- Je suis née pour chanter, raconte la cigale,
- et moi pour travailler, riposte la fourmi ;
j’œuvre toujours à plein, jamais à la demi ;
- mais moi, de mon violon, vos ardeurs je régale !
Ainsi s'allaient disant, sur des choses banales,
ces charmantes enfants qui parfois s'inquiétaient.
C'était souvent, quand approchait la fin d’Été,
que leurs propos prenaient une teinte automnale...
- Dis-moi pour quoi je chante, et toi pour quoi tu trimes ?
A quoi sert tout cela, à quoi tout cela rime ?
- Je n'en sais rien ! Peut-être es-tu fille du vent
et que cela suffit pour que, dessus ta lyre,
il souffle afin que s'illuminent nos sourires ?...
Quant à moi, peut-être est-ce un art de voir devant
que le grand froid saisisse tout, afin que toi,
prépares du printemps les chants, dessous mon toit.
©JIM