J’ai découvert Marceline Desbordes-Valmore grâce à Baudelaire, dans son « Art Romantique », en 1970, ainsi que d’autres auteurs qu’il présente. Il faut lire ces textes de Baudelaire sur l’Art et ses contemporains (« L’Art Romantique » et les « Curiosités esthétiques », chez les « Classiques Garnier »).
Baudelaire n’est pas tendre en général avec la production féminine, George Sand par exemple. Ce n’est pas de l’humeur, il possède son argumentaire qui vise plus un phénomène d’époque que la féminité. Mais pour Marceline, il a toutes les indulgences, il lui reconnaît toutes les grâces.
« Si le cri, si le soupir naturel d’une âme d’élite, si l’ambition désespérée du cœur, si les facultés soudaines, irréfléchies, si tout ce qui est gratuit et vient de Dieu, suffisent à faire le grand poète, Marceline Desbordes-Valmore est et sera toujours un grand poète. »
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« Jamais aucun poète ne fut plus naturel ; aucun ne fut jamais moins artificiel. Personne n’a pu imiter ce charme, parce qu’il est tout original et natif. »
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« Qu’elle chante les langueurs du désir dans la jeune fille, la désolation morne d’une Ariane abandonnée ou les chauds enthousiasmes de la charité maternelle, son chant garde toujours l’accent délicieux de la femme ; pas d’emprunt, pas d’ornement factice, rien que l’éternel féminin, comme dit le poète allemand » (c.à.d. : Goethe, 2nd Faust).
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« Si je ne craignais pas qu’une comparaison trop animale fût prise pour un manque de respect envers cette adorable femme, je dirais que je trouve en elle la grâce, l’inquiétude, la souplesse et la violence de la femelle, chatte ou lionne, amoureuse de ses petits. »