Les pommes au pommier
Je les mange
Sur l'or et le sang des coussins
Je m'appuie pour les savourer.
Elles rougissent mes chairs
Au feu des envies.
En bataille sur mon divan bleu
J'encoquine le jour
En espérant la nuit
Qui enchâsse mes reins dans le dossier de velours.
Il n'y a véritablement d'ombre qu'avec le soleil.
Il est chaud en moi
Il est chaud sous moi
Sur mon ventre offert à la douce blessure.
J'attends.
Pour pouvoir croquer ma pomme
Il faudra t'y prendre tôt
Pas de chanson monotone
Aux parfums de trémolos
Pas de chasse à la hussarde
De conquérant de divan
Pour pouvoir croquer ma pomme
Il y faut de l'entregent
De l'esprit et de la flamme
Du panache sans roman
Un doux frisson de moustaches
Sur mes reins et sur mes flancs
Alors à l'apothéose je pourrai te convier
Epanouie comme rose
Que tu viendras butiner !