La poésie sur internet
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Par : Evemarie
J'ai eu très tôt un amoureux. Dans mon berceau, si, si. ne vous en déplaise. C'était le fils des voisins agriculteurs. Ses parents s'occupaient tôt le matin de leur cheptel et ils laissaient leur fils seul. Jack prenait ses chaussures à la main, traversait la rue, entrait chez moi, montait l'escalier, ouvrait la porte :
- « Qu'est ce que tu fais là Jack ? » disait ma mère
- « Je viens voir dormir la Arie. » Et il s'agrippait aux barreaux de mon lit bleu et passait de longs moments à me regarder.
Notre liaison n'a pas résisté au delà de la maternelle.
Quelques trente années plus tard, Jack était facteur, c'est lui qui est mort le premier.
Puis ce fût insidieux, au fil des ans, j'apprenais le décès subit d'un autre.
Je me souviens, nous étions au Lycée ensemble. C’était mon amoureux, il le fût un jour et deux nuits tant j'étais volage, ivre de papillonner de butiner toutes ces fleurs. Je voulais les goûter tous, ils étaient tous à mes pieds. Même le prof d'anglais, celui de sciences aussi, euh... tous les profs de sexe masculin.
J'étais nulle en anglais, il était blond, on s'en foutait. Le jour du bac j'ai passé l'oral de rattrapage .
-« Dites moi un seul mot d'anglais et vous avez votre bac .... »
Je le regardais insolemment, dans les yeux, je n'aimais déjà pas la charité, ni payer, il n'avait rien compris. J'ai eu mon bac .
-« Tu te rappelles, on était à la fac avec lui eh bien il est mort ! »
Première, deuxième année ? nous dissertions, nous dissertions sur la vie. C'était un adepte de Freud et nous faisions des travaux pratiques sur canapé...Le matin, sur les bancs de la fac nous nous étiolions de notre dernière nuit blanche.
-« Tiens, pas possible ! Lui aussi est ...Si précocement ! Il avait à peine quarante ans ! »
Ah les années fac de médecine, il était devenu médecin , moi infirmière, nous braillions " la digue du cul" aux nuits de la médecine, aux nuits des infirmières. Nous apprenions les bases de la réanimation, à bouche que veux-tu.
Où est notre belle jeunesse ?
Qu'avons nous fait de notre insouciance, notre beauté , notre intelligence ? La jeunesse, ce viatique,
A dose infinitésimale, d'une manière insidieuse, au fil es années , les hommes s'en vont ailleurs, ils ne sont plus.
A voir les photos de classe, nous savons que nous allons tous passer à la trappe, pour moi ce fût Jack le premier à partir.
Personne ne peut prédire sur la photo, qui restera le denier des hommes .
Croyez -vous que les gens qui partent tôt, sont ceux qui ont le moins de courage ? c'est une théorie qui fait son chemin dans le milieu médical. On part parce qu'on le décide.
Ainsi Jack , mon premier amoureux, était fatigué de vivre ?
Car il en faut parfois du courage, pour continuer à vivre.
Posté à 14h34 le 29 janv. 12
Un constat cruel mais si lucide sur notre condition humaine...Oui, il faut du courage pour continuer à vivre !Mais c'est notre combat et il faut le mener jusqu'au bout...Mais il y a des jours...
Posté à 23h10 le 30 janv. 12
Une amie vient juste de partir emportée par un cancer foudroyant à l'age de 55 Ans...
Plus de photos...mais ton texte, je l'ai lu avec beaucoup d'émotion...
Merci Eve
Posté à 23h48 le 30 janv. 12
Kallistéa, c'est une théorie difficile à appréhender sans doute, et même un peu indécente pour toi, je m'en excuse, mais je pense vraiment que nous "partons" de ce monde quand nous n'avons plus l'élan vital, soit que notre corps est usé, soit que la souffrance est trop grande, soit que nous avons acquis suffisamment de la vie qu'elle ne peut nous donner plus.
Mais ce n'est qu'une interprétation que j'ai avec comme on dit en justice, l'intime conviction.
Il y a tant a explorer en connaissances du corps humain, on vient de trouver qu'il va falloir changer les manuels de medecine qui disaient que le centre de la parole se trouvait en tel endroit du cerveau, alors que grâce au scanner, on vient de découvrir que ce centre est placé un centimètre plus à droite que écrit pendant des siècles.
Tof, merci pour ton émotion, j'aime à te savoir ici, avec nous.
Bisous à vous
Posté à 09h44 le 02 févr. 12
C'est beau. Y'a du sentiment et donc c'est bien écrit.
Sauf peut-être, mais alors bon une toute petite nuance face à l'évidence de la beauté, enfin bon, je le dis quand même (mais faut pas trop tenir compte de ma remarque non plus vu que je suis l'insensible de service hein... et froid... putain que je suis froid. Heureusement que ma femme est.. enfin bon ç'est une autre histoire), je disais donc que peut-être cettte phrase : "Puis ce fût insidieux, au fil des ans, j'apprenais le décès subit d'un autre." ne voulait pas dire grand chose...
parceque l'insidieux est rarement subit et que ce qui est subit s'approche encore plus rarement au fuil des ans..
Mais bon c'est sans doute un oxymore et vu ma température je n'ai dû rien comprendre...
Posté à 22h55 le 17 févr. 12
Ceux qui décident de leur mort sont ceux qui se suicident d'un seul coup ou à petit feu. Pour les autres, ça arrive sans eux.
Posté à 10h04 le 18 févr. 12
Oui, Franz, il y a tant de manières de se suicider, radicales ou à dose infinitésimale chaque jour pour ceux qui consomment des substances toxiques (alcool tabac, drogue pesticides,médicaments, etc etc)ou qui s'adonnent à la violence, l'irresponsabilité.
Qui a dit ( je crois bien que c'est moi! ) que dès l'instant où nous sommes né, nous sommes condamné à mort.
Posté à 11h44 le 28 févr. 12
Oui mais quand même c'est beau parceque y'a du sentiment et que donc c'est bien écrit.
Posté à 21h12 le 28 févr. 12
Posté à 08h53 le 29 févr. 12
oui, et alors?
Posté à 09h47 le 29 févr. 12
C'était la réponse à tes propos insidieux qui insinuaient que le mot "insidieux n'était pas approprié dans mon texte.
Or je le maintiens, je ne veux pas d'autre mot pour dire que la mort au fil du temps s'est insidieusement inscrite dans la vie
Posté à 14h35 le 29 févr. 12
Ce que je veux dire c'est que tu associes dans la même phrase et pour parler de la même chose l'adjectif "insidieux", la locution "au fil des ans" et l'adjectif "subit", alors que ces mots ont des sens différents.
Mais bon c'est pas grave hein.
Et puis si l'insidieux devient rapide alors c'est que tous les espoirs sont permis.
Posté à 16h10 le 29 févr. 12
Tu es de mauvais poil ?
Posté à 18h37 le 01 mars 12
Ah non pas du tout.
Je commente un texte. Faut bien que quelqu'un le fasse...
Posté à 19h23 le 02 mars 12
L'un n'empêche pas l'autre, on peut commenter tout en étant de mauvais poil.
Posté à 11h29 le 04 mars 12
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