Le serviteur, cet homme de foi, après avoir pensé au roi et l’ait remis dans son confort habituel, s’inquiéta de la femme du sultan qui se trouvait au milieu des invités. Le jeune roi, dans son état, dormait les poings fermés. Il ne pouvait avoir un œil contrôleur sur sa femme qui risquait de se laisser prendre encore une fois dans une spirale incontournable… Cette épouse qui, malgré elle, était devenue une femme aimant les joies et les plaisirs éphémères. Un choix qu’elle avait fait par jalousie et vengeance à cause de ce qu’elle avait subi du cerf qui lui avait fait mener une vie d’enfer depuis la libération des autres femmes du harem. Elle sentait aussi que ces étrangères allaient, elles aussi, lui disputer sa place et qu’elle n’aurait jamais la paix avec ce prédateur de plaisirs. Une proie, elle n’était qu’une proie captive à la merci des désirs et des joies…
Elle avait un grand respect pour l’homme, le serviteur, elle pressentait en lui la présence d’une force, une force d’homme sage proche du Divin comme celle qui existait dans ce vieillard. Ce vieux roi qu’elle connaissait depuis sa tendre enfance et qu’elle voyait passer dans sa vie comme dans un rêve éveillé, elle n’en gardait qu’une vague image. La force du temps. La force de vie. La force qui était attribuée à une catégorie d’homme sélectionnés par on ne sait quel hasard ou par on ne sait quelle loi régissant la nature des humains. Dans tout ce royaume, il n’y en avait pas beaucoup de cette trempe. De l’or, du pur or sans impureté, impureté que chacun s’était chargé de se débarrasser à sa manière.
La jeune femme, ayant vu venir vers elle l’homme, se mit, tout de suite, sur une position de départ. Elle s’excusa auprès de ses hôtes certains tardifs qui se vautraient encore dans la grande salle et se dirigea vers sa chambre là où le roi était dans son état répugnant.
L’homme, le serviteur, ayant vu cette scène de la jeune femme qui avait fait ressortir la peur et la honte intérieur, avait compris qu’il restait en elle une part de foi, qu’elle n’était pas fautive de sa situation.
Cet homme d’équité pouvait transpercer les vérités et mettre à jour le cœur même de celles-ci.
Au lieu de rentrer dans sa pièce, il décida de rester dans ce grand vestibule, là, sur une chaise, méditer et garder un œil vigilant sur tout ce brouillard…
Assis, de manière relâchée, une réflexion intérieure qui revenait sans cesse à son esprit : « Celui qui donne la vie et la mort aurait pu nous donner à tous la même foi et nous mettre tous sur le même pied d’égalité. Mais, il a enjolivé, aux gens, l'amour des choses qu'ils désiraient : femmes, trésors, or et argent, chevaux, bétail et champs… objet d’une jouissance pour la vie présente. »
Dans sa profonde pensée, il se répétait souvent une phrase : « Ma croyance, en la vie future, est ferme, ceux d'entre nous qui aiment tous ces désirs et qui agissent de la sorte ne méritent que l'ignominie dans cette vie, et dans l’autre, ils seront refoulés au plus dur châtiment. Je n’échangerai pas la vie présente contre la vie future.»
Son intelligence lui permettait d’atteindre une piété en un Unique Créateur. Il ne pouvait donc à aucun prix associer quoi que ce soit qui pouvait le mettre dans une situation de transiger ou de céder un brin de sa foi. Il était un homme fort et dotait d’une force de caractère exemplaire. Un homme fidèle. Fidélité à son Créateur et avec les hommes. Il faisait partie des hommes qui respectaient leurs engagements.
Il s’était assoupi dans sa réflexion, à cette endroit, jusqu’au matin. Il se réveilla à l’annonce de la prière du matin par le muezzin …
Comme dans les mille et une nuits… à demain.