Guy Vieilfault

Par : Salus
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Salus

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BELLE MARQUISE


Il y avait, rappelle-toi,
Comme un bruit doux de ballerines,
Un pianotis d’heures caprines
Dessus le toit.

Il y avait, rappelle-moi,
Hors le carcan des crinolines,
Cette nudité d’orpheline
Et notre émoi.

Il y avait ce quant-à-soi
Qui fièrement encor s’obstine
Malgré l’impudeur enfantine
En bas de soie.

Foin des messes et patenôtres,
Cette heure fut bellement nôtre
Quand toi et moi devinrent nous.
Et vous aimâtes, j’imagine,
L’amour tremblant, pâle androgyne,
À vos genoux...




Ce monsieur, Guy Vieilfault, à peine connu par les prix de concours qu'il gagna, plus un peu d'internet, ce monsieur est le plus grand poète vivant qu'il m'ait été donné de lire ; je le dirais verlainien sans aucunement en être épigone ; j'ai péniblement réuni à peu près tous ses vers, si ça vous branche, je vous en remettrai une louche.



BARBARESQUE


La voix du muezzin tonnait ses logorrhées
Comme un orage éclos pour apaiser nos fièvres.
Au soir qui s’annonçait, avec un bruit de lèvres
L’oasis étanchait ses palmes altérées.

Nos songes épousaient des sentes sinueuses,
Se moquant des tabous de sermons menaçants.
Sur le velours éteint d’un azur rougissant,
Nos amours s’écrivaient d’une encre paresseuse.

Hors l’enceinte du ksar, perché dans le lointain,
La nuit se piquetait de quelques lampes d’hommes
Perturbant nos leçons d’apprentis astronomes
Désireux d’influer sur un commun destin

Quand, la brise levée émouvant ton saroual,
Nous unissions nos mains et, nos doigts mélangés,
Par delà l’odorant horizon d’orangers
Nous épelions au ciel l’alphabet des étoiles.
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Salus

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Sur 12 vues, si trois ont apprécié, ça vaut le coup que je récidive !
(Un peut plus corsé, çui-là, un peu plus "fun")


FAVELAS

{Rio de Janeiro, 2009}


La ville s’assoupit et les seins soulevés
Des collines sans nom allaitent le silence.
Quelque part, dans la nuit, comme une fulgurance
Un cri s’élève et meurt, appel inachevé,
Râle d’une agonie ou de pauvre jouissance.

Naufragés des taudis, à l’heure où le sang bat
Dans le déhanchement de noires bacchanales,
Des marins de sueur à l’arrogance mâle
Cueillent à pleines mains au rythme des sambas
Les croupes ondulant d’aphrodites vénales.

Dans ces jeux de l’amour où les bandit-manchots
Pour vingt dollars froissés dans la main qui transpire
Ouvrent la fille offerte, avide tirelire,
On ne sait qui se perd, Carlota ou Sancho,
Quand l’aube ensommeillée dans le brouillard s’étire.

Comment peut-on aimer, dis-moi, par quel credo
Insensé balisant ce chemin de détresse
Peut-on quérir en l’autre, inaudible déesse
D’un Olympe embrassé par le Corcovado,
Les éthers frelatés d’une infinie tristesse ?

Des favelas de suie on devine, incertains,
Des corps se mélangeant ainsi que des racines
Dans l’humus d’un délire où l’âme s’hallucine.
Et quand s’évanouit la ronde des putains
La cité ouvre un œil en l’aurore assassine.

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Jim

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Belle découverte, je suis preneur.