La rose de sable

Par : Inconnu
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Ils étaient nombreux à vouloir se joindre à ce groupe pourvu d’enthousiasme et d’une admirable détermination. Passer une journée hors de la tribu ! Qui oserait rater le spectacle… La seule personne qui se sentait mal à l’aise, était la femme du sultan. Elle avait décidé de ne pas sortir prétextant qu’elle avait un petit mal de tête du fait qu’elle n’avait pas bien dormi.
Tous ceux qui devaient partir étaient déjà hors du village. Un village rouge par la terre qui a contribué à maintenir ce petit joyau dans un état de féérie permanente, entouré de palmiers et de dunes. Dans leur plan, il était hors de question d’aller trop loin de peur de mettre certaines personnes fragiles dans une mauvaise situation et d’incommoder d’autres. A cette heure, il ne faisait pas encore chaud, un petit vent doux qui leur caressait leurs visages et qui leur annonçait la venue d’une chaleur certaine.
Les deux étrangères, la jument des hautes prairies du nord et la luciférienne, étaient toutes deux sur un dromadaire équipé d’une petite tente faite de laine et de poils. Laine et poils de ces merveilleux animaux qui font la vie dans cette contrée hostile, mouton, chèvre et cet animal patient du sud. Ces chameaux qui ne seront plus employés comme moyens de transport. Ces chameaux qui ont connu des batailles admirables et qui ont été sacrifiés témoins du machiavélisme et de la haine des humains.
L’intérieur de cette embarcation avait une odeur mythique, celle des ancêtres, celle du goudron, celle des animaux, celle de la sueur des hommes qui faisaient de longues traversées. Les deux femmes ne pouvaient se plaindre tellement leur expérience était belle. Elles étaient aux anges, joyeuses et encore elles n’avaient rien vu. Comme sur un petit bateau, elles sentaient le mouvement des vagues ondulées, de la houle. Une joie intérieure inexprimable les emportait. De temps à autres, elles ouvraient la fente de la tente pour voir la direction de la caravane. Elles étaient autant assoiffées de cette expérience que le sultan quand il les avaient vu la première fois.
Le temps est passé rapidement. Très vite. La distance était courte. Le guide, un rude, dans un accoutrement exceptionnel, pour la circonstance, leva la main en signe pour faire arrêter la caravane. Les femmes du haut de cette montagne en mouvement étaient émerveillées. Leurs yeux ne pouvaient tout contenir, toute cette splendeur, cet endroit féérique. Un point d’eau, entouré de palmiers, une dune jaune étincelante pas trop éloignée et un endroit rocheux, à l’ombre, où il y avait déjà des serviteurs qui attendaient.
Les hommes du groupe avaient une certaine réserve, ils ne voulaient point montrer leur étonnement. D’autres femmes étrangères et autochtones faisaient du bruit, mais n’étaient aussi surprises que ces deux voyageuses du temps qui se sentaient dans une autre dimension. Elles étaient spontanées. Juste à leur descente, aidées par un chamelier, le sultan leur montra la direction de la dune ainsi, il les avait autorisées, à sa manière, d’aller se jeter dans le sable. Ce sable tiède, ce sable doré, ce sable d’or… le plaisir du sultan était de les voir ravies par ce spectacle, il en était fier. Lui qui avait profité dans sa jeunesse de ces lieux féériques.
La jument faisait des acrobaties sur le sable, cette biche du nord s’était soudain transformée en gazelle, en gazelle aux yeux bleus, des yeux du ciel, des yeux qui montraient une âme pure. Etait-ce de l’innocence ou l’aspect de cette beauté qui donnait cette impression ?
Le sultan, connaissant cette région, avait disparu un moment. Un long moment, un moment qui a mis les serviteurs en inquiétude. Il n’y avait que lui qui manquait. Tout le monde se posait la question. Il revint le sourire aux yeux, le visage rayonnant comme s’il avait vu un être fantastique qui lui avait donné une nouvelle vigueur.
Les deux femmes étaient adossées à un palmier. Qui n’aurait pas aimé être à la place de ce palmier ? Heureux le palmier qui pouvait enlacer le dos de cette déesse. Gazelle des rêves. Un mélange de beauté qui donnait à ce paysage encore plus de splendeur…
Le roi alla directement vers cette femme, sans aucune hésitation, absolument aucune, fermement, il lui tendit ce qu’il avait à la main droite. Elle voulut se lever pour montrer le respect qu’elle avait pour lui. Il profita pour lui tendre la main gauche, pour l’aider à se relever, elle s’y accrocha et se mit debout face à ce seigneur qui lui présenta une rose, une rose de sable, magnifique, étincelante. La rose était lourde ce qu’il avait pris d’une seule main, elle le prit des deux mains.
Cette offrande donna à la gazelle l’envie de s’accrocher à son cou. Mais les deux mains occupées, chargées par cette Pierre, elle était gênée…
Tout cela s’est passé sous l’œil vif de la luciférienne. Une grave maladresse de la part du sultan. Mais en était-ce une ?

Comme dans les mille et une nuits… à demain.
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Ann

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Une idylle mais attention à la perfidie de la "Luciférienne". Je reviendrai demain
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Sincèrement, merci de lire...
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Ann

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Bon ! c'est pas tout ça mais des nuits qui font 7 jours ça s'est encore jamais vu ❗