Neiges éternelles
C’est à l’heure givrée de ces frisquets matins
Quand s’élève des prés blanchis
La brume en vagues alanguies
Dans la blême lueur de la journée qui point.
Sous mes yeux soudain éblouis
Remontent à mon âme endormie
Les tendres souvenirs de cet hiver lointain.
Sous nos cartables alourdis
Ployaient les songes de la nuit
Tandis que sous nos pas alertes de bambin
Crissait la neige blanc tapis
Jusqu’à l’école en grés bâtie.
Sous ses rondes lorgnettes de ses yeux si fins
Il veillait sur ses jeunes drilles
Le maître en fidèle vigie
La main sur la cloche qu’il agitait enfin.
Alors s’amenuisaient les cris
Et retombaient rires en pluie
Les derniers éclats du fracas des brodequins…
Dehors la blanche capeline
Se pare de mille étoiles
Le jour tisse sur la colline
De la voûte astrale sa toile
Pour ne pas oublier, et continuer de rêver…
Tof