Il hocha la tête pour montrer qu’il n’avait besoin de rien et que même sa compagnie n’était pas nécessaire. Elle baissa la tête, ayant compris son message, puis sortit de la chambre sans faire de bruit.
Il était dans tous ses états. Comment s’était-il retrouvé là ? Qu’avait-il donc fait au moment où il était inconscient ? Il avait regretté d’avoir pris cette boisson, cette boisson qui l’avait empêché de passer une nuit agréable avec ces étrangères. Il se tourmentait. Qu’allaient-elles penser de lui ? Lui qui pouvait faire descendre la lune quand il le voulait. Après quelques efforts, il se leva et alla se remettre en condition.
Dans la grande salle, tout le monde était présent. La veillée n’était pas assez longue. Il les salua. Il trouva encore, après un rapide coup d’œil, que les étrangères étaient d’une beauté éclatante, comme des oiseaux du paradis. Elles étaient venues égayer son sérail. Il était enchanté. Heureux de se trouver dans ce monde et regrettant une nuit gâchée… Son épouse le fixa de manière agressive quand il regarda la jument des prairies qui était belle, belle comme une perle blanche, avec sa crinière tressée. Une fraicheur, une blancheur, une beauté de rêve, qui ne serait pas heureux en présence d’une telle créature ? Il s’était maudit… Il s’était maudit de ne pas avoir été lucide la veille.
Au moment où il invita tout ce monde à ne pas se gêner et de se mettre à leur aise, encore la jument l’immobilisa d’un sourire radieux, de ces sourires qui restent ancrés dans les mémoires. Un sourire qui apporte cette joie au cœur, cette joie intérieure qui pétille et qui donne une étrange sensation.
Là, le jeune cerf était devenu une proie. La jument avait transmis une flèche empoisonnée, un élixir furtif qui s’était évaporé mais qui avait laissé une trace, une flèche de chasseuse experte…
Après un moment de discussion à table, il leur proposa de faire un tour au désert, de sortir sur les dunes, une belle promenade, à dos de dromadaires, chose qui était prévue dans un programme déjà établi par le vieux conseillé qui se retirait et gardait ses distances.
Un coup de soleil ne serait qu’une revanche pour assommer ces femmes, avait pensé le maitre des lieux. Elles en avaient besoin. Un bain de soleil ne leur ferait que du bien. Les mettre dans une condition qu’il pouvait exploiter surtout cette blanche, cette biche tachetée du nord aux yeux tracés. Une des juments de Diomède sous un aspect puéril et d’innocence.
Ils sortirent se promener sous un soleil annonçant une chaleur implacable et un ciel clair et bleu.
Comme dans les mille et une nuits… à demain.