Connard !

Par : Salus
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Salus

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Connard !


Un surgeon froid de rage blanche
Me pousse, agreste, aigre rejet,
Car tel que jeune m’ébréchait
Trop de bêtise, me dérange

Aujourd’hui l’emmerdeur civil,
Tout heureux de m’être une plaie,
Avec sa bassesse zélée,
Fort semblable au soldat si vil !

Toi qui d’être autant laid fais gloire,
Bousier poussant ses excréments
Comme un curé les sacrements,
Tu jouis de la glaire noire

Dont tu tentes d’éclabousser,
Fiel qui sort seul de ta parole,
Tes congénères, vilain drôle,
Avec des airs d’arquebusier !

Telle bouchère lucilie,
Ta sale intelligence nuit
Plus inversement qu’elle luit,
Pour empoisonner de sa lie

Toute blessure où tu pondras
Les œufs de ta nature immonde
Dont tu voudrais couvrir le monde
Comme Belzébuth de ses rats !

Mais, pauvre type, l’envergure
Pitoyable de ton pouvoir
Ne saurait servir ni pourvoir
Nul projet d'où ta hargne jure,

Mégalomane, un bien-fondé,
Soi-disant, de suprématie
Sur les gens ; fâcheux qu’émacie
Le bonheur de l’autre - effronté -


Poussée ainsi qu’un peu de sable,
Passe en son cours sale d’égout,
Sans amour, sans joie et sans goût,
Ta vie en tout inenviable !
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Tonindulot

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Se faire connarder à bouts laits, rouges, incommode en tout tant...
Bénir les sots fats les assied toujours...alors pourquoi se retenir
Et puis ça soulage bien...
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Salus

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Eh oui, en plus on est tous le connard de quelqu'un, ça simplifie pas ! !
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Evemarie

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Est-ce une première en poésie, de beaux vers "d'insultes".
Oui, on est tous le con de quelqu'un, de là à lui écrire en vers...
J'ai aimé.😊
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Salus

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Ya ça, par exemple :

À PROPOS D'UN IMPORTUN QUI SE DISAIT SON AMI

Il me dit qu'il était très-riche,
Mais qu'il craignait le choléra ;
— Que de son or il était chiche,
Mais qu'il goûtait fort l'Opéra ;

— Qu'il raffolait de la nature,
Ayant connu monsieur Corot ;
— Qu'il n'avait pas encor voiture,
Mais que cela viendrait bientôt ;

— Qu'il aimait le marbre et la brique,
Les bois noirs et les bois dorés ;
— Qu'il possédait dans sa fabrique
Trois contre-maîtres décorés ;

— Qu'il avait, sans compter le reste,
Vingt mille actions sur le Nord ;
Qu'il avait trouvé, pour un zeste,
Des encadrements d'Oppenord ;

— Qu'il donnerait (fût-ce à Luzarches !)
Dans le bric-à-brac jusqu'au cou,
Et qu'au Marché des Patriarches
Il avait fait plus d'un bon coup ;

— Qu'il n'aimait pas beaucoup sa femme,
Ni sa mère ; — mais qu'il croyait
À l'immortalité de l'âme,
Et qu'il avait lu Niboyet !

— Qu'il penchait pour l'amour physique,
Et qu'à Rome, séjour d'ennui,
Une femme, d'ailleurs phthisique,
Était morte d'amour pour lui.

Pendant trois heures et demie,
Ce bavard, venu de Tournai,
M'a dégoisé toute sa vie ;
J'en ai le cerveau consterné.

S'il fallait décrire ma peine,
Ce serait à n'en plus finir ;
Je me disais, domptant ma haine :
« Au moins, si je pouvais dormir ! »

Comme un qui n'est pas à son aise,
Et qui n'ose pas s'en aller,
Je frottais de mon cul ma chaise,
Rêvant de le faire empaler.

Ce monstre se nomme Bastogne ;
Il fuyait devant le fléau.
Moi, je fuirai jusqu'en Gascogne,
Ou j'irai me jeter à l'eau,

Si dans ce Paris, qu'il redoute,
Quand chacun sera retourné,
Je trouve encore sur ma route
Ce fléau, natif de Tournai.


Charles Baudelaire, dans "Les Épaves"