vous tenez le lutrin, aimons notre avenir !
Le temps n’efface en fait que peu de souvenir
Au point qu’en repensant aux joies de notre enfance
Je me dis, fort hardi, gardons l’indépendance
Qui sied aux gens de plume aimant se soutenir.
Avez-vous constaté qu’ici dans l’impatience
Des amis se sont dit de fidèle obédience ?
Certains ont clamé fort « veuillez surtout poursuivre ! »
Devant tel enthousiasme ayons donc le courage
De reprendre en suivant tout ce qui les rend ivre !
On dit que l’amitié permet pareil ouvrage.