Le crépuscule du matin : C Baudelaire

Par : Evemarie
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Evemarie

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La diane chantait dans les cours des casernes,
Et le vent du matin soufflait sur les lanternes.


C'était l'heure où l'essaim des rêves malfaisants
Tord sur leurs oreillers les bruns adolescents ;
Où, comme un œil sanglant qui palpite et qui bouge,
La lampe sur le jour fait une tache rouge ;
Où l'âme, sous le poids du corps revêche et lourd,
Imite les combats de la lampe et du jour.



Comme un visage en pleurs que les brises essuient,
L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient,
Et l'homme est las d'écrire et la femme d'aimer.


Les maisons çà et là commençaient à fumer.
Les femmes de plaisir, la paupière livide,
Bouche ouverte, dormaient de leur sommeil stupide ;
Les pauvresses, traînant leurs seins maigres et froids,
Soufflaient sur leurs tisons et soufflaient sur leurs doigts.
C'était l'heure où parmi le froid et la lésine
S'aggravent les douleurs des femmes en gésine ;
Comme un sanglot coupé par un sang écumeux
Le chant du coq au loin déchirait l'air brumeux,
Une mer de brouillards baignait les édifices,
Et les agonisants dans le fond des hospices
Poussaient leur dernier râle en hoquets inégaux.
Les débauchés rentraient, brisés par leurs travaux.


L'aurore grelottante en robe rose et verte
S'avançait lentement sur la Seine déserte,
Et le sombre Paris, en se frottant les yeux,
Empoignait ses outils, — vieillard laborieux !

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Thierrycabot

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Merci, Evemarie, pour l'envoi de ce poème magistral signé Charles Baudelaire.
Amicalement.

Thierry
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Evemarie

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Bonjour Thierry,
Je relisais ce poème, tout en me souvenant qu'au Lycée où je l'étudiais, (6 ième ?) je n'y comprenais strictement rien, ce n'était qu'un amalgame de mots bizarres et je ne saississais même pas le sens de ce poème, ni le phrasé.
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Evemarie

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